A Flamanville, les diesels de secours auraient été noyés

Par Denis Delbecq • 18 mars 2011 à 10:41 • Categorie: A la Une

A dire n’importe quoi, on provoque des réactions même chez les plus calmes des partisans du nucléaire. Lundi dernier, tout pressé de porter secours à EDF et Areva, Marc-Philippe Daubresse, le député du Nord et secrétaire général adjoint de l’UMP, n’a pas lésiné: «Ce que nous sommes en train de faire sur les réacteurs de nouvelle génération, les EPR, font qu’un EPR qui aurait été implanté au même endroit que la centrale de Fukushima au Japon n’aurait eu aucun risque sur son réacteur nucléaire car il y a une double coque.» Une phrase qui a déclenché la colère de Jacques Foos, qui siège comme expert scientifique à la CLI, la commission locale d’information, de la centrale nucléaire de Flamanville (FLA), où deux réacteurs à eau préssurisée (REP) sont en service, et où EDF construit un EPR. Furieux, il a adressé un mail à tous les membres de la commission, que je me suis procuré. En voici le contenu intégral:

«un responsable d’EDF de Montrouge m’a dit lundi soir que les diesels auraient été noyés pareil à Flamanville donc, même accident!!  Par ailleurs, dans les REP classiques comme les 2 autres de FLA, il y a des turbopompes, des chaudières à gaz qui permettent de s’affranchir en partie de l’électricité. Dans l’EPR, qui est un projet conjoint Allemands-Français, les Allemands ont exigé que l’EPR soit « tout électrique ». Puis, quelques temps après, ils se sont retirés du projet !!! Donc, pas d’électricité, pas de salut. Il faut mettre les diésels sur la falaise, et pour les 3 réacteurs !! Vous avez mon aval pour diffuser cela à qui vous voulez Y en a assez de ces déclarations irresponsables des politiques! Il faudra que l’on ait des réponses claires lors de notre prochaine AG.

Bonne journée»

Foos n’est pas un dangereux écologiste, de ceux qui veulent nous ramener à la bougie. C’est même un ardent défenseur du nucléaire, m’a expliqué hier un membre de la CLI de Flamanville. Jacques Foos est surtout un véritable expert du nucléaire, et pas autoproclamé. Il a été titulaire de la chaire « rayonnements, isotopes et applications » du CNAM de 1983 à 2008, où il a formé au nucléaire des centaines d’ingénieurs.

Je résume, centrale de Flamanville. Une grosse vague arrive (vous savez, le truc qui n’arrive jamais) et un vent qui souffle à décorner les bœufs, la centrale perd son alimentation électrique, les groupes de secours diesels sont noyés… ça ne vous rappelle rien? Peut-être qu’il a raison, Jacques Foos, faudrait songer à hisser les diesels en haut de la falaise…

• Envoyer par email •  Partager sur Facebook

Tags: , , , , , , ,