A J+5, la crainte d’une catastrophe nucléaire ne s’éloigne pas

Image de la centrale de Daiichi. De la vapeur s'échappe du batiment numéro 2. © Digital Globe
Image de la centrale de Daiichi prise le 16 mars 2011. De la vapeur s'échappe du batiment numéro 3. © Digital Globe

Les images prises par satellite semblent en attester: le réacteur numéro 3 de la centrale de Daiichi libère désormais régulièrement de la vapeur, dont il y a des raisons de penser qu’elle contient des substances radioactives.

Il y a quelques heures, l’équipe d’urgence qui travaille sur la centrale a du brièvement se réfugier dans une zone protégée contre les radiations en raison d’une élévation rapide de la radioactivité, avant de pouvoir reprendre les interventions. Mardi, l’essentiel du personnel (730 personnes sur 800) a été évacué de la centrale. Selon les autorités japonaises, l’enceinte de confinement des réacteurs numéro 2 et 3 pourrait être endommagée. C’est le réacteur numéro 2 qui libèrerait le plus de radioactivité. Dans la nuit, un nouvel incendie s’était déclaré près du réacteur n°4, dans la piscine de refroidissement du combustible usagé, avant de s’éteindre, apparemment tout seul. Selon Tepco,l’opérateur de la centrale, il s’agirait d’un incendie des lubrifiants utilisés dans les installations de la piscine.

Un bombardement d’eau additionné de bore a commencé par hélicoptère sur le réacteur numéro 3, signe que les installations de refroidissement de secours semblent ne plus fonctionner. Une opération analogue est envisagée sur la piscine du réacteur numéro 4, pour tenter de diminuer la température du combustible usagé qu’elle contient. Un responsable japonais a alerté d’un risque de pénurie de bore. Tepco affirme que la température a été stabilisée, et la pression diminuée, dans le réacteur numéro 2.

Pour le moment, les autorités japonaises n’envisagent pas d’étendre la zone d’évacuation. Toute la population vivant dans un rayon de 20 kilomètres a été évacuée. Près de Tokyo, la radioactivité atteint désormais 300 fois le niveau ordinaire, sans présenter de risque pour la population, affirment les autorités. Aujourd’hui, à Daiichi, les vents devraient souffler vers l’océan Pacifique.

A voir: les images en direct de la chaîne de télévision NHK.

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A Lire: un article du New York Times, qui raconte que la conception de ce type de réacteur a été critiquée pour son manque de résistance en cas d’accident dès les années 70. Aux Etats-Unis, 23 réacteurs de ce type sont en service, dans une version moins robuste que la déclinaison utilisée à Fukushima.

20 commentaires

  1. C’est quand même fou de voir ces réacteurs juste à côté de l’eau, dans un pays qui est soumis fortement au risque de séisme et de tsunami !!
    Ok ils ne peuvent pas tout prévoir, mais le tsunami est un risque majeur et identifié !

    1. Je suppose qu’ils ont préféré un refroidissement à l’eau de mer, plutôt qu’une haute tour de refroidissement (qui consomme des quantités impressionnantes d’eau potable), dont la résistance sismique laisse à craindre.
      Pour autant que je sache, les réacteurs ont survécu aussi bien au tremblement de terre qu’au tsunami qui a suivi.
      Le problème est arrivé avec le non-démarrage des groupes de secours, et là, la cause reste à déterminer.

      1. Peut-être la cause est-elle un tremblement de terre ou un tsunami…

      2. L’eau de mer était celle du désespoir dès le départ(premier commentaire de spécialistes américains du nucléaire). à savoir que l’eau qui immerge les barres de combustibles doit être absolument pure, dite déminéralisée parce qu’elle alimente des turbines à vapeur sèche qui ne supportent pas la moindre impureté pour des raisons de résistance mécanique. Pour le circuit de refroidissement externe je ne puis spécifier la nature de l’eau. Je pense que les eaux normalement utilisées doivent être au moins purifiées, pour éviter les problèmes de corrosion avec les températures atteintes dans ces appareillages. De fait même si tout s’était bien passé sans explosion, ces réacteurs auraient été déclarés inutilisables par la suite. Les groupes de secours n’ont pu reprendre car ils ont été inondés par la vague du tsunami, supérieure au prévision des concepteurs de la centrale. Il n’a pas été non plus possible d’utiliser des groupes diésels externes pour alimenter les pompes des circuits de refroidissement car la salle des bornes de couplage étaient dans l’eau. Vulgairement la prise murale de la machine à laver était aussi sous l’eau.
        Je ne fais que vous rapporter des infos que je peux glaner ça et là sur le net pour aider à comprendre. Il est important que le maximum de monde fasse un effort de compréhension, pour éviter les discours « d’intox ». Sur ce blog vous devriez vous sentir à l’abri.

      3. oui ce qui est dit est vrai. on ne met pas d’eau impure dans les circuits des turbines. D’ailleurs la fait de mettre de l’eau de mer condamne ces centrales à la destruction

      4. Vu la situation sur place, et leurs défauts de conception inhérents, la destruction me paraît un moindre mal.

    2. D’après ce que j’ai compris, à Fukushima, les réacteurs étaient protégés contre un tsunami pouvant aller jusqu’à 5 mètres de haut. Pas de chance : la vague qu’ils ont subie en faisait 10.


  2. J’apprécie la qualité et le recul des articles de DDQ, ainsi d’ailleurs que de la plupart des commentaires. Il faut garder la tête froide, et ne pas polémiquer inutilement, ni s’affoler pour rien.

    Je tique quand-même un peu sur le titre de l’article, qui me semble « trop prudent ». Personnellement, j’ai l’impression que le bon titre, objectif, serait plutôt « A J+5, la crainte d’une catastrophe nucléaire se précise d’heure en heure ». Et j’ai du mal à voir comment les japonais vont pouvoir maitriser ce qui est malheureusement en train de se produire. Si on s’éloigne à chaque heure de quelque chose, c’est seulement d’une capacité à contrôler le cours inéluctable de ces tragiques évènements.








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