Importer le Fishzilla est un crime

Le patron d’une boite d’import de produits asiatiques a été arrêté à New York, pour avoir fait entrer aux Etats-Unis 353 poissons à tête de serpent vivants, surnommé Fishzilla en raison de sa voracité (1). Les poissons provenaient de Macau, sous un étiquetage frauduleux, et étaient destinés à des restaurants chinois et coréens de Big Apple. Depuis 2010, l’importateur aurait ainsi fait entrer 3889 Fishzilla vivants sur le territoire américain. Les Etats-Unis mènent une véritable bataille contre ce poisson d’eau douce envahisseur (il ne connait pas de prédateur). Beaucoup échouent chez des aquariophiles qui finissent par s’en débarrasser, tant l’animal grandit vite.

(1) Lire, «Fishzilla, le prédateur à l’assaut de l’Australie», Effets de Terre, 14/04/2010.

Si le poisson n’est pas pêché, il meurt…

C’est un drôle de gus, le ministre sénégalais de l’économie maritime. Alors que les pêcheurs de son pays protestent contre les autorisations de pêche accordées aux flottes industrielles étrangères, il a trouvé une drôle de justification de sa politique: «chaque année 1 Million 450 Mille tonnes de poissons pélagiques quittent les eaux cap verdiennes et transitent dans nos eaux», avant d’ajouter que «s’il n’est pas pêché, le poisson meurt. 1 Millions 450 Milles tonnes, les sénégalais ne peuvent pas accéder à ce stock. Nous n’avons pas au niveau de la pêche artisanale et industrielle les moyens d’y accéder». Chaque tonne de poisson pêché sous licence rapporte 35 dollars au Trésor public sénégalais. On vide la ressource pour 2,4 centime d’euros le kilo…

Lire aussi l’interview du patron du Syndicat de la pêche au Sénégal.

Pluies d’animaux, une Arche de Noé

Ces nandus ne risquent pas de tomber du ciel, ils ne volent pas

Ces nandus ne risquent pas de tomber du ciel, ils ne volent pas

A ce rythme, il faudra bientôt dire «tomber comme des oiseaux». Depuis la pluie de trépassés à plumes qui s’est abattue sur Beebe, une bourgade de l’Arkansas, cet étrange phénomène s’est reproduit en Louisiane (450 victimes) et dans le Kentucky. Là, à Gilbertsville, une jeune femme avait constaté que son jardin était jonché d’oiseaux morts, mais ne s’en était pas émue, jusqu’à ce que «l’affaire» ne fasse les choux gras des médias. Des centaines de cadavres ont depuis été retrouvés en divers endroit de la ville.

Bien évidemment, les autorités vétérinaires se sont penchées sur la question. Dans l’Arkansas, les oiseaux auraient été pris de frayeur lors de feux d’artifices, et ils auraient violemment heurté des obstacles. Une hypothèse qui semble peu crédible car à Beebe, les feux se sont semble-t-il bornés à quelques fusées. En Louisiane, les volatiles se seraient électrocutés sur des lignes à haute tension… Mais bien évidemment, les comploteurs s’en donnent à cœur joie et toutes sortes de théories s’échafaudent… Ainsi, certains se demandent si la base aérienne de Little Rock ne serait pas pour quelque chose dans la pluie Beeluvienne. Sise à une trentaine de kilomètres elle serait le lieu d’expériences secrètes d’armes à micro-ondes capables de détruire les équipements électroniques d’avions et de drones… D’autres évoquent la fin du monde… Mais la Bible ne parle que d’une pluie de cailles survenue pendant l’Exode, pas comme signe d’apocalypse.

Ces pluies d’animaux ne sont pas si rares et touche une foule d’espèces, à en croire la page consacrée à la question sur Wikipédia (et aussi dans la version anglaise), qui recense une véritable Arche de Noé: serpents, crevettes, poissons, grenouilles, canards, araignées, méduses… D’ailleurs, les anglais en ont tiré une expression pour décrire les fortes pluies «It’s raining cats and dogs» (1). Les chutes d’oiseaux de ces derniers jours, en tous cas, sont une aubaine pour les chats errants…

En attendant, les pauvres poissons qui flottent le ventre à l’air dans la rivière Arkansas semblent victimes d’un mal mystérieux. On se demande quel péché ils ont bien pu commettre…

(1) Il pleut des chats et des chiens.

En Arkansas, l’apocalypse a commencé

Ah, ils n’en reviennent pas les habitants de Beebe, une bourgade américaine de 4500 âmes. Car 2 à 3000 oiseaux morts seraient tombés du ciel ces derniers jours. Signe particulier, les volatiles étaient tout ce qu’il y a de plus morts… Il y a bien eu de violentes tornades et orages ces derniers jours, et des feux d’artifices pour le nouvel an. Mais l’explication semble un peu courte.

Il se passe décidément de drôles de choses dans cette région, rappelle la Christian TV Examiner. Car cent mille poissons ont été retrouvés morts depuis jeudi sur 30 kilomètres de lit de la rivière Arkansas, tous de la même espèce, ce qui écarte une éventuelle pollution… A noter que certains y voient déjà un présage d’apocalypse. D’ailleurs, les sources divergent sur la pluie d’oiseaux: 2000-3000 selon la police locale au 3 janvier selon les uns, 10 000 selon les organisateurs. Enfin, selon certains (désolé, c’est la déformation professionnelle). Un coup du bon Dieu?

Une carpe pénètre, et tout est dépeuplé

Neuf kilomètres. C’est la distance qui sépare désormais le lac Michigan du lieu d’incursion connu le plus proche de la carpe asiatique, aux Etats-Unis. Un spécimen de 9 kilos a été pêché par un spécialiste, payé par le gouvernement américain. Problème: la carpe vivait au delà de l’une des deux barrières électriques qui ont été mises en place pour empêcher l’espèce envahissante d’utiliser des canaux d’interconnexion entre le Michigan et le bassin du Mississippi. A-t-elle franchi la barrière toute seule, où s’agit-il d’un animal rejeté à cet endroit par un collectionneur dépassé par la vitesse de croissance de l’animal? Aux Etats-Unis, c’est le branle-bas de combat. Car la pêche commerciale rapporte 7 milliards de dollars par an dans les Grands lacs, et la carpe pourrait tout ruiner si elle devait pénétrer ces étendues d’eau. Certains militent pour fermer les fameux canaux d’interconnexion, construits il y a un siècle. Mais les professionnels du loisir s’y opposent. Pêche ou récréation, il faudra choisir.

Saumon Gargantua, en route pour les animaux OGM

De ces deux saumons du même âge, devinez lequel est OGM © AquaBounty

De ces deux saumons du même âge, devinez lequel est OGM © AquaBounty

Le frankenfish serait donc en marche. Selon le New York Times, l’administration américaine de l’alimentation et des médicaments (FDA)pourrait engager la phase finale de la procédure d’approbation d’un saumon transgénique dès l’automne. Cinq des sept chapitres du dossier d’autorisation déposé par la firme AquaBounty seraient d’ores et déjà acceptés par la FDA, a annoncé l’entreprise il y a quelques jours.

Ce saumon OGM comporte deux gènes introduit: l’un —tiré d’un salmonidé— stimule la production naturelle d’une hormone de croissance, et le second —tiré d’un autre poisson active le premier. Au final, selon AquaBounty, le saumon atteindrait sa taille de commercialisation deux fois plus vite que le même saumon élevé en pleine mer.

On notera avec intérêt que la source de l’information est bien l’industriel lui-même, entreprise qui a souvent fait preuve d’optimisme dans le passé sur la durée de la procédure d’agrément, note le New York Times. D’ailleurs, le saumon gargantua était déjà annoncé dès 2000, à l’époque avec une capacité à croître dix fois plus rapidement. Il était à l’époque vanté par AF Protein, la société qui a lancé les recherches d’AquaBounty. L’entreprise affirme qu’elle ne produit que des femelles stériles, et qu’elle ne produira pas les saumons dans un milieu naturel pour éviter tout risque de propagation de l’OGM dans l’environnement.

En principe, si la FDA donne son feu vert à l’issue de la procédure, le saumon devrait être commercialisé sous une paire d’années. Aquabounty vendra ses œufs OGM aux producteurs qui le souhaitent. Comme la procédure de commercialisation d’animaux OGM se fait —aux Etats-Unis— sous le même juridique que les médicaments vétérinaires, la FDA reste officiellement muette. Et il y a fort à parier qu’une grosse partie du dossier restera  secret à l’issue de la procédure. Et l’animal devrait être vendu sans mention spécifique, c’est du moins de cette manière que la législation américaine a été prévue. Un manque de transparence qui devrait provoquer une levée de boucliers aux Etats-Unis. Aquabounty,  combat toute idée de législation obligeant à indiquer la nature transgénique de ses saumons arguant qu’ils possèdent les mêmes caractéristiques nutritives que des saumons non modifiés. Mais dans un grand élan de générosité, la firme n’est pas opposée à l’idée d’un étiquetage volontaire de la part des producteurs… Qui parie là-dessus?

La seule bonne nouvelle dans cette affaire, c’est que le saumon gargantua aurait un métabolisme un peu plus efficace que son cousin sauvage (ou d’élevage). Il aurait besoin de 10% de nourriture en moins pour obtenir sa taille de commercialisation. Mais si c’est pour doubler la consommation de chair de saumon, cela n’aura servi à rien, et l’élevage augmentera un peu plus la pression sur les stocks de pêche dans les océans.

Reste la question de la sécurité environnementale de cette affaire. Pour le moment, les saumons sont élevés dans des «piscines», sans contact avec le milieu naturel. En Chine, les spécialistes envisagent même de créer des lacs artificiels à cet effet. Mais des experts mettent en doute la capacité d’un industriel, quel qu’il soit, à obtenir 100% d’animaux stériles. Certains chercheurs ont même évoqué l’hypothèse d’un «cheval de Troie génétique», en cas de contact entre les populations OGM et sauvage. Favorisés dans la compétition préalable à la reproduction par leur taille, les saumons pourraient donc transmettre leurs gènes alien aux populations sauvages. Un problème qui se poserait non seulement pour le saumon gargantua, mais aussi pour les dizaines d’espèces de poissons qui sont en ce moment trafiquées dans les laboratoires de recherche.

Je résume: du poisson élevé en piscine, dopés par des gènes « hormone de croissance », saupoudré quotidiennement d’aliments à la poudre de perlimpinpin et d’antibiotiques, mmmmh, tout ça avec des recettes industrielles gardées secrètes. Bon appétit les amis!

Fishzilla, le prédateur à l’assaut de l’Australie

Le Fishzilla dans toute sa splendeur © DR

Le Fishzilla dans toute sa splendeur © DR

Il y a de drôle de poissons qui rodent autour de l’Australie. Des alien particulièrement voraces qui ont été repérés tout près, au sud de la Papouasie Nouvelle Guinée, et qui ne demandent qu’à conquérir de nouveaux territoires. De quoi faire trembler les responsables australiens de la protection de la nature, car ils sont capables de respirer hors de l’eau pour attraper des proies sur la terre ferme.

Prenez le Fishzilla, tel qu’il a été baptisé, un poisson qui vit en principe dans les eaux douces tropicales. La mâchoire spectaculaire de ce «poisson à tête de serpent» lui permet même de bouffer du rongeur, de l’oiseau ou du serpent, une fois hissé sur la terre ferme. Il peut dépasser le mètre de long, peut survivre trois jours hors de l’eau, et se déplacer à la manière d’un serpent pour s’approcher de ses proies. Et, bien évidemment, on ne lui connait pas de prédateur dans les écosystèmes australiens!

Des pêcheurs qui l’ont rencontré s’en rappelleront longtemps, tant il peut infliger des plaies profondes. Et le poisson se reproduit vite, cinq fois par an! Il a déjà été plusieurs fois repéré aux Etats-Unis, dans le Maryland, en Californie ou en Floride, libéré sans doute par des collectionneurs dépassés mais aussi par de douteux commerçants, car sa chair est réputée. Dans quatorze Etats américains, la simple possession de ce poisson est passible de poursuites judiciaires.

L’Australie est aussi sous la menace d’un autre prédateur  alien à nageoires, la perche grimpeuse (qui est plutôt un gourami d’ailleurs). Un poisson qui lui aussi peut vivre de longues heures en dehors de l’eau, le temps de se trouver de nouveaux espaces d’eau douce ou de se nourrir, et peut grimper dans des arbustes! Cette perche a déjà colonisé l’île de Saibai, au Sud de la Papouasie Nouvelle Guinée, dans le détroit de Torres, jalonné d’îles jusqu’à la côte Australienne.

Une perche grimpeuse dessinée en 1896 par R A Lydekker

Une perche grimpeuse dessinée en 1896 par R A Lydekker

Les deux poissons ne pourront pas traverser seuls le détroit, car ils ne supportent pas l’eau de mer. En revanche, maintenant qu’ils font face à la côte australienne, ils pourraient solliciter l’aide d’homo sapiens, par exemple dans des bagages de touristes, ou dans des navires. N’oublions pas qu’ils peuvent vivre hors de l’eau!

Le détroit de Torres fait d’ailleurs l’objet d’une surveillance toute particulière des autorités sanitaires australiens. Tout navire de plus de sept mètres qui s’approche de l’Australie venant du détroit doit se signaler aux autorités chargées d’établir une quarantaine, qui viendront inspecter le bateau. Et la liste des produits interdits est longue: pas d’animaux, de volailles, œufs et même plumes, pas de produits laitiers, de peaux, de plantes ni même de terre…

A Komi, on élève du poisson (presque) sans eau

On en apprend tous les jours. En lisant une dépêche ce matin, je découvre l’existence de la république de Komi, appartenant à la Fédération de Russie. Qui couvre quand même 416000 kilomètres carrés, dont une bonne partie au nord du Cercle Arctique, pour une population d’un million d’habitants. Un territoire qui avait été largement utilisé par les soviétiques pour leurs tristes goulags (1).

Pourquoi vous parler de cette miette territoriale (à l’échelle de la Russie, s’entend)? Parce que ses responsables ont une drôle d’idée. Privés d’un accès à la mer, et peu pourvus de lacs (Il y a 70% de forêts et 15% de marécages dans ce pays), les responsables de la république de Komi veulent malgré tout développer l’aquaculture pour réduire leur dépendance alimentaire (production de poisson: 260 tonnes, consommation: 18000 tonnes)… Ce serait peut-être plus simple de sécuriser des accords avec des voisins qui, eux, ont accès à la mer?

(1) Pour en savoir plus sur la géographie de Komi, je vous propose de consulter la page anglophone de Wikipédia, plus complète que son équivalent français.

53 heures du cul du bateau à l’assiette

Manger du poisson frais importé d’Europe dans la ville-empire des casinos? C’est possible à en croire le magazine Wired qui raconte le périple du poisson depuis la Méditerranée jusqu’aux assiettes d’un restaurant italien de Las Vegas. 53 heures séparent le cul du bateau et la fourchette du client. Mieux, quand le pêcheur a une prise exceptionnelle, il le fait savoir par email au restaurateur qui modifie sa carte. Avion, via Milan et Los Angeles, camion dans le désert du Nevada… Il n’y a pas de pêcheurs en Californie?

Noël en décembre, tropiques en Ecosse

Mais quelle arête a-t-elle donc piquée les responsables de l’aquaculture écossaise? C’est bien connu, cette contrée est célèbre pour ses eaux chaudes… Si chaudes qu’il est désormais question de mettre sur pied des fermes à Tilapia, un poisson star de l’aquaculture. Bref, on va donc chauffer de l’eau pour élever ces bestioles et nourrir les européens affamés… Quatre candidats se sont déjà fait connaître auprès de l’organisme Tilapia Scotland. Il reste une ou deux places, avis aux amateurs.