Fishzilla, le prédateur à l’assaut de l’Australie

Par Denis Delbecq • 14 avril 2010 à 16:13 • Categorie: A la Une
Le Fishzilla dans toute sa splendeur © DR

Le Fishzilla dans toute sa splendeur © DR

Il y a de drôle de poissons qui rodent autour de l’Australie. Des alien particulièrement voraces qui ont été repérés tout près, au sud de la Papouasie Nouvelle Guinée, et qui ne demandent qu’à conquérir de nouveaux territoires. De quoi faire trembler les responsables australiens de la protection de la nature, car ils sont capables de respirer hors de l’eau pour attraper des proies sur la terre ferme.

Prenez le Fishzilla, tel qu’il a été baptisé, un poisson qui vit en principe dans les eaux douces tropicales. La mâchoire spectaculaire de ce «poisson à tête de serpent» lui permet même de bouffer du rongeur, de l’oiseau ou du serpent, une fois hissé sur la terre ferme. Il peut dépasser le mètre de long, peut survivre trois jours hors de l’eau, et se déplacer à la manière d’un serpent pour s’approcher de ses proies. Et, bien évidemment, on ne lui connait pas de prédateur dans les écosystèmes australiens!

Des pêcheurs qui l’ont rencontré s’en rappelleront longtemps, tant il peut infliger des plaies profondes. Et le poisson se reproduit vite, cinq fois par an! Il a déjà été plusieurs fois repéré aux Etats-Unis, dans le Maryland, en Californie ou en Floride, libéré sans doute par des collectionneurs dépassés mais aussi par de douteux commerçants, car sa chair est réputée. Dans quatorze Etats américains, la simple possession de ce poisson est passible de poursuites judiciaires.

L’Australie est aussi sous la menace d’un autre prédateur  alien à nageoires, la perche grimpeuse (qui est plutôt un gourami d’ailleurs). Un poisson qui lui aussi peut vivre de longues heures en dehors de l’eau, le temps de se trouver de nouveaux espaces d’eau douce ou de se nourrir, et peut grimper dans des arbustes! Cette perche a déjà colonisé l’île de Saibai, au Sud de la Papouasie Nouvelle Guinée, dans le détroit de Torres, jalonné d’îles jusqu’à la côte Australienne.

Une perche grimpeuse dessinée en 1896 par R A Lydekker

Une perche grimpeuse dessinée en 1896 par R A Lydekker

Les deux poissons ne pourront pas traverser seuls le détroit, car ils ne supportent pas l’eau de mer. En revanche, maintenant qu’ils font face à la côte australienne, ils pourraient solliciter l’aide d’homo sapiens, par exemple dans des bagages de touristes, ou dans des navires. N’oublions pas qu’ils peuvent vivre hors de l’eau!

Le détroit de Torres fait d’ailleurs l’objet d’une surveillance toute particulière des autorités sanitaires australiens. Tout navire de plus de sept mètres qui s’approche de l’Australie venant du détroit doit se signaler aux autorités chargées d’établir une quarantaine, qui viendront inspecter le bateau. Et la liste des produits interdits est longue: pas d’animaux, de volailles, œufs et même plumes, pas de produits laitiers, de peaux, de plantes ni même de terre…

• Envoyer par email •  Partager sur Facebook

Tags: , , , , ,