Les nuages réchauffent à nouveau la polémique climatique

Posté le 5 sept 2011 dans la catégorie:A la Une. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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© D.Dq

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Un mois après la parution dans Remote Sensing de travaux controversés sur le réchauffement climatique, le rédacteur en chef de la revue scientifique a annoncé sa démission. Il reconnaît aujourd’hui que les résultats de Roy Spencer (Université d’Alabama) ne méritaient pas d’être publiés. Une décision qui ne manquera pas de réchauffer la polémique entre les climatologues et les détracteurs de la thèse d’un réchauffement climatique provoqué par les activités humaines.

Roy Spencer n’est pas un inconnu. Ce scientifique est l’un des pères des programmes d’observation par satellite de la Nasa. Aujourd’hui, il ne cache pas sa conviction que l’homme n’est pour rien dans l’évolution du climat constatée depuis un siècle. Ce qui ne suffit pas à le condamner, loin de là, laisse entendre Wolfgang Wagner, de l’Université technologique de Vienne, qui présidait jusqu’à présent aux destinées de Remote Sensing. Roy Spencer entendait montrer, à partir des données d’un satellite, que l’atmosphère se réchauffe bien moins vite que ne le prédisent les modèles. Et le communiqué de son université n’avait pas fait dans la dentelle. Spencer y expliquait que la Terre rayonne beaucoup plus d’énergie vers l’espace que ne le prévoient les modèles, et par conséquent qu’elle se réchauffe nettement plus lentement que ne le montrent la plupart des modèles climatiques. Une affirmation qui avait été largement reprises par des médias américains qui combattent la thèse du réchauffement anthropique, tels Forbes et surtout Fox News.

Nuages victime ou coupables? Aujourd’hui, Wolfgang Wagner explique qu’après avoir étudié les arguments des uns et des autres au sujet du papier de Spencer, il est parvenu à la conclusion que ces travaux n’auraient pas du être publiés. «Tenter de réfuter toutes les idées scientifiques sur le réchauffement climatique sur la seule base de la comparaison d’un jeu particulier de données satellitaires avec la prédiction des modèles est strictement impossible.» Wagner souligne que Spencer n’a pas pris en compte les autres observations (fonte de la banquise arctique, modifications de la faune et de la flore). Il explique que d’autres études similaires à la sienne ont déjà été réfutées lors de débats entre scientifiques et dans des revues scientifiques, et que Spencer a omis d’en tenir compte. De nombreux climatologues ont dénoncé le simplisme du modèle utilisé par le chercheur pour développer ses conclusions. Ils contestent aussi l’idée de Spencer que les nuages sont un acteur dans le processus de réchauffement, quand la majorité des modèles semblent montrent que les nuages sont des conséquences de l’évolution du climat.

Maccarthysme. Evidemment, Wagner ne manquera pas d’être critiqué, et les climato-sceptiques s’empressent de dénoncer des pressions, après l’émotion suscitée dans la communauté scientifique par les travaux de Spencer. Ainsi, l’écrivain canadien Steven Hayward, membre éminent de plusieurs Think Tank conservateurs et climato-sceptiques, a-t-il dénoncé hier sa décision, dans un billet cinglant titré «Le maccarthysme climatique frappe encore», dénonçant «L’inquisition climatique qui a poussé [Wagner] à la démission». Spencer a lui aussi commenté cette décision, mais sur un terrain plus scientifique que politique, reprécisant sa vision du rôle des nuages dans le climat.

Dans sa lettre de démission, Wolfgang Wagner souligne que le processus de révision, par trois personnes, de l’article de Spencer n’a pas failli aux règles de l’édition scientifique. «Les éditeurs doivent faire particulièrement attention à ce que les vues minoritaires ne soient pas supprimées, et qu’il n’est pas question que les papiers controversés en cours de révision soient exclus.» Mais Wagner souligne que leur choix a involontairement donné beaucoup de poids à des personnalités qui partagent les idées de Spencer. Dans quelques jours, Geophysical Research Letters devrait publier de nouveaux résultats d’Andrew Dessler, du département de sciences atmosphériques à l’université du Texas A&M, sur le rôle des nuages. Seront-ils une réponse aux idées controversées de Roy Spencer?

Denis Delbecq

 

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31 Réponses pour “Les nuages réchauffent à nouveau la polémique climatique”

  1. toxymoron dit :

    Ce ne sont pas les idées controversées de Roy Spencer, ce sont les idées absurdes de Roy Spencer.
    Cet article a été refusé par tout journal qui s’intéresse de près ou de loin à la climatologie.
    Remote Sensing est une revue d’instrumentation, pas de climatologie, et apparemment ils n’ont ni la compétence de relire les erreurs de Spencer, ni la compétence de trouver quelqu’un pour le faire à leur place.

  2. « Wagner souligne que Spencer n’a pas pris en compte les autres observations (fonte de la banquise arctique, modifications de la faune et de la flore). »

    Denis Delbecq reprend exactement l’argument de M. Wagner.
    Or, le papier de Spencer parle de réponse des modèles climatiques. Il parle de la difficulté de faire une distinction entre les énergies dues aux rétroactions et celles dues aux forçage.
    En aucun cas il ne parle de réchauffement climatique.
    La fonte de la banquise ou les modifications de la flore et de la faune n’ont donc strictement rien à voir avec le sujet du papier de Spencer.
    Conclusion : soit MM. Wagner et Delbecq n’ont pas lu le papier de Spencer. (C’est probable pour M. Delbecq. Cela l’est moins pour M. Wagner).
    Soit ils l’ont lu, mais ils ne l’ont pas compris. C’est l’hypothèse la plus probable pour M. Wagner. C’est d’ailleurs aussi valable pour Toxymoron sinon il ne parlerait pas d’idée absurde. Pour M. Delbecq, je ne sais pas.

    • Denis Delbecq dit :

      Je reprend l’argument de Wagner, bien sûr, puisque cette phrase est une manière de le citer…

      Détrompez-vous, j’ai lu le papier de Spencer, je n’en avais pas parlé dans ces colonnes, parce qu’il me paraissait peu fiable. La raison qui explique qu’aussi peu de médias en aient fait état, même ceux qui sont très critique vis à vis du réchauffement anthropique. Et j’ai lu depuis un certain nombre de réponses qui ont été faites par des climatologues, et qui, elles, me semblent tenir la route. Spencer ne s’est pas gêné pour évoquer la question du réchauffement dans sa communication publique, c’est d’ailleurs ce que lui reproche Wagner.

    • Robert dit :

      Pierre-Ernest,

      Voila ce que dit Trenberth à propos du papier de Spencer (et il n’est pas le seul)..

      http://www.skepticalscience.com/spencers-misdiagnosis-of-surface-temperature-
      feedback.html

      «  » » »Soit ils l’ont lu, mais ils ne l’ont pas compris. C’est l’hypothèse la plus probable pour M. Wagner. » » » »

      Etes vous certain d’avoir les compétences nécessaires pour en juger ?

      • Pierre-Ernest dit :

        Oui, je crois. J’ai pratiqué longuement le calcul de corrélation glissante (dite retardée) et j’ai même conçu un logiciel pour le faire automatiquement. Je répète que ce n’est pas simple à comprendre pour quelqu’un qui ne l’a pas pratiqué. Par exemple, vous-même, pouvez-vous expliquer en quelques mots de quoi il s’agit ?

        • Robert dit :

          Je me content à mon niveau de faire confiance aux spécialistes, Spencer est réfuté de toutes parts et ce n’est as la première fois qu’il fait de grossières erreurs.

          ps j’ai remarqué que votre parole ne vaut pas un clou, chez moi on a l’habitude de dire « c’est la parole qui fait l’homme », je sais à quoi m’en tenir sur votre compte, vous êtes encore pire que je ne l’imaginais.

          • Pierre-Ernest dit :

            Allons Robert, du calme. Est-ce le fait que que je vous ai exclu de mon site pour propos injurieux qui vous rend si agressif à mon égard ?
            Roy Spencer est un grand bonhomme, Il n’a pas fait « de grossières erreurs » comme vous le dites il a modifié les algorithmes de calcul des températures à partir des données fournies par les satellites dans un processus fort complexe de calcul. Qualifier cette démarche tout à fait scientifique de « grossières erreurs » est stupide.

          • toxymoron dit :

            Spencer ne sait pas lire les résultats de ses propres résultats, et il publie des articles où il oublie l’existence des phénomènes comme ENSO.
            Je ne sais pas en quoi il mérite le sobriquet « grand bonhomme ».

          • toxymoron dit :

            pardon, il faut lire ‘les résultats de ses propres satellites’.

  3. Je ne suis pas trop d’accord avec votre jugement sur le papier de Spencer.
    Notons d’abord que ce papier n’est une surprise que pour ceux qui n’ont pas suivi le début de l’histoire. Spencer parle de ses ses résultats sur son blog (http://www.drroyspencer.com/2011/07/our-refutation-of-dessler-2010-is-accepted-for-publication/) depuis un certain temps, et il avait déjà écrit 1 papier (http://www.drroyspencer.com/wp-content/uploads/Spencer-Braswell-JGR-2010.pdf) dans le JOURNAL OF GEOPHYSICAL RESEARCH dans lequel il parlait déjà de la difficulté pratique à extraire les signaux correspondant aux forçages ou aux rétroactions des données satellitaires.
    A ma connaissance il n’y a pas eu de réaction publique à ce papier, alors qu’il s’agissait des mêmes données satellitaires, des mêmes données de température et du même modèle simplifié.
    D’où l’on peut conclure que personne n’a lu ce premier papier…

    Dans son nouveau papier, Spencer va plus loin et utilise une méthode fort astucieuse pour distinguer les signaux provenant des forçages et des rétroactions.
    Il me semble que cette méthode est tout à fait difficile à saisir pour celui qui ne l’a jamais pratiqué, ce qu’explique fort bien Kerry Emanuel du MIT qui explique d’autre part (http://judithcurry.com/2011/07/30/spencer-braswells-new-paper/) que « what’s being written about Spencer’s study by nonscientists “has no basis in reality.”
    Il peut donc y avoir beaucoup de réactions négatives à ce papier, d’autant plus que la plupart des détracteurs ne l’ont pas vraiment compris.

    Enfin, et après les avoir relus tous les trois, je ne trouve aucune divergence allant dans le sens d’une exagération dans le communiqué de presse de l’Université de l’Alabama et le blog personnel de Spencer d’une part, et le papier de Spencer d’autre part, malgré ce qu’en dit M. Wagner.

    Ce n’est pas la première fois que les résultats des modèles climatiques sont remises en cause.

    1) Les prédictions de Hansen des années 1980 se sont révélées complètement foireuses.

    2) Lindzen, il y environ 4 ans puis de nouveau cette année a trouvé que la Terre évacuait au sommet de l’atmosphère beaucoup mieux la chaleur en fonction de la température de surface (SST) que ne le prévoyaient les modèles.

    3) Spencer trouve le même résultat en analysant les données de températures du Hadley Centre (ce papier).

    4) Enfin, tout un chacun peut se rendre compte que la teneur en CO2 de l’atmosphère a fortement augmenté au cours de ces 15 dernières années alors que les relevés de température n’indiquent pas d’augmentation de température. Ce n’est pas la moindre des observations…

  4. miniTAX dit :

    DDq : « «Les éditeurs doivent faire particulièrement attention à ce que les vues minoritaires ne soient pas supprimées, et qu’il n’est pas question que les papiers controversés en cours de révision soient exclus.» Mais Wagner souligne que leur choix a involontairement donné beaucoup de poids à des personnalités qui partagent les idées de Spencer. »
    ————————–
    C’est vrai quoi, pourquoi donc Spencer n’a-t-il pas été « peer-reviewed » par les « bonnes » personnes, comme Trenberth-it’s a travesty ou Mann-the hockey stick ou Santer-beat the crap out of him, selon la méthode climastrologique habituelle quoi. On ne laisse plus les points de vue minoritaires examinés par le gang du climategate, non mais quel scandale !

    Ha, ha, la panique désespérée chez les réchauffistes. J’adore.

    • Robert dit :

      Minitax,
      On parle du cas Courtillot ? Ce cas là est avéré pas, Vos calomnies vous vous les gardez.

      • miniTAX dit :

        Quelle calomnie ? Je n’ai fait aucune calomnie alors arrête ta paranoïa et reprends tes médocs, mon petit Robert.

        • Robert dit :

          «  » » »C’est vrai quoi, pourquoi donc Spencer n’a-t-il pas été « peer-reviewed » par les « bonnes » personnes, comme Trenberth-it’s a travesty ou Mann-the hockey stick ou Santer-beat the crap out of him, selon la méthode climastrologique habituelle quoi. On ne laisse plus les points de vue minoritaires examinés par le gang du climategate, non mais quel scandale ! » » » »

          Et ça c’est quoi monsieur le trollissime ? ëtes vous capable de prouver ce que vous dites ?

  5. miniTAX dit :

    ddq : « Détrompez-vous, j’ai lu le papier de Spencer, je n’en avais pas parlé dans ces colonnes, parce qu’il me paraissait peu fiable »
    —————————
    Que le papier d’un sceptique vous « paraît » peu fiable (quelle surprise !) n’a aucune importance ici.

    Wagner est éditeur du papier de Spencer, si celui-ci est inacceptable, la seule démarche justifiée dans ce cas là, c’est une rétractation du papier, point barre. Le fait que Wagner, qui a tout pouvoir pour le faire ne l’a pas fait mais a choisi de démissionner montre que ça n’a rien à voir avec la science et tout à voir avec la cuisine nauséabonde typique de la FARCE.
    Donc comme l’a bien dit P.E. cette démission est la preuve que soit les détracteurs du papier de Spencer ne l’ont pas lu, soit ils n’ont rien compris mais l’un dans l’autre, comme argument scientifique contre lui, ils ont que dalle.

    • Denis dit :

      S’il fallait rétracter tous les papiers qui contiennent des erreurs méthodologiques… les éditeurs de journaux y passeraient leurs nuits. Outre le papier des GRL, il y a un papier « réponse » en cours de soumission à Remote Sensing, d’après ce que je sais. C’est surtout comme ça que se pratique la science: on confronte des travaux à l’épreuve des faits.

  6. toxymoron dit :

    Une version préliminaire de l’article de Dessler est à http://goo.gl/q4E7f.

  7. Robert dit :

    Pierre-Ernest,

    J’aimerais bvien savoir quel commentaire de ma part à été injurieux, si’l ne s’agit que d’avoir souligné votre malhonnêteté ce n’est pas une injure c’est un constat, la calomnie et le ragot sont votre lot habituel.

    Je constate d’autre part que vous ne respectez pas votre parole, preuve supplémentaire de votre malhonnêteté.

    Pour Spencer vous n’avez pas les compétences pour le juger et ses pairs le font bien mieux que vous.

  8. miniTAX dit :

    Denis dit : « S’il fallait rétracter tous les papiers qui contiennent des erreurs méthodologiques… »
    —————————————–
    Ah donc, à fortiori, c’est normal qu’un éditeur démissionne pour avoir publié un papier dont on attend toujours la preuve d’une quelconque erreur méthodologique (pour l’instant vous n’en avez montré aucune) . Et en plus qu’il envoie une lettre d’excuse (!) à un chercheur (en l’occurrence Trenberth) dont le nom n’a même pas été cité dans le papier en question.
    Vous pouvez nous expliquez la logique svp ? J’ai dû avoir loupé un épisode, moi qui croyais naïvement qu’elle serait plutôt comme ça : http://www.skyfall.fr/?p=844#comment-69221

    • toxymoron dit :

      encore un qui cherche des lecteurs pour son site obscurantiste.

      • Robert dit :

        Ma femme m’a dit, « colle lui un contrôle fiscal…ça lui fera les pieds », je lui ai dit que je ne mangeai pas de ce pain là.

    • Robert dit :

      Minitax,

      L’étude de Spencer est bourrée de fautes elle n’aurait jamais dû passer le stade du peer-review et être publiée. Sans le battage médiatique mené par la blogosphère climaton’importequoiiste, il n’y aurait sans doute pas eu de démission, cette étude serait tombée dans l’oubli comme des milliers d’autres.

  9. Robert dit :

    S’il y en a qui veulent se taper un bonne tranche de rigolade, Minitax est au taquet….Et il n’est pas le seul.

    http://www.skyfall.fr/?p=763#comment-69290

  10. Totor dit :

    Bonjour,

    Ces commentaires ressemblent à tout sauf à une conversation scientifique et dépassionnée. Vos commentateurs donnent vraiment l’impression de dissimuler des buts inavoués parce qu’inavouables.

    A-t-on affaire ici au trust des fabricants d’éoliennes et de panneaux solaires contre le consortium des énergies fossiles?

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