Climatosceptiques et climatologues, quelle place sur l’internet?

Posté le 12 avr 2010 dans la catégorie:A la Une. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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Après la parution d’une enquête dans le numéro d’avril 2010 de Terra Eco, retour sur un travail d’analyse de l’influence des climato-sceptiques dans l’internet francophone. La sociologue des réseaux Sabine Niederer a fait marcher ses outils, sur la base d’informations que je lui avais fourni.

© Denis Delbecq

© Denis Delbecq

Au début d’avril, le mensuel Terra Eco a publié un long article qui esquisse un profil des climatosceptiques. Au cours de cette longue enquête, j’avais initié une courte étude sur la place des émules d’Allègre sur internet, avec la complicité de Sabine Niederer, une sociologue néerlandaise qui étudie les controverses qui traversent le web.

Faute de place, je n’avais pu évoquer que brièvement dans Terra Eco les résultats obtenus par Sabine Niederer à partir des informations que je lui ai fourni: une liste de climatologues français et des sites de leurs laboratoires, ainsi qu’une liste de climatosceptiques et de sites français qui contestent l’origine humaine du réchauffement climatique. Voici donc une analyse plus complète des résultats obtenus par la sociologue, à la fin du mois de février 2010.

Comme beaucoup de chercheurs qui étudient les réseaux, Sabine Niederer utilise Google comme outil de travail. En interrogeant le plus célèbre des moteurs de recherche, la scientifique analyse  les pages retournées à partir des mots-clefs qu’elle a fourni, et dresse des cartes ou des nuages de « tags », ici les noms de la liste (non exhaustive, bien sûr) que j’avais rapidement élaborée. Comme «changement climatique» ou «climate change». En voici les résultats.

1. Qui sont les climatologues les plus cités dans l’internet francophone à partir d’une recherche dans google sur « changement climatique » (100 premiers résultats sur Google)?

La place des climatologues français dans l'internet francophone © Sabine Niederer/DMI

La place des climatologues français dans l'internet francophone © Sabine Niederer/DMI

De manière évidente, ce sont les personnalités les plus citées dans la sphère publique qui apparaissent en premier. Avec évidemment Jean Jouzel, longtemps vice-président du Giec, Hervé Le Treut, le patron de l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), le glaciologue Claude Lorius ou Edouard Bard (Collège de France).

2. Qui sont les climatosceptiques les plus cités dans l’internet francophone à partir d’une recherche dans google sur « changement climatique » (100 premiers résultats sur Google)?

La place des climatosceptiques français dans l'internet francophone © Sabine Niederer/DMI

La place des climatosceptiques français dans l'internet francophone © Sabine Niederer/DMI

Comme prévu, c’est Claude Allègre qui arrive en tête. Mais on relève avec intérêt que c’est un pseudonyme qui arrive en second, le fameux «Jean Martin» qui pilote le site Pensée Unique. Cet ancien chercheur, qui conserve jalousement son anonymat, avait commencé à répondre à mes questions pour Terra Eco avant de couper les ponts quand je lui ai demandé, à de multiples reprises, ses lien avec Jean Martin… Meunier, un ancien de l’Institut de physique du Globe de Strasbourg. Question soulevée par le fort parallèle entre le cursus assumé de Jean Martin Meunier avec celui affiché par Jean Martin sur Pensée Unique.

Ensuite, dans ce classement des climatosceptiques les plus cités, viennent deux philosophes, Luc Ferry et Dominique Lecourt. Tous deux devancent Vincent Courtillot qui n’a donc pas encore réussi à monter sur le podium.

3. Qui sont les climatologues et les climatosceptiques les plus cités dans l’internet ANGLOPHONE à partir d’une recherche dans google sur « climate change » (100 premiers résultats sur Google)?

La place des climatosceptiques et des climatologues français dans l'internet anglophone © Sabine Niederer/DMI

La place des climatosceptiques et des climatologues français dans l'internet anglophone © Sabine Niederer/DMI

Là, je dois dire que c’est une surprise, puisque le fameux « Jean Martin » devance Claude Allegre. Mais le plus étonnant, c’est que les climatosceptiques figurent d’une manière générale en meilleure place que les climatologues dans ce classement.

4. Quels sont les chercheurs français les plus cités dans les milliers de documents et emails volés au Climate Research Unit de Phil Jones, et publiés sur internet en novembre dernier?

Aperçu des climatologues français les plus cités dans les fichiers du climategate © Sabine Niederer/DMI

Aperçu des climatologues français les plus cités dans les fichiers du climategate © Sabine Niederer/DMI

Un préalable indispensable. La présence d’un scientifique dans cette analyse des fichiers du climategate ne signifie qu’une chose: que ces chercheurs communiquent avec leurs collègues du CRU, dont les ordinateurs ont été piratés. Cinq noms reviennent de manière récurrente dans les documents et emails: Jean Jouzel, Valérie Masson-Delmotte, Edouard Bard, Dominique Raynaud et Hervé Le Treut. A noter que la liste que j’avais fourni ne contenait que les noms les plus connus de la communauté des climatologues français, qui compte un millier de chercheurs.

5. Comment sont connectés les sites climatosceptiques français au reste de l’internet. Autrement dit, vers quels sites pointent-ils et quels sites pointent-ils vers eux?

La place des sites climatosceptiques dans l'internet francophone © Sabine Niederer/DMI

La place des sites climatosceptiques dans l'internet francophone © Sabine Niederer/DMI

L’analyse de cette carte montre que les sites climatosceptiques français sont relativement isolés, peu liés à leurs équivalents anglophones. En outre, ils semblent s’ignorer les uns et les autres —contrairement aux sites anglophones—, signe d’une absence d’organisation des réseaux de climatosceptiques français. A noter que ces études ont été conduites début mars, avant que le «Mythe climatique» de Benoît Rittaud ne s’impose rapidement chez les  sceptiques francophones.

6. Comment sont connectés les sites officiels de climatologie français au reste de l’internet. Autrement dit, vers quels sites pointent-ils et quels sites pointent-ils vers eux?

La place des laboratoires français de climatologie dans l'internet francophone © Sabine Niederer/DMI

La place des laboratoires français de climatologie dans l'internet francophone © Sabine Niederer/DMI

Cette carte montre combien le CNRS joue un rôle important dans la science française. On retrouve évidemment la plupart des grands laboratoires de climatologie (LSCE, IPSL, LMD, CNRM etc.) ainsi que les organismes de recherches dont des équipes participent à l’effort de recherche français sur le climat (IFREMER, IPEV, INRA, IRD etc.)

Voilà, vous en savez désormais autant que moi sur le sujet. Je vous invite à visiter le site internet de Sabine Niederer, qui vous fournira des informations plus larges sur son travail d’étude de la controverse climatique sur internet. Vous pouvez également télécharger ce document PDF —préparé par la sociologue— qui fournit les données représentées ici, et qui permet de zoomer de manière plus nette que dans ces colonnes. Et bien sûr, le numéro d’avril de Terra Eco est toujours en vente!

Denis Delbecq

 

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72 Réponses pour “Climatosceptiques et climatologues, quelle place sur l’internet?”

  1. [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Bill Boquet, Denis Delbecq. Denis Delbecq a dit: La place des climatologues et des sceptiques sur internet. Regard de la sociologie des réseaux. http://bit.ly/afbXLo [...]

  2. Il y aura bien un fichier « climato-sceptiques » et un fichier « climato-alarmistes » ?
    Comme avec le fichier juif de la France de Vichy ?
    http://www.lexpress.fr/informations/vichy-le-rapport-qui-leve-l-enigme-sur-le-fichier-juif_615260.html

    • Denis Delbecq dit :

      Vous êtes vexé de ne pas être cité?

      • Ce flicage est très malsain. On sent le désir de dénoncer, de mettre une étoile jaune sur les gens qui dérangent. C’est cet état d’esprit qui a conduit à la réalisation du fichier juif sour le régime de Vichy. C’est cet état d’esprit de la police de la pensée qui tue les démocraties.

        NB – Je ne suis ni « climato-sceptique », ni « climato-alarmiste ». Je n’ai ni besoin d’étiquette et ni le besoin d’appartenir à un clan pour m’exprimer.

        • Tilleul dit :

          Oh mon dieu du journalisme d’investigation… Au secours, vite ! Donnez moi plutôt du journalisme de machine à café réalisé par des stagiaires qui ne font que retranscrire des dépêches d’agence de presse assis dans leur bureau sans jamais ne serait-ce que décrocher un téléphone ! C’est vrai que serait le monde si les journalistes arrêtaient de faire ce que leur demande les agences de communication…

          • Quand on en est rendu à adopter la stratégie du flicage, c’est que l’on ne s’intéresse plus au débat d’idée mais que l’on se prépare à viser les personnes pour les ostraciser. C’est très décevant de la part de Denis qui est d’habiture plus ouvert. Denis va sans doute me répondre : « si vous êtes déçu, vous n’êtes pas obligé de me lire ». Et c’est parfaitement exact.

          • Denis Delbecq dit :

            Mais d’où vous parlez, Olivier, qui donnez des leçons de « je ne me chauffe pas, ni ne climatise pas, et j’achète sur des marchés qui vendent des produits locaux », vous qui vivez à Mexico.

            Flicage? Mais vous rêvez, êtes-vous à ce point aussi totalitaire qu’un journaliste, un sociologue universitaire, ne pourraient plus se pencher sur un objet de société? Le phénomène de ces derniers mois c’est l’irruption médiatique du « sceptique », acceptez que des observateurs puissent se pencher dessus. Vous voulez que le site dont vous faites la promo à chaque (dizaine de) message(s) soit classé comme climato-sceptique officiel? Faites un effort de communication parce que vous êtes (malgré tout) plus fréquentable que Rittaud.

          • Je ne vis pas à Mexico, et précisément, je ne donne pas de leçons aux autres (ce sont des choix de vie personnels) et je critique ceux qui se permettent de donner des leçons aux autres.

            Je suis bien conscient de la dérive initiée par la pétition anti-pensée libre. Ce signal a été donné pour tenter de contrôle l’opinion publique à propos du dossier climatique. Mais ce combat ne va que renforcer la contestation. Plus on forcera les gens à obéir à une pensée, plus ils protesteront.
            Enfin, je ne suis ni climato-sceptique, ni climato-alarmiste. Je suis climato-pluraliste.

          • armando dit :

            Bon, je vais essayer de rester poli, promis. En même temps c’est difficile quand on lit qu’Olivier-ObjectifTerre « ne donne pas de leçons aux autres » alors que son petit site est littéralement imbibé de leçons données à la terre entière, en général sur la foi d’interprétations biaisées de la réalité, en relayant des calomnies sur le GIEC et les climatos, etc. Le climato-pluraliste, c’est accorder autant de crédit à ceux qui croient que la terre est plate à ceux qui savent qu’elle est ronde ? Formidable.

          • La comparaison de la rotondité de la terre avec la complexité du climat est vraiment inapropriée. C’est une comparaison utilisée par ceux qui essayent de faire croire que l’on connaît parfaitement le fonctionnement de la machine climatique. C’est une approche dogmatique, climato-scientiste.

          • armando dit :

            Qui essaie de faire croire qu’on connaît parfaitement le fonctionnement de la machine climatique ? Vous avez quelques noms à me proposer ?

          • Oui, vous, en comparant le climat à la rotondité de la terre.

          • Daneel Olivaw dit :

            On a déjà eu ce genre de discussion cher Olivier…
            Et j’ai déjà démontré que la comparaison était parfaitement appropriée.
            les « climato-sceptiques » fonctionnent exactement comme les théoriciens de la terre plate du siècle passé : même sophisme exaspérant, même sens de la critique absurde, même aveuglement !!!

  3. Il manque les médias britanniques, américains, allemands, indiens et australiens à la liste « climato-sceptiques ».

  4. toxymoron dit :

    Est-ce qu’on a un début d’explication ce qui motivent ceux qui vivent dans le « deni climatique »? Le deni, je comprends, l’égoisme (« après nous le déluge ») aussi, mais vouloir se vanter en permanence de son ignorance et de son aveuglement, cela me dépasse – et le manque de structure semble indiquer qu’ils ne sont pas tous instrumentalisés par la droite américaine.

  5. L’égoïsme c’est de croire détenir la vérité et de vouloir imposer ses lubbies personnelles (transport, alimentaiton etc.) aux autres.

    • «L’égoïste n’est pas celui qui vit comme il lui plaît, c’est celui qui demande aux autres de vivre comme il lui plaît ; l’altruiste est celui qui laisse les autres vivre leur vie, sans intervenir.»
      - Oscar Wilde

      Que certains pays européens veuillent imposer à l’Inde, à la Chine et au pays du G77 de réduire leurs émissions de C02 relève de cet égoïsme éco-colonial.

      • Tilleul dit :

        Vous étiez où au moment de Copenhague ? La Chine et l’Inde et tous les pays en développement ont accepté leur responsabilité sur la maitrise des émissions futurs et les pays développé ont accepté de financer en partie leur transition (bon enfin disons plutôt l’Europe vu la contribution plus que symbolique des USA…).

        De toute façon ils ont pas le choix, vous croyez qu’aujourd’hui un constructeur automobile qui sortirait une voiture qui fait 20 L au 100 irait en vendre beaucoup ?

        Arrêter un peu de voir le monde tel que vous voudriez qu’il soit…

        • J’ai été invité à Copenhague en tant que blogueur par le Centre Européen du Journalisme. Mais j’ai décliné l’invitation car je trouve cela parfaitement inutile. Je m’explique ici : http://www.electron-economy.org/article-35796763-6.html

          Pragmatisme : Rio, Bali, Copengue ont été des échecs. De cuisant échecs, vraiment. Bonn, il y a quelques jours = échec spectaculaire. Je vous laisse deviner la suite pour Cancun.
          La stratégie de l’écologie punitive et de l’éco-impérialisme est vouée à l’échec. Seule la stratégie de l’écologie constructive (innovation non seulement au niveau des éco-technologies mais aussi au niveau des business-models) et respectueuse du droit des pays du sud à se développer portera des fruits. Il nous faut replacer l’homme et son épanouissement au centre des politiques et sortir de l’éco-centrisme. Depuis le Mexique où je réside, cela semble complètement évident. Mais moins dans le milieu écolo franco-français, semble-t-il.

          Tilleul : « vous croyez qu’aujourd’hui un constructeur automobile qui sortirait une voiture qui fait 20 L au 100 irait en vendre beaucoup ? Arrêter un peu de voir le monde tel que vous voudriez qu’il soit… »

          Je suis pour un abandon du moteur à explosion et pour une pénétration rapide des voitures électrques sur le marché afin que chacun puisse choisir le mode de transport de son choix (train, vélo, voiture etc.).

          • Denis Delbecq dit :

            Ah ben on étais deux invités donc. Mais il fallait que je nourrisse mes enfants en travaillant, alors je suis resté à Paris.

          • En réalité, j’ai contacté un ami français intéressé par ces sujets, il y est allé (frais payés par le CEJ), et m’a tenu au courant de ce qu’il découvrait. J’ai vraiment bien fait de ne pas y aller vu l’ambiance et l’inutilité de cette usine à gaz, et vous avez bien fait, à mon avis, de préfèrer de travailler pour nourrir vos enfants.

          • armando dit :

            Olivier-ObjectifTerre, le seul posteur qui se répond à lui-même dans les fils de discussion…

          • Armando, le seul posteur qui écrit pour ne rien dire, si ce n’est pour agresser les autres.

          • armando dit :

            Mmouaip… dites moi, où est ce que j’ai écrit qu’on avait tout compris du système climatique?

          • Tilleul dit :

            Copenhague un échec ? Mais vous avez vu ça où ? Sur des blogs internet ?

            Par rapport à Kyoto, l’accord de Copenhague réunit pays industrialisés et pays en développement dans une responsabilité commune mais différentiée, il prend en compte 90% des émissions de gaz à effet de serre, engage des fonds financiers (eg le conseil européen engage plus de 10 milliards d’euros à 2012), s’engage sur une stabilisation à 2°C et à prendre des mesures de sauvegarde des forêts et engage les pays en développement a publié leurs émissions de gaz à effet de serre deux fois par an avec leur plans d’action…

            Si on considère que ne pas avoir d’accord contraignant c’est un échec alors il ne fallait même pas venir puisque le président américain ne pouvait tout simplement pas s’engager sur le sujet pour des questions constitutionnelles…

            Maintenant les engagements de réduction continuent à être négociés pays par pays plutot que dans une grande messe, est-ce que c’est plus mal (de toute façon même les grandes messes sont négociés pendant des mois alors…) ?

            Pour l’instant si je regarde les déclarations de réduction qui ont été fait dans le cycle de négociation dont Copenhague n’était qu’une étape (continuera à Bonn et à Mexico…) on est plutot sur une pente qui va dans le bon sens…

            http://www.unep.org/climatepledges/

          • Tilleul dit :

            Et évidemment cette histoire « d’impérialisme écologique » et « d’écologie punitive » n’est qu’un fantasme issu d’imaginations malades… A croire certain la France serait envahi de hordes de chemises vertes terrorisant la population par le tabassage à mort de gens qui mettent des déchets papiers dans la poubelle pour le verre et brisant les vitres des commerçant qui laissent leurs enseignes au néon allumées toutes la nuit…

    • Daneel Olivaw dit :

      Tout cela n’est que pur sophisme Olivier !
      Tu te prétend « climato-pluraliste » (Et c’est effectivement ce que j’avais aussi cru au début en surfant – superficiellement – sur ton site)… mais non, quand je constate la quasi totalité de tes réponses, tu es bel et bien un climato-sceptique forcené : mêmes sophismes incohérents, mêmes répliques systématiques irréfléchies, mêmes arguments irrationnels et le plus souvent fallacieux…
      L’égoïste est bel et bien celui qui n’est pas écologiste, et se préoccupe plus de défendre les intérêts de ses riches amis de l’industrie pétrochimique, plutôt que de l’avenir de nos générations futures !!!!
      L’Altruiste est celui qui demande a une minorité d’inconscients et irresponsables de ne pas vivre en égoïstes, afin que la majorité des autres humains… puissent simplement vivre !

      • armando dit :

        Merci de ce commentaire. Olivier-ObjectifTerre est en effet cela. Le « climato-pluralisme » (quel néologisme absurde), c’est hurler quand le GIEC fait une coquille et chuchoter quand Claude Allègre commet un livre qui insulte, qui diffame, qui flatte les bas instincts conspirationnistes de ses lecteurs et qui nécessite un rectificatif géant de 60 pages (pas exhaustif d’ailleurs). J’ai promis de ne plus me laisser aller à des écarts de langage alors je m’arrête là.

  6. gpiton dit :

    Quelques remarques après un rapide premier coup d’œil :
    Intéressant, mais apparemment volontairement limité comme étude, dommage.
    Le monde réel n’est pas binaire, ce serait triste. Le jour où l’on sortira du simplisme, un grand pas sera fait !

    A part le site de pensée unique, il parait clair que c’est la médiatisation qui domine. Plus on passe dans les médias, plus on est connu. En plus, pour C. Allegre, la « campagne de pub », que ses détracteurs lui ont faite, a surement joué un rôle.

    Dans la liste des sites, je n’ai pas vu le Hadley center, ni de nombreuses ONG, ni des partis politiques, ni effets de terre ?

    Ceux qui crient au complot en France vont être déçu…

    Ce qui serait intéressant, c’est de connaître :
    - les nuances d’analyse ou de positions chez les désignés « climatologues » ou les désignés « climato-septiques »
    - qui influence qui dans les décisions politiques ? (Par exemple J. Jouzel, ou Y.A Bertrand ou N. Hulot vis-à-vis de Sarkozy ou JL Borloo)
    - qui finance qui ? On parle souvent de EXXON, TOTAL, EDF, VEOLIA, PPR, TF1, Rhône Poulenc (il y a quelques années), etc… pas tous des exemples pour l’environnement.
    - quelles sont les solutions d’adaptation proposées surtout dans les phases de transition ?
    - pourquoi le site de « pensée unique » attire tant ?

    Sinon, il y a plein de sites ou de personnes que je ne connaissais pas. Merci pour la pub, je vais aller voir.

  7. Denis Delbecq dit :

    Ah non, Effets de Terre est le grand perdant de cette enquête (et je la publie quand même!), tellement déçu que j’ai tressé ma corde, je vous ferai savoir quand je m’en servirai. Plus sérieusement, L’enquête porte sur les réseaux internet, et donc pas étonnant que Jean Martin (ou Jean Menteur?) apparaisse en première ligne. Ce qui ne veut pas dire que Pensée Unique attire tant que cela le public, juste qu’il est présent sur le net. Pour ma part, je ne ferai jamais confiance à un anonyme pour me faire une opinion, mais apparemment, beaucoup préfèrent faire confiance à un gogo qu’à une personne qui signe ses écrits.

    • Pluie dit :

      C’est clair et bien malheureux pour une démocratie

    • gpiton dit :

      Toujours autant d’humour au bout de la plume….

      Sur l’attirance du public aux questions climatiques, ne nous faisons pas d’illusion. Sur votre site, même si tous les participants n’ont pas le même point de vue, au moins ils s’intéressent aux sujets. Ce n’est malheureusement pas le cas de la plupart de la population pour qui le climat et l’environnement sont très loin de leurs préoccupations.

      J’avais bien compris qu’il s’agissait de relevés de consultations ou de références sur Internet. Au passage, consultation ne veut pas forcément dire confiance dans ce qui est publié dans un site ou blog.
      D’accord pour dire que le nombre de consultations ou références d’un site n’indique rien sur la véracité des écrits et arguments qui s’y trouvent. Personnellement, pour me faire une opinion, je consulte les arguments pour et contre. Il arrive parfois que cela ne permet pas de trancher.
      Et puis, le fait qu’un texte soit signé ne lui donne pas spécialement plus de crédibilité sur les arguments développés. Il rompt seulement avec l’anonymat, ce qui est un bon principe que je défends. (ex. le dernier livre de C. Allègre)

      J’ai été surpris de l’importance de la présence du site Pensée Unique sur Internet, d’où ma question initiale : pourquoi lui plus que l’un des nombreux autres?
      Je ne pense pas que c’est seulement la préférence à faire confiance à un « gogo » (je vous laisse ce jugement de valeur).
      Rassure-t-il plus que d’autres du fait de son contenu ?
      Peu de « concurrent » en France (en tout cas pas sur Internet) ?
      En tout cas, cela doit interroger tous les sites ou blogs quels qu’ils soient.
      Pressentent-t-ils une bonne approche, de bons arguments, la bonne pédagogie qui les rendent plus crédibles que d’autres. Là est le véritable enjeu si l’on veut influencer l’opinion.

    • jmr dit :

      Ah, vous vous appelez Denis Delbecq et êtes né quelque part, à une certaine date, dans un certain pays, voilà qui me rassure sur la véracité de ce que vous exposez sur votre site, sachez-le ! Je n’aurais pas confiance en vos argumentations si vous aviez sur ce site un pseudo. Ou un nom d’auteur. Heureusement ce n’est pas le cas ;-)

      Curieux comme tant de gens mettent en doute le site Pensee Unique sous prétexte qu’on ne sait pas qui est Jean Martin. Ce doute serait compréhensible si l’essentiel du site ne présentait que les opinions personnelles de Jean Martin, ou s’il se présentait comme un gourou du climat, un super-climatologue obligé de cacher son nom (Le Treut ou Jouzel postant anonymement pour ne pas se faire licencier, qui sait ?) affirmant qu’il SAIT ce qui se passe grâce à des sources bien cachées de tous.

      Mais tel n’est pas le cas. Le site Pensée Unique est intéressant avant tout parce qu’il nous donne les liens et nous décrypte les publications scientifiques originelles. On peut très bien faire abstraction des explications ou des commentaires puisqu’il suffit en général de cliquer sur une courbe pour l’obtenir actualisée, directement depuis le site qui la publie.
      Autrement dit Jean Martin n’est qu’un traducteur d’une langue dans une autre qui présente en même temps la traduction ET le texte d’origine. De même que Google nous présente une traduction d’un site d’une langue dans une autre en nous laissant l’accès à la langue d’origine pour vérifier, contrôler, infirmer. Pensée Unique nous laisse libres d’accepter ou de contester.
      Vous écrivez « Pour ma part, je ne ferai jamais confiance à un anonyme pour me faire une opinion ». Donc si vous utilisez Google pour traduire en brut un texte d’une langue étrangère en français, vous ne faites pas confiance à cette traduction car elle émane de quelqu’un d’anonyme ? Google vous a transmis les pedigree de ses traducteurs anglais-français et vous les avez vérifiés (car sans vérification, qui croire ?) En mathématiques, donc, vous n’avez accordé foi au théorème de Pythagore que parce que vous savez qui est Pythagore sans doute ? En cours de maths on vous a présenté une copie de sa carte d’identité ? Sa photo ? Son buste ? Qu’est-ce qui vous a décidé à accorder foi à son théorème ? Et votre professeur, où était-il né ? En quelle année ?

      Personnellement en tant qu’étudiant je me moquais bien de savoir qui était Cantor et Dedekind quand on m’a présenté leur théorème. Et en rendant ma copie je n’aurais pas eu le moindre point supplémentaire en ajoutant entre deux formules que Schrödinger était né en 1887 à Erdber (quartier de Vienne), et était le fils de Rudolf Schrödinger (botaniste et fabricant de suaires). On m’aurait pris pour un flambeur du devoir écrit mais certes pas pour un scientifique.

      Donc si vous voulez dénigrer le site Pensée Unique attaquez-vous à son contenu. Vous êtes Docteur en Physique, cela devrait vous être plus facile qu’à un lecteur lambda, et nous serions beaucoup plus intéressés par votre argumentation que par vos actes de naissance !

      Je crois qu’en sciences c’est ainsi que l’on procède, avant de s’intéresser à l’état civil de quelqu’un qui publie une découverte. Mais bon, vous n’avez peut-être pas fait la même physique que tout le monde ?

  8. Robert dit :

    Nous autres pauvres hères vivant dans les pays industrialisés sommes devenus esclave de notre mode de vie, il ne faut pas chercher plus loin. Les gens ne sont pas disposés à se passer de la voiture, de la télé, de TF1, de leur vacances etc…. Donc tout ce qui peut mener à une réduction quelconque de ce confort n’est pas accepté et les gens ont peur de l’avenir. Il faudra un jour que l’homme reprenne sa place, celle d’un terrien ni plus ni moins, sinon il mettre en danger la pérennité de l’espèce.

    • chria dit :

      « l’homme reprenne sa place, celle d’un terrien ni plus ni moins…  »
      Comprend pas. Vous pouvez développer ?

      • Robert dit :

        C’est très simple nous ne sommes qu’une composante d’un système fini. En agissant comme nous agissons nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis.

        • chria dit :

          « Les gens ne sont pas disposés à se passer de la voiture, de la télé, de TF1, de leur vacances etc »
          Je ne vois pas ce que les vacances viennent faire là dedans, mais bon. Si pour vous travailler comme des esclaves c’est naturel…
          Ne mélangeons pas tout quand même. Votre aversion pour la société de consommation devrait être plus réfléchie, n’oubliez pas que l’homme lutte sans cesse contre la nature qui est très agressive à notre égard. Je viens de lire votre commentaire sur vos rencontres de peuples qui vivent dans des conditions extrêmes et j’ai senti en vous une grosse pointe de culpabilité. Ce qui est étonnant puisque ces gens dans le Nord vivent dans des conditions que le réchauffement pourraient adoucir. Vous voyez le mal parce que vous pensez que leur mode de vie les rend heureux et que l’homme blanc va foutre cette harmonie (je dirais plutôt inertie) en l’air, et que vous semblez malheureux dans votre société. C’est un point de vue étonnant, vous avez au moins répondu à ma question.

          J’aimerais bien me lancer dans une grande discussion sur la place de l’homme mais là je n’en ai pas le courage. Il y a trop à dire. Pour résumé j’ai une vision différente dans laquelle l’homme n’est pas une composante d’un système fini, mais bien une émergence atypique dans un système infini. Je vois les choses en mouvement et en évolution, alors que vous les voyez en équilibre.
          La question qui se pose pour le futur sur la relation homme-nature est : symbiose ou concurrence ?

          • Pluie dit :

            Il y a un mouvement que je n’aime pas, c’est celui qui nous fait sauter dans le précipice. Personne n’est pour l’immobilisme, non, c’est un raccourci facile. La réalité est qu’il y a différents chemins pour l’humanité, et certains sont plus égoïstes que d’autres.
            Quant à se passer de vacances, le but est sans doute de se passer de vancances « consuméristes », à haut degré de CO2.

    • jmr dit :

      Je me souviens de mon aïeul qui habitait Néanderthal. Il trouvait aussi (du moins on me l’a raconté) que l’apparition de la pierre polie était un confort dont les gens ne pouvaient plus se passer. Tôt ou tard cela allait mettre en danger la pérennité de l’espèce.

      Je me demande s’il n’avait pas raison. Comme vous le dites si bien, l’homme doit être un terrien. Je demanderai seulement qu’il puisse avoir le droit de prendre le bateau ou l’avion. ;-)

      • Robert dit :

        Ouaip et Néanderthal a disparu.

        Certaines peuplades vivent en harmonie avec la nature depuis des millénaires, ne demandent rien à personne et sans notre intervention seraient partis pour le faire pendant encore des millénaires,
        Vous commettez l’énorme erreur de croire que bonheur et abondance de biens sont synomymes

        • « Vous commettez l’énorme erreur de croire… »
          …que bonheur et abondance de biens sont antomymes :
          - Le fait de creuver de soif en Afrique sub-sahélienne n’implique pas obligatoirement que la personne en question soit épanouie.
          - Le fait de vivre dans le confort matériel au Danemark ou au Japon, n’implique pas obligatoirement l’impossibilité d’être épanoui.

          La lubbie décroissante est un caprice de riches.

          • Pluie dit :

            Encore un exemple de bolchévisme intellectuelle climato sceptique (-;
            La décroissance (mais avez vous seulement pris qq infos sur ce mouvement politique), c’est d’abord la décroissance des inégalités. Dans une terre ronde et finie, il faut assurer à tous un minimum vital, ce qui impliquera sans doute un partage (car la terre est un espace clos), donc un décroissance des riches pour une croissance des pauvres.
            Suggérer l’inverse, c’est évoquer le libéralisme débridé !

          • Couper le robinet d’eau douce en France n’apporte pas d’eau en Afrique.

          • Pluie dit :

            Non, mais partager les richesses seraient un bon début…
            Sans compter que le réchauffement climatique viens des pays riches, et touche d’abord les pays pauvres.
            Mais bon, certains préfèrent détourner le sujet sur l’eau…

          • Robert dit :

            Oui, mais ils oublient que l’eau dépend aussi du climat…

          • Tilleul dit :

            La gaspiller pas plus…

          • Daneel Olivaw dit :

            Eh oui… « la décroissance », c’est vouloir ralentir le train-fou lancé à toute vapeur vers le précipice qui se trouve quelques kilomètres plus loin…
            C’est vouloir cesser de gonfler toujours plus la baudruche… Au contraire du « libéralisme » qui lui, à force de rustines, persiste à croire que ‘on peut indéfiniment la gonfler, encore et encore…

            Quand elle va nous exploser dans la gueule celle-là, ça risque de faire bien plus mal encore que pour les victimes de Madoff !!!

          • Robert dit :

            Vous me faites dire ce que je ne dis pas, je souligne simplement le fait que le bonheur n’est pas soumis à l’abondance de biens. J’ai eu l’occasion de fréquenter certaines ethnies comme les inuits du nord ouest du Groënland ou les touareg, ces gens vivent dans un univers hostile et s’y sont acclimatés, ils ne demandent rien à personne et pourtant ils se retrouvent en danger à cause du changement climatique; changement dans lequel, ils ne sont pour rien. Sont ils heureux? Vu leur facilité à sourire et rire je dirais que oui. A souligner aussi leur sens de l’hospitalité, ces gens sont prêts à sacrifier le nécessaire pour vous faire honneur. Je dois reconnaître que quelquefois j’ai honte d’être ce que je suis.

      • Daneel Olivaw dit :

        Quelle mémoire !!! :o
        Moi aussi je me souviens que l’on m’avait raconté que l’un de mes aïeuls de Néanderthal trouvait très dangereux la présence de cet étrange monolithe noir émettant un son bizarre !

  9. Sapristi dit :

    @Denis,
    Que voulez-vous démontrer ?
    Pour replacer dans son contexte l’utilisation d’internet par rapport à la controverse sur le climat, vous auriez du rappeler que ce sont les deux adversaires américains, sceptiques et pro-RCA, qui ont eu besoin de blogs pour préciser leur point de vue. Certes cela dépasse le cadre de votre étude francophone, mais deux blogs furent les locomotives de tous les autres :
    - C’est dans le blog climat Audit que les McIntyre et McKitrick vont démystifier la courbe de Mann qui plus tard disparaitra des rapports du GIEC
    - Lorsque Mann se fait attaquer sur sa courbe, c’est par l’intermédiaire du blog RealClimat qu’il formulera une réponse.
    Plus tard, vous trouverez des blogs de mêmes tonalités déclinés dans toutes les langues européennes, dont ceux que vous citez dans votre étude. Le seul problème avec la science politique & climatique, c’est que le mal est fait, brillamment orchestré aux US. Les pro-RCA auront beau jeu de trouver les relations liant les sites sceptiques et les libertariens américains par exemple (il y’en a plein), et les sceptiques auront beau jeu de souligner les liens évident entre pro-RCA et big business à la Al Gore. On retrouve ces mêmes affiliations sur la blogosphère française.

    Résultats : Trop de controverses soulignent l’immaturité de la science climatique. Connaissez-vous une seule discipline scientifique qui ait eu besoin d’autant de relais politisés pour assoir ses dogmes ? Pour ma part, je n’en connais pas, la blogosphère française n’échappe pas à la règle, c’est logique, et il n’y a rien d’étonnant à cela.
    Alors d’après vous, à qui la faute ? Aux méchants sceptiques, ou à l’immaturité d’une classe d’experts auto-proclamés climatologues ?

    • Tilleul dit :

      Heureusement que vous êtes là pour révéler au grand jour cette dangereuse conspiration climatique qui implique la totalité des académies nationales de sciences des pays développés…

    • Robert dit :

      «  » » » C’est dans le blog climat Audit que les McIntyre et McKitrick vont démystifier la courbe de Mann qui plus tard disparaitra des rapports du GIEC » » » »

      Le problème est que ces messieurs n’ont pas réussi à se faire publier. La science se fait dans les labos pas sur les blogs où n’importe qui s’improvise climatologue et critique sans savoir ou par intérêt.

  10. ronuick dit :

    La première chose est effectivement de repérer qui sont tous ces gens (des deux bords d’ailleurs) qui nous démontrent leur savoir. L’idée me semble judicieuse, mais, perso, je crois que je suis d’accord avec l’une des affirmations de « jean martin » : la science est un débat perpétuel, et même si c’est « pour notre bien », nous affirmer qu’il y a bien dérèglement climatique du à l’homme sans donner la parole à des détracteurs me fait un peu peur.
    D’autant qu’il y a effectivement bien des problématiques souvent plus urgentes : l’accès à l’eau, la biodiversité, les risques naturels. Vous me direz, tout est lié au climat ! Mais les échelles de temps sont différentes. Si on peut amener tout de suite de l’eau à un village africain, tant mieux, non ? Ça peut permettre aux femmes d’arrêter de passer leur journée à chercher de l’eau, à s’éduquer et ainsi à commencer une véritable stratégie de développement.

    • Tilleul dit :

      J’ai des quantité d’exemple ou réduire le risque climatique se traduit par un développement économique et social dans des pays pauvres, mais faudra m’expliquer en quoi priver d’eau un village africain, détruire la biodiversité et subir les risques naturels peut faire quoi que ce soit pour empêcher le déréglement du climat par les émissions de gaz à effet de serre humaine… Au contraire même puisque ça les aggrave…

      Quand à la science c’est totalement l’opposé d’un débat perpétuel… La science ce n’est pas le doute puisque ça voudrait dire que vous reléguez la science au rang d’une simple croyance au nom d’un relativisme généralisé ! La science c’est l’esprit critique. On ne remet pas en cause des théories et des lois physiques établies pour le plaisir mais parce qu’on a des raisons claires et objectives de le faire. Je vous rappelle la phrase de Newton « If I have seen further it is only by standing on the shoulders of giants. »… Quand les détracteurs ont des choses intéressantes à dire ils sont publiés, quand ils se contentent d’agir en avocat en répétant contre-vérité, mensonge et phrase prise hors du contexte on leur demande de revenir avec des éléments objectifs… C’est aussi simple que ça, pas la peine de voir un quelconque complot…

      • gpiton dit :

        Concernant l’Afrique, ce n’est pas aussi simple.
        Cet article de l’observatoire du Sahara et du Sahel qui ne peut être suspecté d’être « climato-sceptique » le montre.
        http://www.oss-online.org/index.php?option=com_content&task=view&id=942&Itemid=662

        Le titre interroge : «Et si le réchauffement climatique bénéficiait à l’Afrique ? »

        Dans l’article : « La désertification, la sécheresse et le désespoir, c’est ce que les changements climatiques réservent à l’Afrique. C’est du moins ce que l’on croit. Une preuve naissante est en train de proposer un scénario très différent, dans lequel l’augmentation des températures pourrait profiter à des millions d’Africains dans les parties les plus sèches du continent. En effet, les scientifiques voient désormais des signes montrant que le désert du Sahara et les régions environnantes deviennent verts à cause de l’augmentation des précipitations….. »
        « A l’est du Sahara, dans la région du sud ouest de l’Egypte et du nord du Soudan, de nouveaux arbres, comme des acacias, se développent, selon Stefan Kropelin, un climatologue de l’Unité de Recherche Africaine de l’Université de Cologne en Allemagne. «Des arbustes apparaissent et deviennent de gros arbustes. C’est complètement différent par rapport à la pousse d’un peu plus d’herbe, a déclaré Kropelin, qui a étudié la région pendant 20 ans. En 2008, Kropelin, extérieur à la nouvelle recherche par satellite, a visité l’ouest du Sahara, un territoire controversé contrôlé par le Maroc. «Les nomades de là-bas m’ont dit qu’il n’y avait jamais eu autant de chutes de pluie que ces dernières années, a raconté Kopelin. Ils n’avaient jamais vu autant de zones de pâturage. Avant, il n’y avait pas le moindre scorpion, pas le moindre brin d’herbe. Maintenant il y a des gens qui font paître leurs chameaux dans des régions qui n’avaient pas été utilisées depuis des centaines voire des milliers d’années. On voit des oiseaux, des autruches, des gazelles revenir, et même certaines espèces d’amphibiens reviennent. La tendance s’est poursuivie sur plus de 20 ans. Elle est indéniable.»

        La fin de l’article ne me rassure pas sur la fiabilité des modèles : «La moitié des modèles suivent une tendance plus humide, et l’autre moitié une tendance plus sèche.»
        Participant à une association d’aide dans un village du sud Sénégal, j’ai aussi confirmation de l’augmentation des pluies, amenant même de plus en plus d’inondations dans la région de Dakar et Mbour.
        Ces constats me renforcent dans l’idée que tout n’est pas aussi prédéterminé et certain. Tout les phénomènes en jeu ne sont pas connus et parfois sous-évalués.

        • Tilleul dit :

          Etant donné que les résultats des prévisions climatiques dépendent de l’activité humaine et de si on va continuer à décider d’aggraver nos émissions de gaz à effet de serre ou si on se décide à les maitriser ce qui va faire une énorme différence sur le futur du climat, faut pas franchement s’étonner d’avoir des différences dans les prévisions suivant ce qu’on décide de faire…

          Maintenant, il peut très bien avoir plus d’inondations tout en ayant moins de pluie… Ca fait 30 ans que toute la région qui dépend de la Volta (Ghana, Togo, Bénin, Burkina…) voit la pluviométrie diminuer et l’évaporation augmenter avec toutes les conséquences facheuses que ça comporte (notamment baisse des productions hydroélectrique), pourtant ça n’a pas empéché le Togo de connaitre des graves innondations il y a peu de temps de celà…

          Après le climat n’est qu’un élément parmis d’autres… à l’échelle locale on ne peut pas négliger les effets du micro-climat…

          Ceci dit qu’il va y avoir des gagnants et des perdants avec le réchauffement climatique ça ne fait aucun doute… mais les dirigeants du monde aime rarement jouer à la roulette russe…

          • gpiton dit :

            En effet, il est possible d’avoir plus d’inondations avec autant ou moins de pluie, car tout dépend pendant combien de temps elle tombe. D’ailleurs cela se voit en France. La pluviométrie est presque identique entre Toulon et Paris, mais pas du tout dans le même nombre de jours. Cela n’a pas du tout les mêmes conséquences.

            Le lien que j’ai cité étudie uniquement la zone du Sahara et du Sahel.
            Les observations sont confortées par le « sahel rainfall index » qui montre bien, depuis 1985, une tendance régulière à l’augmentation des quantités de précipitations. Elles ont retrouvé le niveau de leur moyenne historique. http://jisao.washington.edu/data/sahel/

            En ce qui concerne les modèles, une étude comparative existe. On peut retrouver une synthèse sur http://iceblog.over-blog.com/article-20533715.html
            Le problème ne vient pas du type de scénario, car même à scénario égal (émissions « sévère » A2) les prédictions sont très divergentes. C’est leur conception qui est en cause. Ils ne peuvent simuler correctement la réalité dans cette zone.

          • Robert dit :

            «  » » »En effet, il est possible d’avoir plus d’inondations avec autant ou moins de pluie, car tout dépend pendant combien de temps elle tombe. » » » » »

            Pas vraiment c’est surtout l’intensité de la pluie associée au ravinement qui produit les inondations.

          • gpiton dit :

            Tout à fait d’accord. C’est mieux résumé que ma phrase.

          • Tilleul dit :

            Euh non… sur les pluies au Sahel j’irais plutot me fier aux conclusions de l’auteur du graphique :

            « Precipitation was above the long-term mean from 1915 through the late 1930s, and the 1950s-1960s, afterwhich it was persistently below the longterm mean, with the largest negative anomalies in the early 1980s. »

            On a une année dramatique en 1985 mais ça me parait très osé de prendre le minimum de tous les minimum comme référence pour y définir une tendance !

            On est toujours en dessous du niveau des précipitations des années 60 et à cette époque on ne trouvait pas vraiment de forêt tropical dans le coin…

          • gpiton dit :

            Il n’y a rien de contradictoire. La tendance à l’anomalie de précipitation est à la baisse depuis le début des années 50. Elle passe en négatif vers la fin des années 60, avec un minimum au milieu des années 80. Depuis, la tendance est à la remontée vers la moyenne.
            En terme de niveau de précipitation, il est exact qu’il n’a pas encore atteint celui des années 60., mais la majorité des années 60 étaient au dessus de la moyenne.
            Personne ne parle de foret tropicale, ni moi, ni les observateurs locaux. Je ne vois pas pourquoi vous parlez de cela !

  11. Robert dit :

    Ce lien me semble assez instructif sur la situation du Sahel.

    http://www.cilss.bf/spip.php?article103

    • gpiton dit :

      Le constat me parait refléter la réalité. Par exemple, au sud Sénégal, pendant les années de sécheresse 70/80, une bonne partie de la population a migré vers la côte, dans des zones auparavant plus humides, voire marécageuses. Maintenant que les précipitations redeviennent plus fortes, ces zones ont tendance à retrouver leur humidité, les nappes phréatiques se remplissent. Lors de grosses pluies, il y a beaucoup de débordements et cela pose d’énormes problèmes pour les habitations et leur population.

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