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La vie à Concordia: le «doc» répond.

Par Denis Delbecq • 9 octobre 2009 à 20:49 • Categorie: 76° Sud, A la Une

© Denis Delbecq

© Denis Delbecq


Bonjour Denis,
Je me permets une réaction au texte que tu as publié en explication du retrait de l’article de Laura. Libre à toi de le publier ou non.

Ce témoignage personnel que tu dis riche, rare et brutal, était aussi, ne l’oublions pas, insultant, inquiétant et purement subjectif. Elle y faisait état d’une réalité que peut être elle-même ressentait au moment où elle a écrit ce texte, mais qui était loin d’être représentatif de la station. Ses propos xénophobes et méprisants ont en effet été mal vécus. Ils ont aussi eu des conséquences fâcheuses sur l’ambiance régnant à Concordia. Tu es un journaliste professionnel et tu mesures tes écrits, tu essayes d’être objectif, et tu connais les conséquences que peuvent avoir tes textes. Ce n’est le cas d’aucun d’entre nous. Si tu écris un article polémique qui sera mal pris, le soir, tu rentreras chez toi, point. Si à Concordia, tu insultes ouvertement tes co-hivernants, tu devras affronter leurs regards tous les jours, tous les matins, tous les midis, tous les soirs ; il n’y aura nulle part où tu pourras vraiment te réfugier, à part dans les quelques mètres carrés de ta chambre, et encore… Alors en plus si tu ne penses pas vraiment ce que tu as écrit, si tu l’as fait, comme c’est le cas de Laura, dans un moment de détresse, dois tu continuer à en subir les conséquences ? Dois tu continuer à affronter le regard de gens que tu as insulté et qui serait prêts sans aucune hésitation à sortir te secourir si tu avais un problème à l’extérieur et que tu étais incapable de rejoindre la base ?
La vie à Concordia est dure, certains l’assument mieux que d’autres. Mais au risque de te décevoir, les héros polaires, ça n’existe pas. Tous ces hommes et toutes ces femmes vivant dans les milieux extrêmes ne restent que des êtres humains, tout simplement. Nous avons comme vous tous nos qualités et nos défauts, et vivre dans un milieu confiné, coupé de tout et tous, nous fait porter une attention plus particulière aux autres, à leur comportement, et entraîne ce que tu appelles des bisbilles. C’est un comportement humain normal, tout simplement. Mais ne t’inquiètes pas pour nous, Concordia n’est pas comme tu le crois un « enfer humain ».
Je finirais en citant Cook lui-même, puisque Laura citait également les pionniers de l’aventure polaire dans son article : « The curtain of blackness which has fallen over the outerworld of icy desolation has descended upon the inner world of our souls. Around the tables, in the laboratory, and in the forecastle, men are sitting about sad and dejected, lost in dreams of melancholy from which, now and then, one arouses with an empty attempt at enthusiasm. »
Mais pour nous le soleil est revenu, et bientôt nous retrouverons nos foyers, nos amis, nos familles et nos vies, qui ne seront plus jamais les mêmes.

Eric Lotz

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