La science polaire n’est pas un long fleuve tranquille

Par Denis Delbecq • 6 mai 2009 à 9:54 • Categorie: A la Une
© Denis Delbecq

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Ils respirent, ou plus exactement, ils mangent enfin à leur faim. Les trois explorateurs britanniques partis dans l’Arctique il y a 65 jours pour mesurer l’épaisseur de la banquise, ont enfin reçu les vivres tant attendus. Un avion a pu se poser mardi près d’eux, avec onze jours de retard sur le calendrier en raisons de mauvaises conditions météorologiques et d’avaries de moteur.

La BBC raconte qu’en principe, les trois explorateurs avaient prévu des rations de 6000 kCal par jour pour être en mesure de travailler et vivre en plein air dans le climat polaire. Mais depuis une semaine, faute de ravitaillement, la ration quotidienne avait chuté sous les 1000 kCal. Et les trois comparses ont provisoirement abandonné toute activité scientifique, vivant dans ce que la BBC qualifie de «léthargie». Une nouvelle galère après la panne de leur radar qui a sérieusement réduit la moisson scientifique prévue. Mais bon, galère de luxe quand on connaît les conditions dantesques qu’ont connu les explorateurs polaires du début du XXe siècle… (1)

En principe, la mission devait durer jusque fin mai. Mais elle devrait être raccourcie d’une semaine, explique la BBC, en raison d’un impondérable: la glace qu’ils rencontrent est trop fine pour espérer poursuivre l’aventure sans risquer de finir à l’eau.

Sur le front des glaces polaires, les dernières données du Centre américain de la neige et de la glace (NSIDC) publiées le 4 mai montrent que la fonte de la banquise a été particulièrement lente au cours du mois d’avril. Les glaces de mer occupent aujourd’hui un niveau quasi-équivalent à la moyenne 1979-2000, loin de tout record. Mais le NSDIC a prévenu que la situation risque fort de s’inverser cet été. Car si banquise il y a, elle semble plus fine —et plus apte à fondre avec l’arrivée progressive du soleil— que jamais. C’est aussi ce qu’on constaté les trois explorateurs britanniques, même si une expédition à pied ne donne qu’une vision très localisée de l’état de la banquise.

• Le site de l’expédition Catlin Arctic Survey.

(1) Lire en particulier «L’odyssée de l’Endurance», du britannique Ernest Shackleton, l’un des plus beaux récits du genre.

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