2012, pour en finir avec les égoismes

Par Denis Delbecq • 26 décembre 2011 à 15:58 • Categorie: A la Une
© D.Dq

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Une drôle d’année qui s’achève… Après vingt-cinq ans de ronron, l’industrie nucléaire s’est réveillée avec la gueule de bois le 12 mars dernier. N’en déplaisent aux barons de l’atome, le visage énergétique des prochaines décennies en sera profondément redessiné puisqu’à l’exception de la Chine et l’Inde, plus personne ne croit sérieusement en l’avenir du nucléaire. Et surtout pas notre économie dérégulée, les fameux marchés où le profit immédiat pèse bien plus que le long terme. On peut le regretter ou pas, mais le nucléaire ne sera pas —il n’en a jamais été sérieusement question d’ailleurs— l’arme fatale contre le réchauffement climatique.

Une arme contre le réchauffement? Il n’y a plus grand monde pour s’en préoccuper, comme le sommet de Durban en a été une preuve éclatante (bien qu’attendue…) D’ailleurs, qui, en dehors de citoyens qui se sentent concernés tant qu’il ne s’agit pas de revoir leur mode de vie, s’intéresse vraiment à un avenir climatique qui promet plus de pauvreté et de souffrances chez ceux qui morflent déjà le plus? Aucun état, à vrai dire, puisque la seule chose qui préoccupe nos leaders est la quête d’une indépendance énergétique. En France, c’est la sauvegarde d’un fleuron de l’industrie, le nucléaire, qui s’exporte aussi bien que le Rafale, c’est dire. Avouez que c’est quand même bien plus important que les milliers d’emplois de proximité qu’on sacrifie en cassant l’élan du solaire et des économies d’énergie.

En Allemagne, le pari est osé et malin à la fois: le pays entend bien devenir le leader mondial de la dé-construction nucléaire (un marché d’avenir), et un exportateur de technologies vertes, comme il l’a déjà fait dans le solaire photovoltaïque et l’éolien. Ce n’est pas un hasard si la première centrale solaire géante africaine, dont la construction doit démarrer au Maroc dans quelques mois, sera pilotée par les allemands de Desertec. En attendant, on verra bien comme nos voisins allemand gèreront leurs émissions de gaz à effet de serre, qui avaient fait de grands progrès ces dernières années, progrès qui risquent d’être rapidement gommés par la sortie du nucléaire. Finalement, la seule bonne nouvelle de l’année est peut-être, ironiquement, le terrible séisme de mars dernier au Japon: en étant privé d’une part importante de sa capacité de production électrique, le pays a commencé de s’adapter à la pénurie, sans vivre l’effondrement économique que les apôtres de la consommation nous ont promis au cas où nous déciderions de privilégier la sobriété…

Allez, un peu d’optimisme… Imaginons que 2012 soit enfin l’année de la régulation des profits au profit de l’intérêt général, d’un véritable accès à l’eau et à l’énergie au sud, d’une vraie réduction de la précarité énergétique qui commence à gangréner nos sociétés prétendument riches, et de la disparition des intolérables intolérances qu’on voit germer à nouveau dans les discours politiques.

Bonne année à tous, et n’oubliez pas de voter!

 

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