Google, consommation géante d’énergie

Par Denis Delbecq • 12 septembre 2011 à 11:16 • Categorie: A la Une
© D.Dq

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On en sait un peu plus sur le poids d’internet dans la consommation mondiale d’énergie. Le géant Google a pour la première fois donné des indications sur la puissance électrique consommé par ses infrastructures: 260 MW, le quart de la puissance moyenne consommée par une ville comme Marseille, soit une consommation de 2,27 TWh (0,5% de ce qu’on utilise en France). 85% de la puissance tirée par Google sert à faire fonctionner ses milliers de fermes de calcul. Google affirme que 25% de sa consommation a été fournie par des énergies renouvelables, un chiffre qui pourrait monter à 30% cette année.

Pour la petite histoire, j’avais publié mes propres calculs dans un papier de Terra Eco paru en avril 2009. J’annonçais un chiffre de 1,75 TWh par an. Ce qui, compte-tenu de la croissance de Google, était pile dans la cible des données publiées il y a quelques jours par l’entreprise (les 260MW correspondent à 2,27 TWh). Comme quoi, les estimations sur le nombre de serveurs de la firme suffisaient à connaître sa consommation…

Fin 2008, une polémique avait éclaté entre Google et le Times, qui affirmait qu’une recherche sur internet revenait à émettre 7 grammes de CO2. J’avais calculé 6 grammes eq-CO2, et Google annonçait 35 fois moins. Ce qui revient, devinez quoi, aux 0,3 Wh d’électricité qu’annonce Google aujourd’hui, et montre qu’entre 2008 et 2010 son efficacité ne s’est guère améliorée.

Mix énergétique. De fait, le géant joue probablement sur les mots… Pour un internaute, faire une recherche sur internet revient parfois à cliquer dix, vingt fois, trente fois et donc à faire autant de requêtes, par exemple pour afficher les résultats suivants ou modifier des termes de recherche. Tandis que Google n’est pas très clair sur ce qu’il mesure… Bref, mon chiffre de 6 grammes de CO2 par visite semble bien être proche de la réalité. Il faut y ajouter une quantité équivalente rejetée par l’ordinateur de l’internaute (sauf en France, puis que le mix électrique émet nettement moins de carbone en raison de la prédominance nucléaire).

Selon un expert cité par Technology Review, Google possèderait 3% des centres serveurs de la planète. L’ensemble représenterait donc une puissance totale de 8500 MW (soient 74 TWh sur la facture). C’est probablement très au delà (5, 10 fois plus?), puisque Google semble beaucoup plus efficace que ses concurrents, comme semblent le montrer les calculs faits par l’entreprise sur son service de messagerie:  GMail serait 80 plus efficace que les messageries gérées en interne par les entreprises. Trois jours de You Tube équivaudraient, en termes de CO2, à la fabrication, l’emballage et le transport d’un DVD. Tandis qu’un an de Gmail consommerait moins que de fabriquer une bouteille, la boire, y glisser un message et la jeter d’ans l’océan… On a le sens de la formule, chez Google…

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