Le nucléaire, avenir du transport maritime?

Par Denis Delbecq • 29 novembre 2010 à 10:38 • Categorie: A la Une
Le brise-glace nucléaire russe Yamal © NSF

Le brise-glace nucléaire russe Yamal © NSF

La flotte de brise-glaces nucléaires russes ne chôme pas, a fait savoir récemment Atomflot, la firme qui gère les 6 brises-glaces (ainsi qu’un porte-container) nucléaires russes. Et Poutine a ordonné la construction de trois nouveaux navires d’ici dix ans. Le premier devrait être mis en service en 2016. Ces brise-glaces doivent permettre de développer les activités sur la route du Nord et le passage du Nord-Est, notamment pour l’exploration minière, pétrolière et gazière, et pour rejoindre les débouchés en Asie, sans se taper un tour du monde. Ils viendront remplacer plusieurs navires, qui doivent être désarmés au cours des prochaines années.

Cet été, un vraquier a transporté du minerai de fer de Norvège en Chine, en longeant les côtes russes. C’est la première fois qu’un navire de commerce n’arborant pas un pavillon russe (il était danois) franchit le Passage du Nord-Est, qui réduit de 40% le trajet entre le port de Mourmansk et la Chine. En plus, il n’y a pas (encore?) de pirates dans, l’océan Arctique, contrairement au Golfe d’Aden où ces derniers attendent les navires venus d’Europe par le canal de Suez.

Atomflot affiche déjà un carnet de commande presque complet pour la saison 2011, avec une quinzaine de demandes d’assistance à la navigation pour ses brise-glace nucléaires. D’ailleurs, les chinois ont passé un accord il y a quelques jours avec une compagnie russe de transport, pour développer les capacités de transport de pétrole vers la Chine, via la route du Nord.

Bien évidemment, tous ces transports ne seront pas neutres pour l’environnement. Outre le risque accru d’accident, les scientifiques craignent par dessus tout que les suies recrachées par les fumées des navires brûlant du fioul lourd ne se déposent sur la glace et accélèrent la disparition de la banquise arctique en été. Bien évidemment, il existe une autre solution: multiplier les navires propulsés à l’énergie nucléaire, qui sont dans l’air du temps. Un consortium vient d’ailleurs de ce former, pour étudier la faisabilité de création d’une flotte de commerce nucléaire. Il associe notamment la startup américaine Hyperion (1), le groupe britannique BMT, un armateur grec et la LLoyds, qui réévalue ses règles en matière de propulsion nucléaire. Le consortium se propose de fournir le design d’un navire de transport, propulsé par un réacteur nucléaire de 70 mégawatts.

Selon la World Nuclear Association, il existe 140 navires et sous-marins à propulsion nucléaire —soient 180 réacteurs— dans le monde. La Russie s’apprête à mettre en activité une centrale nucléaire flottante, pour alimenter ses régions isolées en électricité.

(1) Elle développe de petits réacteurs nucléaires.

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