Un capitaine écologiste arrêté par les baleiniers japonais

Par Denis Delbecq • 16 février 2010 à 11:09 • Categorie: A la Une
L'Ady Gil, avant de couler © Institute of Cetacean Research

L'Ady Gil, avant de couler © Institute of Cetacean Research

Ca chauffe dans l’océan Austral. Un militant écologiste de la Sea Shepherd Conservation Society est détenu à bord d’un navire de la flotte baleinière japonaise depuis quelques heures. Il s’était introduit clandestinement sur le Shonan Maru 2, chargé d’assurer la sécurité des baleiniers nippons.

Résumé de l’histoire. Le 6 janvier, le Shonan Maru 2 percute violemment l’Ady Gil, un trimaran futuriste à moteur sous pavillon de la Sea Shepherd. Un marin souffre de côtes cassées et le navire écologiste a coulé. Pour les japonais, il s’agit d’un accident, tandis que la fondation écologistes crie à la tentative d’homicide. Depuis plusieurs semaines, trois navires de Sea Shepherd harcelaient les navires japonais, qui chassent la baleine sous l’égide de l’Institute of Cetacean Research.

Il y a quelques heures, donc, en pleine nuit, un jet-ski s’approche du Shonan Maru 2. L’un des deux hommes à son bord part à l’assaut du navire japonais, déjoue les files anti-abordage et s’introduit sur le bateau. Le capitaine de l’Ady Gil entend ainsi conduire une «arrestation citoyenne» et présenter sa facture au commandant japonais. Une note de 3 millions de dollars, la valeur de l’Ady Gil, qui précise que faute de paiement sous quatre jours, la Sea Shepherd portera plainte pour tentative d’homicide sur les six membres d’équipage de l’Ady Gil. Il est désormais détenu sur le navire japonais, et pourrait bien y rester jusqu’au retour de la flotte au Japon, au printemps. On imagine que le séjour ne sera pas de tout repos. Il y a quelques jours, des militants de la Sea Shepherd avaient tenté de bloquer (de détruire?) le gouvernail et l’hélice du navire sur lequel il est détenu…

A Tokyo, une autre affaire de lutte contre la chasse à la baleine défraie la chronique. Deux militants de Greenpeace sont jugés pour le vol d’un carton de viande de baleine il y a deux ans. Ils avaient réussi à le subtiliser à son propriétaire, un marin de la flotte de chasse à la baleine, pour tenter de démontrer que sous couvert d’études sur les baleines, le Japon se livre à un véritable trafic. Les militants avaient été arrêtés après une conférence de presse de Greenpeace présentant l’affaire.

Il y a quelques mois, le Groupe de travail sur les détentions arbitraires de la Commission des droits de l’homme de l’ONU a adopté un Avis statuant que le Japon a violé à plusieurs articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Pendant 23 jours, ils ont été interrogés jusqu’à douze heures par jour, sans avocat et sans que les charges leur aient été officiellement signifiées. Aujourd’hui devant la justice, il risquent jusqu’à dix ans de prison. En revanche, les autorités ont rapidement classé sans suite la plainte de Greenpeace sur le trafic de viande.

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