A l’Est aussi, l’Antarctique aurait la fièvre

Par Denis Delbecq • 23 novembre 2009 à 10:33 • Categorie: A la Une
L'Antarctique vu par Radarsat © Nasa

L'Antarctique vu par Radarsat © Nasa

Il faudra encore le vérifier, mais l’est de l’Antarctique semble bien lui aussi touché par l’évolution du climat. Dans Nature Geoscience, une équipe de l’université du Texas estime que cette région du continent a commencé à perdre de la glace en 2006 (1). Au total, le continent Antarctique a livré 190 milliards de tonnes de glace à l’océan en 2006 (2), dont jusque un quart proviendrait de l’est. Des résultats obtenus par les instruments de mesure de la gravitation par satellite (Expérience Grace).

Jusqu’à présent, seul l’Ouest de l’Antarctique était considéré comme victime de débâcle des glaces. A l’Est, les observations donnaient un bilan plus incertain, la marge d’erreurs ne pouvant déterminer si le continent rejette de la glace vers l’océan, ou au contraire s’il en gagne. Ces nouveaux résultats publiés dimanche laissent penser que ce bilan serait bien négatif (57 milliards de tonnes de glace perdue), malgré la très forte marge d’erreur (52 milliards de tonnes). Bref, l’Est aurait perdu entre 5 et 109 milliards de tonnes, essentiellement dans les régions côtières. Le centre du continent, lui, connaît un bilan incertain, tant les évolutions (à la hausse ou à la baisse) sont faibles au regard des quantités observées sur les côtes.

Evolution des glaces de l'Antarctique e 2005 à fin 2008 © Université du Texas/Nature Goscience

Evolution des glaces de l'Antarctique de 2005 à fin 2008 © Université du Texas/Nature Goscience


De plus, dans l’une des deux régions où la glace s’accumule de manière notable, les chercheurs relèvent un net ralentissement depuis 2006. Le bilan pour l’ensemble du continent serait donc bien négatif: l’Antarctique maigrit et contribuerait plus qu’on le pensait à l’élévation du niveau des océans.

Il faut bien évidemment raison garder, car ces mesures sont entachées d’incertitudes importantes et portent sur sept années seulement. Mais si elles sont confirmées, elles éviteraient que l’Antarctique ne soit pris en otage dans la contestation de l’origine humaine du réchauffement. Après tout, dans un climat réchauffé à l’échelle globale, rien n’empêche que des régions du monde ne soient soumises à un refroidissement…

(1) Edition du 22 novembre 2009

(2) Entre 113 et 267 milliards de tonnes, compte-tenu de l’incertitude de mesure

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