Pour la faune, une frontière est une frontière

Posté le 21 nov 2009 dans la catégorie:A la Une. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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© Denis Delbecq

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Même sans murs, les frontières modifient les conditions de vie de la faune sauvage. Ce constat nous vient de l’Université de Haifa (Israël) , dont des chercheurs ont étudié la faune près de la frontière israélo-jordanienne. Et cette ligne toute virtuelle, du moins dans la nature —il n’y a pas de mur entre les deux pays— influe sur le comportement des petits animaux.

Rongeurs, serpents, araignées, scarabées et fourmis se jouent des grillages et des barbelés. Du moins en principe. Ainsi, dans la région d’Arava, on dénombre autant de serpents de part et d’autre de la frontière. Pourtant, côté jordanien, la biodiversité est plus grande que dans les mêmes sables d’Israël. Les gerboises « israéliennes » semblent de leur côté plus méfiantes que leurs sœurs jordaniennes. Quant aux fourmis lions, elles se sentent visiblement mieux du côté israëlien.

La raison n’en est évidemment pas politique. Ces différences proviennent des grandes différences de pratiques agricoles entre les deux pays, selon les chercheurs. En Israël, dans cette région, il y a de nombreuses grandes fermes, qui créent de facto une séparation physique pour bon nombre d’espèces, tandis que l’agriculture jordanienne de la région repose sur une culture très localisée et un élevage nomade. De plus, les renards sont plus nombreux en Israël, ce qui rend les gerbilles plus craintives. Quant aux fourmis, elles profitent de la protection accordée en Israël à la gazelle de Dorcas qui casse la croûte de sol pour se nourrir, et leur facilite la percée des tunnels… Si ça tombe, c’est d’ailleurs pour ça qu’il y a plus de renards!

Tout cela montre bien que les frontières —quand elles ne sont pas de larges fleuves— sont une invention bien humaine que le reste de la faune doit se contenter de subir. On fait bien des tunnels à grenouilles sur les autoroutes. A quand des coulées vierges de nature —et l’abolition des murs— dans toutes les régions frontalières de la planète pour permettre de généraliser les accords européens de Schengen à l’ensemble du règne animal?

Denis Delbecq

 

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1 Réponse pour “Pour la faune, une frontière est une frontière”

  1. Ratmanoff dit :

    et que dire des lignes TGV !, et autres autoroutes .. !

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