Et si on reprenait le dialogue?

L'une des quatre piscines de la Hague, où le combustible usagé est parfois stocké plusieurs années avant d'être retraité. © Denis Delbecq
L’une des quatre piscines de la Hague, où le combustible usagé est parfois stocké plusieurs années avant d’être retraité. © Denis Delbecq

Voilà plusieurs années qu’Effets de Terre était silencieux. Pour tout un tas de raisons, dont la première était le manque de temps, englué que j’étais dans la chasse à la pige, avec des journaux plus friands de sciences dures que de sciences de l’environnement.

Depuis quelques semaines, j’ai rejoint France Inter et sa Terre au Carré, avec une équipe formidable que j’ai la chance d’animer sous la houlette de Mathieu Vidard, pour me consacrer à mes premières amours, l’écologie dans une vision transversale, scientifique mais aussi économique, politique et sociétale.

Le temps restera rare, tant ce projet est prenant, puisqu’il s’agit d’une émission quotidienne (en semaine, de 13h30 à 14h30). D’autant que continuerai à collaborer avec quelques journaux, pour assouvir ma soif d’écrire sur les sciences. Mais maintenant que je suis replongé l’essentiel de mon temps dans les aventures de notre planète, je reviendrai autant que possible dans ces colonnes pour développer des informations qui me tiennent à cœur. Pour les autres sujets, ou ceux que je n’ai pas le temps de creuser plus avant, il y a aussi mon fil Twitter.

A très vite!

Denis Delbecq

Avis de censure assumée!

Ce n’est pas parce que je n’ai pas eu une minute ces derniers temps pour écrire dans ces colonnes, que je ne veille pas à la bienséance des lieux. Je suis très las de certains comportements à répétition, j’ai donc décidé de sévir: deux personnes —elles se reconnaîtront— devront désormais en passer par mes foudres jusqu’à nouvel ordre (la modération à priori). Je ne laisserai passer que des messages ne comportant aucune attaque personnelle. Et si j’ai trop à intervenir, ce sera le bannissement.

Il y a de la place pour le débat ici, parfois même animé. Mais aussi passionnées et passionnantes soient les questions évoquées ici, ce n’est pas une raison pour s’invectiver à longueur de journées.

A bon entendeur…

C’est con, un journaliste-blogueur

Tous les matins,votre serviteur se demande comment boucler la fin de mois. Parce que vivre comme journaliste freelance est devenu un véritable sacerdoce, malgré les jours et les nuits passés au travail. Articles de plus en plus courts, piges de plus en plus faibles… Et le blog, ce sont des dépenses sans recettes. Ce matin, j’ai reçu un mail d’une firme de petits malins, Buzzea. Le titre est alléchant. «Vendez vos articles aux annonceurs entre 30 et 1500 euros.» Bon sang, mais c’est bien sûr… Trop con, je suis.

Une petite visite sur le site… Pour découvrir, dixit la bande annonce qui défile, que plus d’un millier de blogs et webzines publient des articles sponsorisés via Buzzea. C’est vachement facile: on s’inscrit gratuitement, on reçoit une proposition de campagne et on écrit l’article. Ensuite, après que l’annonceur a validé le contenu et ajouté ce qui lui chante, on publie et hop, l’argent coule à flot. Trop fort! Le prix? Entre 30 et 1500 euros l’article. «Il est calculé par Buzzea, en fonction de votre audience, votre influence et d’autres paramètres.»

L’influence d’Effets de Terre? Stratosphérique, pensez-donc. 12000 à 15000 visiteurs chaque mois, triés sur le volet. Que du beau linge, journalistes, chercheurs, avocats, ingénieurs… (1) Ça doit se monnayer cher. La prochaine fois que vous voyez un papier qui vante un marchand de tapis dans ces colonnes, vous saurez que je suis désormais installé à l’ombre de palmiers, les pieds dans l’eau.

(1) A propos d’influence… Il y a une drôle de règle que je constate tous les mois. A chaque fois que son audience mensuelle baisse, Effets de Terre grimpe dans le «Top des blogs» environnement de Wikio, et inversement! C’est ça la magie d’internet: moins t’as de lecteurs, plus t’es influent…

L’accès à Effets de Terre parfois ralenti

Depuis quelques jours, l’accès au site Effets de Terre est fortement ralenti par intermittence. Deux problèmes ont été identifiés, le premier m’ayant été signalé par mon hébergeur, Infomaniak, après qu’il a remarqué un trafic inusuel: il y avait une faille de sécurité dans certaines pages, repérées par des «pirates» qui tentaient d’accéder aux bases de données du site par une technique appelée «injection SQL». J’ai donc corrigé ce «trou» de sécurité cette nuit.

Mais un second problème s’est superposé, qui laisse penser qu’Effets de Terre est peut-être victime d’une attaque par Denial of Service, bien que cela paraisse absurde. Quel intérêt en effet à bloquer un upsilon de l’internet… Reste qu’il y a depuis deux jours des requêtes «suspectes» jusqu’à dix fois plus nombreuses que le trafic normal. D’après ce que j’ai pu découvrir, ces requêtes émanent d’ordinateurs du service de «cloud computing» d’Amazon.com, que j’ai donc contacté. En attendant qu’une solution soit trouvée, toutes mes excuses pour d’éventuels désagréments.

[MAJ 6/1/2001 @21:56] Amazon a contacté les utilisateurs concernés pour leur demander de cesser leurs activités «abusives» et annonce «une enquête». Sachant que mon dossier affiche un numéro à onze chiffres… quelques doutes sur son efficacité.

[MAJ 12/1/2001 @13:21] Pas de nouvelles d’Amazon, mais les connexions intempestives ont cessé depuis 24 heures. Signe que ma démarche a payé.

La censure sur Effets de Terre, une première

Pour la première fois, depuis cinq années d’existence d’Effets de Terre, j’ai du interdire de commentaires l’un des visiteurs de ce site. David C. avait une première fois, à une heure où il ne fait pas bon mettre un blogueur devant son écran, balancé une profession de foi douteuse d’un parti politique qui ne l’est pas moins. Mais là n’est pas le sujet. Après mon intervention, ciseaux en mains, ce qui est rare —même mes « adversaires » reconnaissent ma capacité à laisser les débats ouverts—, David C. a remis le couvert, profitant du dîner que je partageais avec mes grands enfants. J’avais déjà du faire des rappels à l’ordre dans ces colonnes, mais jusqu’à présent tout était rentré dans l’ordre.

Aussi, et que cela serve de leçon à tous, j’ai bloqué l’accès aux commentaires à David C. pour une semaine, le temps pour lui de méditer les us et coutumes de l’internet. Je le redis ici, j’ai l’esprit large et j’accepte toutes les opinions (à condition qu’elles respectent les principes élémentaires du débat et n’incitent pas à la haine). Mais de grâce, Effets de Terre n’est pas le réceptacle de tracts de partis politiques, quels qu’ils soient. Et j’appliquerai cette même règle aux contrevenants: avertissement, puis coupure de sept jours, et enfin coupure définitive s’il le faut…

Blogueurs, l’heure est venue de résister!

© Denis Delbecq

© Denis Delbecq

Il y a presque dix ans, j’avais été convié par l’un de mes complices d’alors Marc Laimé (1) à venir raconter dans un colloque le quotidien d’un journaliste « en ligne », fraîchement débarqué que j’étais par une direction du Monde.fr qui me reprochait d’avoir refusé de travailler pour le compte d’un annonceur. Marc, à l’époque, pourfendait avec son éternel talent les subtiliseurs de contenus —dont la star était Net2One pour ceux qui ont de la mémoire— comme il le fait aujourd’hui avec les suceurs de portefeuille qu’on appelle parfois distributeurs d’eau.

Ce long préambule pour vous faire comprendre ce qui va suivre. Alors que dans les années quatre-vingt-dix, les agrégateurs de contenus imaginaient faire leur beurre sur le dos des journaux en ligne, l’explosion du phénomène « blog » dix ans plus tard a conduit d’autres petits malins à tenter de s’engraisser sur le dos des internautes. La première étape a été franchie il y a une paire d’années, c’est le principe du billet sponsorisé. Tu dis du bien de la dernière maison en préfabriqué de tel ou tel, et hop, tu encaisses un chèque.

On a dit du capitalisme que c’était l’exploitation de l’homme par l’homme; par la suite, la mode des fameux échanges « trafic contre contenu » a repris la balle au bond (2); on pourrait dire aujourd’hui que le «Web 2.0» est la forme la plus aboutie de cette tragique exploitation de l’homme par l’homme. Mais dans ce cas, que dire de cette proposition que j’ai reçue d’un certain Thomas Bourbon, qui n’a pas daigné dire pour qui il travaille? Je vous en livre quelques extraits.

«A la rentrée 2009 sera lancé un journal gratuit non polluant imprimé sur du papier FSC sponsorisé par la WWF, au sein duquel l’environnement occupe une large place. Ce journal a pour vocation de publier exclusivement des articles issus des meilleurs blogs traitant de ce sujet, et vous en faites partie.

Ce journal met tout en oeuvre dès aujourd’hui pour avoir une empreinte environnementale neutre, ce qui est une première dans le domaine de la presse écrite.

En nous permettant d’imprimer certains de vos billets parmi nos colonnes, vous vous assurez une visibilité accrue auprès d’un public qui ne vous connaissait pas forcément. Nous élargissons votre audience et vous exposons donc davantage.

Nous respectons vos droits d’auteur, et plus particulièrement votre droit moral: aucune modification de vos articles ne sera faite, votre droit à la paternité sera respecté.»

Je passe sur la notion de « journal gratuit non polluant », qui m’a fait sourire. Je passe aussi sur la mention du WWF en guise de caution verte. Les responsables de cette ONG apprécieront ce détournement.

Ce monsieur, donc, propose aux blogueurs de fournir leur contenu, gratuitement s’entend, pour améliorer leur audience. Le tout serait imprimé dans un torchon « Environnementalement neutre », financé par… ce n’est pas dit. Un mécène? l’occupant de l’Elysée? Le Zitrone de la Culture, né Mitterrand? Le philosophe-actionnaire-mondain de service, alias notre BHL national? Nada. Je vous parie ma chemise que ce machin qui n’a pas de nom fera son beurre en vendant des encarts à des marchands de soupe.

Amis de la toile, résistez à la tentation de voir votre prose imprimée. Rappelez à ce monsieur qu’un gratuit de papier donne beaucoup de travail aux ouvriers de voirie qui ont franchement d’autres saletés à ramasser (3). Vivez votre passion et votre liberté avec acharnement, encore et toujours. Mais rappelez sans cesse aux voleurs de tous poils qu’il existe un droit de citation; que  respecter le droit d’auteur, c’est le rémunérer! A quand un Hadopi 3 de la protection des proses internautes?

NB. Ne manquez pas de vous informer sur le combat que mènent les photographes contre la fameuse mention «DR», qui cache de plus en plus le recours à des photos de lecteurs. Supprimons les photographes et les journalistes —c’est ce dont rêvent les patrons de presse— et la démocratie aura perdu.

(1) Qui anime l’excellentissime Eaux glacées du calcul égoïste.
(2) L’an dernier, on m’a proposé ce type d’accord, pour un « gros site » méconnu (un machin pour ingénieurs, mille fois plus important qu’Effets de Terre).
(3) Il n’y a qu’à voir dans les grandes villes les lieux de distribution de Metro, 20 minutes, Direct machin et j’en passe pour se faire une idée.

La Recherche se met au blog

A noter une excellente initiative de mes confrères de la Recherche. La rédaction du mensuel a en effet ouvert en décembre un blog collectif qui lui permettra de livrer des informations plus vite, ou de combler le manque de place dans le magasine de papier. Un blog qui vient compléter les notes de lecture des journalistes.

• Le blog de la Recherche.

Un site vit par ses lecteurs, la preuve par Effets de Terre

La recherche ce matin d’un vieux commentaire de miniTAX m’a replongé dans le cambouis qui m’aide à faire tourner Effets de Terre. J’en tire quelques statistiques. De janvier 2005 à juin 2007, le blog était hébergé sur le site de Libération. J’avais signé 184 articles, qui avaient suscité 2198 commentaires. En juillet 2007, j’ai quitté Libé et lancé effetsdeterre.fr. Depuis, le dispositif antispam que j’ai installé a rejeté 10742 messages indésirables, soit une moyenne de 156 par semaine… J’en ai enlevé une petite vingtaine à la main.

Depuis seize mois vous avez pu lire 613 articles (soit 9 par semaine) et vous avez écrit 2539 commentaires. Bref, moi j’écris beaucoup plus, et vous beaucoup moins souvent qu’avant… Mais si on tient compte de la longueur des commentaires, votre prose a fait un sacré bon en avant. Vous avez écrit presque trois fois plus long que moi (n’est-ce-pas Tilleul?). Bref, ce blog est bien le vôtre autant qu’il est le mien. Et j’en apprends beaucoup en vous lisant. Merci!

Echo-Echos reprend la plume

Voilà presque un an, Isabelle Delannoy décidait de faire une pause, et de mettre en sommeil son blog Eco-Echos. Une parenthèse nécessaire pour lui permettre de travailler sur le scénario du film Home de Yann-Arthus Bertrand, qui sortira le 5 juin 2009, et sera notamment diffusé gratuitement sur Internet. Isabelle, que je ne connais pas, si ce n’est par sa plume, a décidé de la reprendre. Et c’est une bonne nouvelle! Je vous conseille en particulier son billet du 7 septembre, un résumé de ses impressions sur l’année écoulée. Et une réflexion juste sur l’évolution de la blogosphère « verte », qui évolue peu, et se contente souvent d’aborder le « consommer éthique » plutôt que de réfléchir au « consommer essentiel ».

Un blog de haute-volée pour le développement

l est des initiatives heureuses. Je reçois un mail à l’instant de la Conférence des Nations-unies pour le commerce et le développement (CNUCED) m’annonçant la création d’un blog sur le développement, qui ouvrira ses portes le 21 octobre.

Ideas4Developpement (1) permettra aux internautes de lire, et de dialoguer, avec des grosses huiles des grandes organisations internationales. Et le casting est alléchant, jugez plutôt:

Kemal Dervis (Administrateur du Programme de développement des Nations-unies), Abdou Diouf (Secrétaire général de l’Organisation de la francophonie, Donald Kaberuka (President de la Banque africaine de développement), Pascal Lamy (Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce), Supachai Panitchpakdi (secrétaire général de la CNUCED), Jean-Michel Severino (Agence Française de Développement) et Josette Sheeran (Programme alimentaire mondial).

S’ajouteront à cette liste des contributeurs invités, membres d’ONG (Oxfam, Care, WWF), des scientifiques, etc.

Une distribution qui promet de formidables débats!

(1) Idées pour le développement