Le Bisphenol A est bien mauvais pour la santé

Par Denis Delbecq • 27 septembre 2011 à 12:21 • Categorie: A la Une
© D.Dq

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Cette fois les industriels qui utilisent du bisphenol A (BPA) ne pourront plus faire l’autruche. L’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a rendu public un rapport aujourd’hui qui ne laisse plus de doute. L’Agence conclut à l’existence d’effets avérés chez l’animal et suspectés chez l’homme, même à de faible niveaux d’exposition. Au point que l’Anses va transmettre ses conclusions à l’Autorité européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA), pour examiner la pertinence d’une révision des doses d’exposition de référence, qui ne permettraient pas de protéger efficacement la population, et notamment les enfants et les femmes enceintes.

Concrètement, le BPA est suspecté de plusieurs effets délétères chez l’humain: atteinte à la fertilité féminine, pathologies cardiovasculaires et diabète. Chez l’animal, certains effets sont avérés: avancement de l’âge de la maturité sexuelle, lésions sur les glandes mammaires, alteration de la production de sperme, etc.

Dans son double rapport, l’Anses a dressé une liste des produits susceptibles de contenir du BPA (ce qui ne veut pas dire que tous en contiennent!). On y trouve bien évidemment les produits en polycarbonate, puisque le BPA sert à le fabriquer: CD, DVD, lentilles, verres de lunettes, vaisselle et biberons, appareils d’électroménager (micro-ondes, bouilloires, sèche-cheveu), des appareils à vocation médicale (dyaliseurs, oxygénateurs de sang, respirateurs, etc.), des articles de sport, des équipements automobiles, revêtements plastiques de sol, canettes et boites de conserve, encres et papiers thermiques (notamment des tickets de caisse) et de nombreuses résines… bref, un véritable inventaire à la Prévert.

Désormais, la balle est dans le camp des autorités sanitaires, qui devront déterminer les produits les plus susceptibles de contaminer la population, et surtout peut-être les personnes qui interviennent dans la fabrication de ces produits. Et des industriels qui devront rapidement trouver autre chose, notamment pour protéger canettes et boites de conserve de la corrosion. L’Anses a lancé un appel à contributions, pour trouver des produits de substitution.

Pour en savoir plus

L’article très complet publié par le Monde
• Le rapport de l’Anses sur l’impact du BPA sur la santé (la liste des usages et produits démarre à la 345e page du document)

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