Une tente, des drones, un bouchon de fuite… inventaire du jour à Fukuskima

Posté le 7 avr 2011 dans la catégorie:A la Une. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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Après une journée de pause pour décontaminer mes neurones, voici un état des lieux de la situation provoquée par l’accident nucléaire japonais.

© Forces japonaises d'autodéfense

© Forces japonaises d'autodéfense

Le navire Tepco a retrouvé son capitaine. Porté pâle depuis le 13 mars dernier, le PDG du groupe a repris ses activités. Officiellement, il a été victime de surmenage.

La grosse fissure constatée il y a plusieurs jours dans un puisard lié au réacteur 2, qui libérait une eau très contaminée dans l’océan Pacifique, a été colmatée mercredi, avec un cocktail incluant du silicagel. Un signe qui ne trompe pas: le niveau de l’eau dans les sous-sols du réacteur 2 a recommencé à grimper.

6000 tonnes d’eau peu radioactive ont d’ores et déjà été volontairement rejetées à la mer, un peu plus de 4000 vont suivre. Les liquidateurs vident un réservoir, ou sera ensuite entreposée l’eau hautement contaminée qui se trouve dans les sous-sols de trois réacteurs, avant qu’elle soit transférée sur une citerne en mer. Pour donner un élément de comparaison, le site d’information Ashai rappelait hier que 10 litres d’eau du sous-sol du réacteur 2 pèsent autant de radioactivité que 10 000 tonnes de l’eau en cours de rejet. Ça nous fait environ 17 milliards de becquerels par litre de soupe qui stagne au fond du bâtiment du réacteur 2.

La radioactivité semble avoir touché le milieu aquatique. Une coopérative de Kita-Ibaraki a conduit une pêche expérimentale à 70 km de la centrale. Cinq poissons affichaient 4080 becquerels par kilo pour l’iode, et 447 Bq/kg pour le césium 137 (la norme pour la consommation est de 500 Bq/kg au Japon pour le césium). Ailleurs, du poisson a été flashé à 527 Bq/kg de césium. Aucune pêche commerciale n’est conduite sur les côtes proche de la centrale, en raison de l’évacuation et de la destruction des flottes par le tsunami. Aujourd’hui (7 avril), le gouvernement japonais a décidé de fixer une limite sanitaire sur l’activité de l’iode radioactif dans la chair de poisson à 2000 Bq/kg. Il n’en existait pas jusqu’à ce jour.

L’organisation mondiale de la santé a commis un gros impair. Pendant deux jours (23 au 25 mars), le site de l’OMS affirmait que des produits alimentaires de la préfecture de Nagano dépassaient les normes sanitaires, provoquant un embargo temporaire dans certains pays.

L’injection d’azote a commencé dans l’enceinte de confinement du réacteur numéro 1. Ce gaz inerte est destiné à chasser les autres gaz qu’elle pourrait contenir, et en particulier de l’oxygène, susceptible d’exploser en présence d’hydrogène provenant de la cuve du réacteur. L’opération d’injection doit durer six jours. Elle pourrait ensuite être conduite sur les réacteurs 2 et 3.

• Interrogé par Kyodo, un employé de Tepco a refusé d’indiquer la dose de contamination qu’il a subi depuis le début de l’accident. «C’est ma vie privée», a répondu le quadragénaire, qui est resté la plupart du temps enfermé dans un bâtiment. 21 personnes ont reçu une dose supérieure à 100 mSv sur le site de la centrale. Les liquidateurs (700 personnes) recoivent désormais trois vrais repas quotidiens. Les premier jours de l’accident, ils ne disposaient que de biscuits et de riz sec.

Les habitants évacués autour de la centrale devraient prochainement être autorisés à retourner chez eux temporairement, le temps de récupérer quelques affaires. Mais les autorités envisagent très sérieusement d’élargir le rayon d’évacuation de 20 à 30 kilomètres.

Des tentes géantes pourront être construites dès septembre pour isoler les bâtiments de l’environnement, selon une source proche du gouvernement japonais. De gigantesque bâches, équipées de filtres pour laisser passer l’hydrogène et capter les poussières radioactives pourraient être fabriquées à partir de juin.

L’accident devrait être classé six, sur l’échelle internationale INES, selon le directeur du Comité scientifique sur l’effet des radiations atomiques des Nations-Unies (UNSCEAR). Il fait le même raisonnement que les autorités de sûreté nucléaires françaises: l’accident est nettement plus grave que Three Mile Island (classé 5) et nettement moins que Tchernobyl (classé 7). Il ne reste donc que le 6… que Tokyo se refuse pour l’instant à évoquer. Les autorités nucléaires de l’archipel ont d’abord classé l’accident au niveau 4, avant de se raviser et de fixer le niveau 5.

• A ce rythme, il y aura bientôt une armée de gros insectes robotisés à fureter au dessus de la centrale. Trois drones hélicoptères équipés de capteurs de radiations et d’imageurs infrarouges doivent quitter Paris. Un drone (avion celui-là) américain devrait rapidement rejoindre le site pour y effectuer des relevés. Y-a-t-il un contrôleur aérien dans le personnel de Tepco?

Sources utilisées pour cette compilation

Ashai.com

NHK

Kyodo

Denis Delbecq

 

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22 Réponses pour “Une tente, des drones, un bouchon de fuite… inventaire du jour à Fukuskima”

  1. romu dit :

    A Lire certains commentaires des fils précédents, c’est pas grave, y a pas de mort. Par contre de rentre tout un territoire impropre à la vie, c’est pas grave non plus j’imagine.

    • toxymoron dit :

      euh, c’est moins d’actualité, mais on n’a pas cessé de rendre toute la planète impropre à la vie (dans les dernières dépêches: ce printemps connaît un trou d’ozone au pôle Nord, la grande Barrière d’Australie aura disparu d’ici dix ans, 2010 a battu tous les records de cataclysmes climatiques …)

    • BMD dit :

      Romu, expliquez-nous plutôt, sur une base rationnelle et non émotionnelle, comment cet accident va rendre tout un territoire impropre à la vie ( humaine je suppose?), et quelles sont les dimensions du territoire dont vous parlez..

  2. miniTAX dit :

    « rentre tout un territoire impropre à la vie, » pouahhhh, et puis quoi plus ???

    Une vidéo de fermiers de Fukushima qui font la promo leurs produits au centre de Tokyo pour contrer la propagande médiatique, avec compteurs Geiger à l’appui : http://www.dailymotion.com/video/xhzzfy_fukushima-foodz_webcam
    Bizarre que les fraises et les choux « d’un territoire rendu impropre à la vie » font un tabac chez le consommateur. Les Japonais ne s’informent pas chez l’AFP et BFM TV ou quoi ?

    Mais visiblement, ce genre de fait, ça ne réjouit pas du tout les catastrophistes, on se demande bien pourquoi…

    • Tilleul dit :

      Oui, c’est d’ailleurs possible de voir des gens en Ukraine se servir d’un compteur geiger pour vérifier les légumes qu’on leur propose dans les marchés mais franchement, c’est quand même pas l’instrument de cuisine le plus funky à mettre dans son trousseau de mariage… Vous avez vraiment envie de vivre dans un drôle de monde…

      En attendant, on ne peut pas laisser les fermiers rentrer dans le périmètre de la centrale tant que la situation n’est pas stabilisée à moins de vouloir courir le risque d’un nouveau Bhopal et ils ne vont pas se mettre à planter sur des sols dont la contamination continue à augmenter…

      http://www.bloomberg.com/news/2011-03-28/fukushima-farmers-might-abandon-rice-planting-in-soil-tainted-by-radiation.html

    • Robert dit :

      Mon petit minitaxou

      Faites nous donc une traduction de ce qui est dit dans cette vidéo. je suis impatient de vous écouter.

      • Robert dit :

        Minitax,

        comme je sais que vous ne me donnerez pas la traduction de la vidéo, je vais le faire. Ces paysans dont l’un d’eux se nomme Masaichi Mimura viennent de Shirakawa. Shirakawa (celle située dans la préfecture de Fukushima car il y en a deux) se trouve à voel d’oiseau à environ 100km au sud ouest de Fukushima daiichi (situé sur la comune d’Okuma). Ils ont donc apporté divers produits dont du riz (récolté l’année dernière) et concombres tomates et fraises qui sont majoritairement cultivés sous serre en cette saison. Il faut savoir que la découverte de légumes contaminés à créé une peur légitime chez les japonais très stricts sur le niveau sanitaire de leur alimentation; d’ailleurs du riz de l’annéee dernière venant de Fukushima n’a pas trouvé preneur

        En aucun cas cette vidéo ne peut être prise pour preuve de la non contamination de la zone située dans les 20 à trente kilomètres autour de la centrale. Une fois de plus vous faites dans le grand n’importe quoi

        • miniTAX dit :

          @Robert,
          J’ai montré la vidéo pour dire que le « tout un territoire impropre à la vie » balancé par le nucléophobe de passage, c’est de la pure bouffonnerie. Je n’ai jamais dit à aucun moment qu’elle serait « la preuve de la non contamination dans la zone d’évacuation », encore une fois, tu démontres ton degré aigu d’analphabétisme et ta bêtise crasse. Mais venant d’un serial-bobardeur, qui n’hésite pas à affabuler avec les pires stupidités alarmistes, du genre, « la zone d’évacuation de 20km a été élargie à 30km, preuve que la situation s’aggrave », quelle surprise !

          Au passage, fais gaffe de ne pas te faire passer pour un apologiste du nucléaire, en sous-entendant que les serres en plastique préservent les légumes de la contamination radioactive de l’air ET de l’eau alors que c’est sensé être dans « tout un territoire impropre à la vie », tu risques de te faire excommunier de l’Eglise du Jugement Nucléaire Dernier.

          Quant au fait que le riz de Fukushima n’ait pas trouvé preneurs (en faisant l’hypothèse extrême que ce n’est pas un autre bobard sorti de ton chapeau) alors qu’il a été récolté … l’année dernière, ça prouve bien la dangerosité de la radioactivité, en effet, ça traverse tout, même le temps, warf, warffff.

          • Robert dit :

            Minitax

            Vous avez mis cette vidéo sans savoir de quoi il retourne en fait de bobardeur vous vous posez là .

            Comme disait Brassens (légèrement modifié par ma pomme) quand on naît con on est con. C’est con mais quand on l’est, c’est à vie. Je vous plains mon petit Minitax.

        • Denis Delbecq dit :

          Robert et miniTAX, votre langage commence à devenir lassant.

  3. Robert dit :

    oups…gomen nasai

    Atama ni kuru. Mi kara deta sabi

  4. miniTAX dit :

    Un journaliste est allé voir dans la zone d’évacuation avec un compteur Geiger (là où il y a « mille corps abandonnés », par peur de contamination) : beaucoup d’animaux errants, 100 uS/h à 1,5 km de la centrale, et toujours pas de vache à 3 cornes ou de chiens fluorescents, ni de carottes géantes :
    http://www.youtube.com/watch?v=PhS3POUalNI&feature=player_embedded

      • miniTAX dit :

        Alors comparer les quelques uSv/h à quelques km de la centrale de Fukushima maintenant à quelques mSv/h (1000x plus) dans la ville de Tchernobyl même 20 ans après l’accident, c’est vraiment de l’escroquerie intellectuelle.

        Mais c’est vrai que le sens des proportions pour un nucléophobe, c’est comme de l’ail pour un vampire, c’est bio-incompatible.

    • Robert dit :

      Oui c’est peu 112 µs/h. A cette dose il ne faut que 17 jours pour atteindre la dose annuelle maximale admise pour un travailleur du nucléaire. Quel sera le taux dans 6 mois?

      • miniTAX dit :

        112 uSv/h c’est à 1,5 km pile au sud de la centrale (dont on voit les cheminées derrière la butte de terre).

        C’est la valeur max trouvée par le journaliste mais les valeurs les plus souvent rencontrées, c’est quelques uSv/h à quelques km. Ce qui veut dire que les gens peuvent dès maintenant revenir dans 95% de la zone d’évacuation sans courir plus de risque que les habitants de Ramsar, du Kerala ou de Guarapari
        (surnommé « ville de la santé », où les gens viennent s’envelopper dans du sable radioactif pour soigner leur rhumatisme !).
        Tu es obligé d’exagérer en faisant du cherrypicking avec la valeur max parce que tu as zéro argument crédible !

        Et ça ne change rien au fait que la radioactivité dans la zone est dès maintenant mille x plus faibles que celles mesurées à Tchernobyl même 20 ans après l’accident, tu parles d’une « apocalypse nucléaire » !

        • Robert dit :

          «  » » »Ce qui veut dire que les gens peuvent dès maintenant revenir dans 95% de la zone d’évacuation sans courir plus de risque que les habitants de Ramsar, du Kerala ou de Guarapari
          (surnommé « ville de la santé », où les gens viennent s’envelopper dans du sable radioactif pour soigner leur rhumatisme !).
          Tu es obligé d’exagérer en faisant du cherrypicking avec la valeur max parce que tu as zéro argument crédible ! » » » »

          Si j’ai un argument crédible, personne ne sait comment va évoluer la situation le personnel de TEPCO risque sa vie pour empêcher que cet accident tourne à la catastrophe, rien n’est sous contrôle pour le moment. Je te signale quand même qu’il y a toujours des fuites radioactives.

          Te te coupe définitivement le son cette fois, anata wa manuke desu.

    • miniTAX dit :

      Déjà, un article qui pond des débilités flagrantes du genre « Les rejets radioactifs continuent » ou « au moins 19 travailleurs ont été blessés par irradiation », ou « M. Kohno s’attend à travailler dans l’unité de contrôle de la centrale, où il devrait recevoir, chaque heure, la dose de rayonnements qu’une personne reçoit en moyenne en une année », c’est directement poubelle.

      Mais visiblement, avec les obscurantistes, plus c’est gros, mieux ça passe. Du moment que ça raconte ce qu’ils ont envie d’entendre…

  5. BMD dit :

    DdQ, je vois que vous proposez un mode de calcul de l’empreinte CO2 d’un m2 de granite d’importation. Pouvez-vous calculer son empreinte radioactive et le débit de dose correspondant? Aux Etats-Unis il paraît que l’on aime bien utiliser du granite comme évier de cuisine ou comme élément décoratif, mais que certaines ménagères ont pris peur quand on leur a expliqué que le granite était radioactif (uranium 238 pricipalement, demi-vie de 4 millards d’années environ.

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