Pot pourri pas si pourri

Par Denis Delbecq • 30 décembre 2010 à 17:40 • Categorie: L'idée

Prévoir le sale temps, une question d’argent
Z’auriez pas dix millions pour une armée de chercheurs fauchés? Dans une interview accordée à Nature News, la patronne du Met Office se plaint de manquer de moyens de calculs. Pour faire de la prévision saisonnière et climatique décennale, il faudrait multiplier sa puissance informatique par quatre. Une bagatelle, question pécuniaire, puisqu’elle évalue ses besoins supplémentaires dans une fourchette de 10 à 20 millions de livres sterling.

Trois records pour un avion solaire
Le vol a eu lieu en juillet, mais il n’a été homologué qu’il y a quelques jours par la Fédération aéronautique internationale. L’avion solaire Zephyr a volé non stop pendant plus de 336 heures, plus de 14 jours (record toutes catégories pour un avion autonome et sans pilote, et record pour les engins moins de 500 kg), grimpant jusqu’à l’altitude record de 21562 mètres. Construit par la firme de défense britannique QinetiQ, le Zephyr pèse environ 53 kilos, pour une envergure de 22 mètres. Il est alimenté par des cellules solaires qui alimentent deux moteurs électriques, et rechargent —pour la nuit— des batteries lithium-Soufre à haute capacité. L’avion peut embarquer 2,5 kg de charge utile. Signe particulier, il se lance à bout de bras (musclés)…

Un bidasse volant en construction
Face aux efforts de QinetiQ pour faire voler un petit avion autonome, le Département américain de la Défense n’oublie pas qu’il doit se sortir du bourbier Afghanistan. Il espère donc déployer cette année son premier LEMV, un dirigeable autonome (une future version sera pilotable), capable de porter un arsenal de capteurs (radar, caméras, détecteurs de mouvement, etc). C’est un dirigeable à portance hybride: il associe celle de l’hélium, la portance de sa structure une fois sa vitesse acquise —à la manière d’une aile—, et pour le décollage, la poussée de ses moteurs orientables. Le DoE espère une autonomie de trois semaines en carburant, avec 1,2 tonnes de charge utile maximale. Le tout en volant à 6000 mètres d’altitude. Mais contrairement au Zéphyr, il polluera puisqu’il brûle du gazole. Si vous préférez les dirigeables pacifiques et non polluants, je vous invite à lire ce papier que j’ai écrit récemment et que La Recherche a mis en ligne la semaine dernière.

Des panneaux solaires qui marchent la nuit
Non, l’aiguille de mon éthylomètre est bien à zéro, vous avez bien lu. Il y a des allumés qui espèrent faire des capteurs solaires capables de fonctionner 24h/24. Explications. Presque la moitié de l’énergie solaire nous arrive sous forme de rayonnement infrarouge, qui échappe aux techniques de conversion en électricité. D’où l’idée de faire des panneaux capables de collecter ce rayonnement, non plus à l’aide de cellules photovoltaïques, mais d’antennes aux dimensions nanoscopiques, adaptées aux différentes couleurs à capteur (uv, visible, infrarouge). A l’Idaho National Lab, plus connu pour ses recherches sur le nucléaire que le solaire, une équipe affirme que ses nanoantennes pourraient capter jusqu’à 84% des rayons infrarouges qu’elles reçoivent. Bon, ce n’est pas demain la veille puisque les chercheurs ne captent pas encore le proche infrarouge. De plus, le courant produit est alternatif, aussi rapide que la fréquence de la lumière captée, et la conversion en courant continu n’est pas une sinécure. Mais avouez que ces panneaux seraient épatant puisqu’il suffirait de les orienter face au sol pour capter le rayonnement terrestre nocturne.

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