Les bons et mauvais côtés de la défaite

Par Denis Delbecq • 4 novembre 2010 à 15:38 • Categorie: A la Une
Paris, rue des Pyrénées.

Paris, rue des Pyrénées.

C’est dingue ce qui se passe quand on a le dos tourné. Prenez par exemple les deux défaites survenues au cours de ces derniers jours: Allègre désavoué par ses amis de l’Académie des Sciences, et Obama par ses électeurs.

Je vous ai quelque peu abandonné ces dernières semaines, occupé à gagner ma croûte et à préparer un projet qui me tient à cœur et dont je vous parlerai bientôt. Bref, j’ai consacré mon temps ces deux dernières semaines, aux découvertes sur le cancer, à la physique fondamentale, et à quelques joyeusetés climato-environnementales, le tout mâtiné de longues heures de programmation. Et voilà que j’émerge, en me plongeant dans tout ce que j’ai raté. Ça décoiffe…

Je passerai vite sur la défaite d’Obama. Après tout, comme je l’avais écrit la veille de son élection, démocrate ou républicain, c’est blanc-bonnet et bonnet-blanc dès qu’on aborde l’épineuse question du climat. Bref, la loi climat n’est pas passée, elle ne passera plus, et les élus démocrates n’ont pas été les derniers à savonner la planche de l’administration Obama ces derniers-mois. Et à Cancun, nos drôles d’alliés états-uniens continueront leur entreprise de sabotage comme ils l’avaient fait à Copenhague.

Sur le front du climat, ou plus exactement des climato-sceptiques, il y a eu deux belles réjouissances. D’abord la parution du passionnant bouquin de mon confrère Stéphane Foucart, dont je vous parlerai prochainement. Et puis le rapport de l’Académie des sciences sur le climat. J’avais longuement discuté de cette folle journée à huit-clos qui s’était tenue le 20 septembre dernier dans la vénérable institution. La dernière étape de ce processus engagé à la demande du ministère était donc dans un rapport de synthèse, chargé de résumé l’état de la science climatique. Et en dépit de ses nombreux soutiens à l’Académie (où l’on trouve plus de géologues que de climatologues), le rapport a donné quelques boutons au roi de la falsification scientifique, j’ai nommé l’inénarrable Claude Allègre.

Et oui, Claude, la planète se réchauffe, et c’est bien à cause des gaz à effets de serre émis par le genre humain. D’ailleurs, si j’ai bien compris, le document de l’Académie a été approuvé (et signé?) par l’ensemble des participants à la journée du 20 septembre. Toi compris, de même que ton copain solariste (1) Vincent Courtillot. Le terme de « compromis » que tu as employé depuis dans les médias est juste, du moins en partie. Parce que la liste des conclusions est sans équivoque, à l’inverse de l’imposture éditoriale que tu as commise pour dénoncer la prétendue imposture climatique. Mais il y a quand même un truc qui doit te réjouir, le fameux « compromis » du texte: la période mentionnée par l’Académie s’arrête à 2003, alors que de nombreuses données montrent que le climat n’a pas cessé de se réchauffer depuis.

Je ne vous donnerai pas une analyse détaillée de ce texte. D’autres, comme Sylvestre Huet —qui est bien plus compétent que moi sur le sujet—, l’ont déjà fait. Et puis, le propos est court, et plutôt pédago, donc vous pouvez le lire directement.

Cette fois, c’est promis, je reprends la plume, et je vous dévoilerai quelques-uns de mes petits secrets dans les semaines/mois à venir. Et je m’en vais tenter de remplir mon carnet de commandes, parce que la vie de journaliste très indépendant n’est pas un long fleuve tranquille.

(1) Par opposition aux « réchauffistes » —dont je fais partie—, les solaristes sont persuadés que c’est le soleil qui explique le réchauffement constaté au XXe siècle.

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