Les bons et mauvais côtés de la défaite

Posté le 4 nov 2010 dans la catégorie:A la Une. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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Paris, rue des Pyrénées.

Paris, rue des Pyrénées.

C’est dingue ce qui se passe quand on a le dos tourné. Prenez par exemple les deux défaites survenues au cours de ces derniers jours: Allègre désavoué par ses amis de l’Académie des Sciences, et Obama par ses électeurs.

Je vous ai quelque peu abandonné ces dernières semaines, occupé à gagner ma croûte et à préparer un projet qui me tient à cœur et dont je vous parlerai bientôt. Bref, j’ai consacré mon temps ces deux dernières semaines, aux découvertes sur le cancer, à la physique fondamentale, et à quelques joyeusetés climato-environnementales, le tout mâtiné de longues heures de programmation. Et voilà que j’émerge, en me plongeant dans tout ce que j’ai raté. Ça décoiffe…

Je passerai vite sur la défaite d’Obama. Après tout, comme je l’avais écrit la veille de son élection, démocrate ou républicain, c’est blanc-bonnet et bonnet-blanc dès qu’on aborde l’épineuse question du climat. Bref, la loi climat n’est pas passée, elle ne passera plus, et les élus démocrates n’ont pas été les derniers à savonner la planche de l’administration Obama ces derniers-mois. Et à Cancun, nos drôles d’alliés états-uniens continueront leur entreprise de sabotage comme ils l’avaient fait à Copenhague.

Sur le front du climat, ou plus exactement des climato-sceptiques, il y a eu deux belles réjouissances. D’abord la parution du passionnant bouquin de mon confrère Stéphane Foucart, dont je vous parlerai prochainement. Et puis le rapport de l’Académie des sciences sur le climat. J’avais longuement discuté de cette folle journée à huit-clos qui s’était tenue le 20 septembre dernier dans la vénérable institution. La dernière étape de ce processus engagé à la demande du ministère était donc dans un rapport de synthèse, chargé de résumé l’état de la science climatique. Et en dépit de ses nombreux soutiens à l’Académie (où l’on trouve plus de géologues que de climatologues), le rapport a donné quelques boutons au roi de la falsification scientifique, j’ai nommé l’inénarrable Claude Allègre.

Et oui, Claude, la planète se réchauffe, et c’est bien à cause des gaz à effets de serre émis par le genre humain. D’ailleurs, si j’ai bien compris, le document de l’Académie a été approuvé (et signé?) par l’ensemble des participants à la journée du 20 septembre. Toi compris, de même que ton copain solariste (1) Vincent Courtillot. Le terme de « compromis » que tu as employé depuis dans les médias est juste, du moins en partie. Parce que la liste des conclusions est sans équivoque, à l’inverse de l’imposture éditoriale que tu as commise pour dénoncer la prétendue imposture climatique. Mais il y a quand même un truc qui doit te réjouir, le fameux « compromis » du texte: la période mentionnée par l’Académie s’arrête à 2003, alors que de nombreuses données montrent que le climat n’a pas cessé de se réchauffer depuis.

Je ne vous donnerai pas une analyse détaillée de ce texte. D’autres, comme Sylvestre Huet —qui est bien plus compétent que moi sur le sujet—, l’ont déjà fait. Et puis, le propos est court, et plutôt pédago, donc vous pouvez le lire directement.

Cette fois, c’est promis, je reprends la plume, et je vous dévoilerai quelques-uns de mes petits secrets dans les semaines/mois à venir. Et je m’en vais tenter de remplir mon carnet de commandes, parce que la vie de journaliste très indépendant n’est pas un long fleuve tranquille.

(1) Par opposition aux « réchauffistes » —dont je fais partie—, les solaristes sont persuadés que c’est le soleil qui explique le réchauffement constaté au XXe siècle.

Denis Delbecq

 

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8 Réponses pour “Les bons et mauvais côtés de la défaite”

  1. [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Jennyfer Chrétien, Denis Delbecq. Denis Delbecq a dit: Les bons et mauvais côtés de la défaite. http://bit.ly/9mPJF6 [...]

  2. Tilleul dit :

    Alors là tout faux, puisque la loi climat a été confirmé en Californie avec le rejet massif de la proposition 23 ! Enorme défaite politique des pétroliers texans qui vont maintenant se rendre compte qu’ils auront dépensé plus d’argent à faire du lobbying que ça va leur coûter de se mettre aux normes…

  3. Je rejoins quelque peu l’avis de Tilleul, même si le mouvement est lent, le mouvement est en marche, même aux USA… L’échec de Copenhague a fait beaucoup de mal, mais les consciences commencent à se réveiller. Les pétrôliers texans ont eu mal lors de la malheureuse fuite de la plateforme Deep Water, et les locaux ont commencé à vraiment se préoccuper de ces questions… A suivre…

  4. Tilleul dit :

    Et avec le parti écologiste brésilien qui a fait 20% des voix aux dernières élection présidentiels ça fait deux tarte à la crême politicienne de moins…

    Pour résumé les derniers votes nous ont montré :
    - le citoyen est parfaitement conscient qu’investir dans les technologies propres permet de sortir de la crise et de créer de l’emploi et que continuer à favoriser et subventionner grassement les vieilles industries polluantes est au contraire le meilleur moyen d’y rester
    - l’environnement n’est pas une préoccupation de pays riches (celle là était vraiment la plus imbécile des idioties libertarienne, comme si le chinois et le brésilien était volontaires pour crever de pollution uniquement pour que ses élites puissent circuler en Mercedes…)

  5. BMD dit :

    Tilleul, le parti écologiste brésilen a fait 20 % des voix essentiellement grâce à l’appui des églises évangélistes qui voulaient peser sur la proposition de Dilma Roussef de légaliser l’avortement! Et ils ont réussi. Cela n’a donc que pour une très petite part à voir avec la conscience écologique des Brésiliens. Mais comme d’habitude, vous ne prenez que ce qui vous arrange; Ce n’est pas ainsi que vous contribuerez à développer une conscience écologique écologiquement bien fondée.
    L’environnement n’est pas seulement une préoccupation de pays riches, mais elle est surtout , quel que soit le pays, une préoccupation de classes moyennes aisées ou d’enseignants qui veulent avoir le beurre et l’argent du beurre, ainsi que celui de gouvernants qui voient un peu plus loin que le bout de leur charbon (en Chine en particulier). Si vous trouvez un pauvre à Haïti ou en Afrique qui fasse la relation entre la défense de l’environnement et ses problèmes quotidiens, prenez-le en photo et faites circuler sur ce blog!

    • fabius dit :

      Je reviens d’Haïti et je connais de nombreux haïtiens qui font la relation entre la défense de l’environnement et leurs problèmes quotidiens.Pour commencer: tous les paysans pour lesquels l’érosion impacte directement sur leur rendement et qui désignent clairement la déforestation comme leur problème.
      Si vous voulez des photos (j’en ai des jolies), je peux vous les envoyer.

      • Tilleul dit :

        Bon ben moi je m’occuperai de l’Afrique, vous préférez quoi comme photos ? Des paysans, des chercheurs ou des hauts fonctionnaires ? L’environnement chez les pauvres c’est une préoccupation de tous les instants parce qu’ils en crèvent je vous signale…

    • Daneel Olivaw dit :

      Notre « écolo-sceptique » de choc qui tente encore de contrer ce cher Tilleul ?
      Trop marrant : nous aussi on a notre « Allègre de service » !
      :)

      Franchement, penser que tout se focalise seulement sur le problème de l’avortement, cela dénote à la fois une conscience sociale, une conscience politique et une conscience écologique des plus pitoyables…
      (A noter que depuis déjà Jean-Paul II, l’Église s’engage dans une « écologisation » (!) de la Foi Christique ; voir par exemple l’ouvrage de Patrice de Plunkett « L’ÉCOLOGIE, DE LA BIBLE À NOS JOURS » (« L’oeuvre éditions », 2008))

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