Obama a racketté BP

Par Denis Delbecq • 18 juin 2010 à 12:48 • Categorie: A la Une
© US Coast guards

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Commençons par le plus drôle. Les parlementaires et les médias qui suivaient l’audition de Tony Hayward, le directeur exécutif de BP, devant le congrès américain, n’en croient pas leurs oreilles. Le député républicain Joe Barton a présenté ses excuses à BP pour la manière dont l’entreprise est traitée par la Maison Blanche! «Je parle seulement en mon nom. Je ne parle au nom de personne d’autre, mais je présente mes excuses. Je ne veux pas vivre dans un pays ou à chaque fois qu’un citoyen ou une entreprise fait quelque chose qui est légitimement mal, il est soumis à une sorte de pression politique qui —pour moi— relève d’un racket. C’est pourquoi je présente mes excuses.» Une référence au fonds spécial qu’Obama a exigé, que BP a créé et dotera de 20 milliards de dollars, au prix d’une suspension des versements de dividendes aux actionnaires cette année. Détail important, que souligne avec malice le Guardian, Joe Barton a reçu des dons pour 150000 dollars d’une entreprise pétrolière qui est partenaire de BP dans le Golfe du Mexique…

Poursuivons avec le plus embêtant, à propos de la polémique qui a éclaté sur l’épineuse question de la santé des populations. Selon le Département de santé de l’Etat de Louisiane, 109 personnes on souffert de divers troubles liés à l’exposition au pétrole: 74 sont des employés au nettoyage des plages, et 35 des habitants de la région. Les pathologies restent heureusement bénignes (nausées, maux de tête, vomissements…) même si 9 nettoyeurs ont été brièvement hospitalisés. En revanche, aucune hausse des pathologies respiratoires et des allergies n’a été relevée dans les 7 hôpitaux sondés par les autorités sanitaires de Louisiane. Pourquoi une polémique alors qu’il n’y a pas d’urgence sanitaire en Louisiane? Parce que de nombreux experts soulignent que les normes d’exposition de la médecine du travail ont beau être légales, elles ne sont pas safe. De plus, elles sont calculées pour une semaine de quarante heures de travail —allègrement dépassées sur le terrain— et bien des ouvriers dorment sur place, et restent donc exposés aux émanations de pétrole et des dispersants quand ils se reposent. D’ailleurs, dans une interview à la télévision, le patron de la médecine du travail (OSHA) a reconnu que les normes de son administration sont totalement dépassées.

Il y a quelques jours, j’avais évoqué la difficulté pour la presse de travailler sur le terrain. Le patron de BP a pourtant écrit aux nettoyeurs pour leur rappeler qu’ils ont le droit de parler —en leur nom seulement— aux médias. mais apparemment, le message n’est pas passé puisqu’un reporter de télévision s’est vu refuser le droit de parler à un nettoyeur par un vigile qui bloquait l’accès à un chantier de dépollution. Jugez vous même:

Allez, terminons par une note amusante. Aucune baleine ne s’est encore échouée en Louisiane à cause de la marée noire. Mais Discovery a publié un sujet explosif sur la manière de se débarrasser de ces gros cadavres.

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