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Eaux à l’arsenic, l’homme pris la main dans l’étang

Posté par Denis Delbecq le 16 nov 2009 dans la catégorie: A la Une. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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© Denis Delbecq

© Denis Delbecq

Ceci explique peut-être cela. Il y a un peu plus d’un an, je vous avais rapporté une étude démontrant la présence d’arsenic dans le son de riz. Des travaux fondés sur l’analyse de riz du Bengladesh et de Chine. Un article de Nature Geoscience apporte une piste sur les mécanismes qui dissolvent l’arsenic dans l’eau, dans une région du Bengladesh, tout au moins. Un début d’explication à cette contamination d’un complément alimentaire vedette?

La présence d’arsenic dans le delta du Gange n’est pas un hasard. L’élément a été lessivé depuis des milliers d’années des roches himalayennes, pour se concentrer dans les sédiments. Depuis une vingtaine d’années, les scientifiques se sont aperçus que les millions de puits creusés pour lutter contre la dysentrie et le choléra, des maladies stimulées par la contamination d’eaux de surface, contiennent de forts taux d’arsenic qui menacent vraiment les populations. Après avoir analysé, pendant sept ans, l’eau d’étangs, de rizières et de puits près de Dacca, la capitale du Bengladesh, des chercheurs américains et bengladeshis détaillent cette semaine le mécanisme d’apparition du métalloïde dans les eaux souterraines.

Il y a quelques années, une étude que j’avais rapporté dans les colonnes de Libé (1) soulignait le rôle de bactéries dans l’apparition d’arsenic dans l’eau des nappes phréatiques du Bengladesh. Et les chercheurs, à l’époque, avaient conscience que ces micro-organismes ne peuvent vivre sans carbone, sans pouvoir déterminer son origine.

Cette fois, le doute ne semble plus permis. Des étangs creusés il y a une cinquantaine d’années pour stocker l’eau douce et alimenter les rizières sont à l’origine de l’empoisonnement à l’arsenic de millions de bengladeshis. Dans ces étendues d’eaux stagnantes, la matière organique s’accumule, avant de diffuser dans les aquifères. Là, en l’absence d’oxygène, ce carbone stimule les bactéries qui ingèrent l’arsenic des sédiments avant de le libérer dans l’eau. Une explication appuyée par des études isotopiques qui datent de la même époque l’âge de l’eau dans les nappes les plus contaminées.

Selon les travaux publiés dans Nature Geoscience, les rizières ne provoqueraient pas le même phénomène, la matière organique s’y accumulant peu. Du moins dans les sites étudiés par les chercheurs. Car rien ne prouve que les mécanismes soient identiques d’une région à l’autre. D’ailleurs, un chercheur britannique interrogé aujourd’hui par New Scientist souligne qu’ailleurs, à l’Ouest du Bengale, il n’y a pas de corrélation entre la présence en surface d’étangs artificiels et la teneur en arsenic des puits du voisinage. On en sait donc plus sur certains puits —contaminés donc par la main de l’homme—, mais le mystère du son arsénié reste entier.

(1) Arsenic et bactéries, le couple mortel. Edition du 16 mai 2003

Mots-clefs: Arsenic, Bengladesh, eau, pollution, riz, sante
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9 Réponses pour “Eaux à l’arsenic, l’homme pris la main dans l’étang”

  1. Marot dit :
    17 novembre 2009 à 9:51

    Ces deux textes ne contiennent pas d’indication de concentrations.

    On peut rappeler les concentrations limites très variables pour la potabilité de l’eau (wikipédia) :
    0,01 mg/L OMS, EPA , Santé Canada, France, UE
    0,025 mg/L Québec
    0,05 mg/L Inde, Bangladesh.

    La distinction entre les deux arsenics organique et inorganique n’est pas faite non plus. Leurs effets sont très différents.

    Répondre
    • koen dit :
      17 novembre 2009 à 10:07

      Tu peux nous expliquer la différence entre l’arsenic organique et inorganique?

      Répondre
      • Nimch dit :
        17 novembre 2009 à 14:29

        http://mendeleiev.cyberscol.qc.ca/chimisterie/9604/DThibault.html dit :
         »L’arsenic, qui est contenu dans les plantes et les animaux, combiné avec du carbone ou de l’hydrogène, nous donne ce qu’on appelle l’arsenic organique. Tandis que l’arsenic, combiné avec un ou plusieurs autres éléments tels que l’oxygène, le chlore et le soufre, nous donne l’arsenic inorganique. Ce qui est le plus important à retenir, c’est que l’arsenic sous forme organique est beaucoup moins dangereux que sous la forme inorganique. Par exemple, un degré élevé d’arsenic inorganique dans notre nourriture ou notre eau pourrait nous être fatal. »

        Répondre
        • Marot dit :
          17 novembre 2009 à 15:17

          Nimch vous êtes naïf de répondre ainsi car il est des questions « pour faire parler »

          La réponse était disponible pour le premier imbécile venu en donnant
          arsenic organique inorganique dans un moteur de recherche.

          Répondre
          • koen dit :
            17 novembre 2009 à 15:46

            Désolé, mais l’atome d’Arsenic n’existe que sous ses formes métalloïdes. Parler d’un arsenic organique ou inorganique n’a pas de sens. Sauf par abus de language apparemment largement répandu sur l’Internet francophone et anglophone.

            Le résumé de l’article dit toutefois:
             »Incubation experiments indicate that recharge from ponds contains biologically degradable organic carbon, whereas recharge from rice fields contains mainly recalcitrant organic carbon » (http://www.nature.com/ngeo/journal/vaop/ncurrent/abs/ngeo685.html).

            Mais cela ne répond toujours pas à ma question de quels types de composés qu’on parle (c’est probablement une question à 32$), et c’est quoi la différence entre un composé arsenic dissoluble ou récalcitrant.

            Répondre
            • BMD dit :
              19 novembre 2009 à 18:34

              Il faut parler de composés inorganiques (qui ne contiennent pas de carbone) et de composés organiques (qui contiennent du carbone) de l’arsenic. Celui-ci a de très nombreux composés inorganiques ( voir Composé de l’arsenic sur Wikipedia) dont les célèbres orpiment (jaune) et réalgar( rouge).Il peut aussi de trouver en substitution dans des sulfures de fer( pyrite arsénieuse) ce qui est très fréquemment la situation dans les sédiments où l’oxygène ne circule pas ( sous-sol, marécages, rizières) et se retrouve en solution dans l’eau si l’on fait arriver de l’oxygène dans ces sédiments (puits, travaux etc..). Pour les composés organiques, ils sont également extrêmement nombreux. Il faut consulter les fiches de l’INSERM pour les plus dangereux.

              Répondre
          • Marot dit :
            17 novembre 2009 à 16:06

            Ca y est vous avez lancé la quadrisection capillaire.

            Répondre
    • Marot dit :
      17 novembre 2009 à 14:06

      Pour la nourriture, il n’y a pas de taux limites encore que la consommation de riz, de certaines algues, d’huiles de poisson puissent être dangereuses.

      Répondre
  2. Cleantuesday dit :
    24 janvier 2010 à 19:18

    Le Mardi 9 fevrier Cleantuesday reviendra sur les nouvelles technologies liées a l’Eau avec 4 acteurs qui revolutionnent les technologies:

    * La start up française Arionic presentera plusieurs applications de son traitement New Ionic
    * La société irlandaise Killarney Plastics presentera sa solution innovante pour le marché en développement exponentiel de l’Assainissement Non Collectif

    Autres intervenants

    A partir de 18H30 a La Cantine Numerique, Passage des Panoramas, 151 rue Montmartre, 75002 Paris

    Inscriptions ouvertes

    http://cleantuesdayparis.fr/event/

    Répondre

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