Le «monde du silence», un grand bocal agité

Posté le 3 août 2009 dans la catégorie:A la Une. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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© Kakani Katija et John O. Dabiri

© Kakani Katija et John O. Dabiri

Il y a pas mal d’années de cela, j’avais posé la question à mes étudiants, pendant un contrôle sur mon cours d’énergétique solaire. «Pourquoi peut-on considérer que la température de l’eau d’une piscine est uniforme?» Quelques-uns avaient trouvé la réponse: «Parce que les baigneurs mélangent l’eau.» Et bien cette agitation aquatique aurait été négligée dans les océans de la planète, expliquent des chercheurs dans la revue Nature (1). Ils soulignent, démonstration à l’appui, que les habitants des mers participent aux échanges de chaleur, de gaz et de nutriments. Parce que bien évidemment, ils nagent (2).

En surface, ce sont bien sûr le vent et les vagues qui fournissent l’énergie de mélange. Mais sous la surface, le calme est tel que le moindre mouvement peut se propager à des centaines de mètres. Deux chercheurs du Caltech se sont appuyés sur les travaux du physicien Charles Darwin, petit-fils de son célèbre grand-père, sur le mélange des fluides. Ils ont concocté un petit modèle qu’ils sont ensuite allés vérifier sous l’eau, en libérant du colorant fluo avec une pipette a l’avant de méduses. Et c’est de toute beauté, jugez-plutôt.

Bien évidemment, Kakani Katija et John Dabiri ne se sont pas contenté de jouer avec ces drôles d’animaux. Ils ont aussi regardé tout ça au vélocimètre laser pour qualifier les écoulements. Ils en concluent que les animaux sous-marins dissipent en continu quelques cent-millièmes de watts (par kilo d’animal s’entend), ce qui représenterait un térawatt à l’échelle des océans… Vu que des méduses, il y en a de plus en plus faute de prédateurs, ça va s’agiter sec au fond des mers!

Sur ce, je m’en vais goûter du geyser et de la lave, mais je veillerai au grain dans les débats

(1) Edition du 30 juillet 2009.

(2) A ce compte-là, il faut sans doute prendre en compte aussi le mouvement des pinces de crevettes, connu pour créer une forte pollution sonore qui gène les oreilles des sous-marins nucléaires, et des bivalves qui recrachent de l’eau.

Denis Delbecq

 

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