Le plastique, c’est symbolique

Posté le 3 mar 2009 dans la catégorie:A la Une, Rubriques. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
Vous pouvez laisser un commentaire ou un trackback depuis votre site

Un rapport passionnant exhumé par le JDLE en dit long sur le recyclage des matériaux en France. Et notamment sur le plastique d’emballage qui n’en finit pas d’encombrer les poubelles.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) n’est pas reine en matière de communication. Il a suffi hier d’un papier du Journal de l’environnement pour que je découvre un rapport fort intéressant sur la question des déchets, sorti en catimini. Pas une ligne de communiqué de presse sur le site de l’Ademe, qui prend pourtant la peine d’annoncer des événements aussi importants que sa participation au Salon de l’agriculture, la signature d’un partenariat avec l’organisation des Championnats du monde de ski alpin et j’en passe…

Le document en question est un bilan des filières de recyclage en France entre 1997 et 2006. Un document pas pédago pour deux sous, dont on aurait aimé une version plus « grand public » parce qu’il y a des gens que les déchets intéressent. Si, si, je vous jure. Grosso modo, à en lire le rapport, la situation est stable; autrement dit, le taux de réutilisation des matières premières issus du recyclage n’a pas grimpé en dépit des multiples campagnes incitant au tri et à la valorisation à destination des industriels, des collectivités locales et du grand public. Pour les cinq matériaux principaux (Acier, Papiers et cartons, Verre, Plastiques, Métaux non ferreux), il était de 41%. Autrement dit, pour une tonne de matériau consommée, quatre cent dix kilos proviennent du recyclage, et un peu moins de six cent kilos d’un matériau « neuf ».

Bien évidemment, toutes les filières ne se valent pas: pour l’année 2006, le taux de récupération est de 42% pour l’acier, 60% pour les papiers cartons, 38% pour le verre, 38% pour les métaux non ferreux et seulement 7% pour les plastiques. La France devance l’Amérique du Nord pour les papiers-cartons et le verre d’emballage, mais reste à la traîne pour l’acier. Ces données ne prennent pas en compte l’exportation de déchets à recycler, une activité en plein boom. Rien que pour le papier-carton, ce sont plus de deux millions de tonnes qui ont quitté l’hexagone pour être transformés, notamment en Asie. En ajoutant ça, on obtient un taux de recyclage de 80%! (1)

Pour les emballages en revanche, la situation n’est guère brillante. En dix ans, le tonnage a grimpé de 10%, un signe que les industriels n’ont pas compris la nécessité de faire un effort. Même si une amorce de chouia de baisse semble s’être engagée en 2005 et 2006. Pour le plastique le tonnage d’emballages a grimpé de 28% entre 1997 et 2006, sans inversion de tendance… Comme quoi l’emballage de plastique est un symbole de notre civilisation: en dix ans, son usage a cru aussi vite que le PIB (2)!

(1) Un article très intéressant de juin dernier sur le site de la CCFI explique que la Chine achète son vieux papier 70 euros la tonne en Europe. A l’arrivée, il vaut 145 euros de plus. Soit un coût de transport qui représente 67% du prix!

(2) Hausse de 30% En euros constants sur 1997-2006 (Source Insee). Ce n’est pas forcément le bon indicateur de comparaison puisque le PIB prend en compte toutes les activités, y compris celles qui génèrent zéro emballage, mais c’est le moins mauvais que j’ai trouvé.

Denis Delbecq

 

Mots-clefs: , , , , , , , , , ,

Lire également

15 Réponses pour “Le plastique, c’est symbolique”

  1. Ratmanoff dit :

    Je n’ai pas lu le rapport mais je suis bien en phase avec tes propos. J’habite depuis peu un village dans une vallée qui réclame les jeux en 2012 ( déjà des tonnes de déchets générés grâce au marketing mis en place ! ) et bien que nanti d’une décheterie la récupération semble pour les habitants une contrainte exorbitante. Pourtant nombreux sont ceux qui passent devant tous les jours. Bien sur elle est fermée quand il ne faut pas avec des horaires pas assez souple et pas libre service, il faut montrer pattes blanches pour y déposer un objet qui passent encore par une sélection etc…! Autant dire qu’un objet hétéroclite fini souvent dans la benne globale ! J’ai déjà mieux qu’au fond des ravins , mais qui se promènent la bas ? Du coup la facture ici est assez énorme soit 250 € par habitant soit 5 fois celle de ma mère qui habite en campagne près de Gueugnon et dispose d’installations similaires avec en bonus une distribution de sacs ! Je me suis plaint de cette état de fait ( vainement) car mes ressources sont limitées et une telle ponction de 20 € / mois n’est pas négligeable. Je fait régulièrement des photos des containers afin de bien montrer que tout fini dedans discrètement avec cette méthode de ramassage ! Comme des lavabos , des tuiles etc. Vu que la société privé qui gère la collecte est payée à la tonne, quelle aubaine. Une des rançons d’être trop bien payé et beaucoup de français le sont c’est de vivre dans un gaspillage généralisé et même ce mot est faible je préfère gabegie. Beaucoup sont capables de payer 50 € par mois sans rechigner afin qu’on fasse disparaître les poubelles que personne ne veut d’ailleurs voir finir sur sa commune ! Le pire que je constate c’est la non récupération de l’emballage carton par tout un chacun ou par les professionnels qui reçoivent la marchandise de cette manière: pharmacien, vétérinaire etc… Un produit pourtant doter un gros potentiel de valorisation. Alors bien sur si on fait des lois plus répressives qu’est ce qu’on va pas encore entendre. Je suis dépité de cette société , moi qui collecte même mes emballages de papier alu des tablettes de chocolat et mes capsules de bière !

  2. Pierre-Ernest dit :

    Il est pourtant facile à comprendre pour quelqu’un d’une intelligence normale (mais peut-être pas pour un lecteur de journaux ou spectateur de TV, nourri aux poncifs à la mode concernant l’intérêt quasi religieux du recyclage) que la meilleure valorisation possible des plastiques dont le cours indicatif est de 100 € / tonne d’après le rapport, est tout simplement l’incinération avec production d’énergie.
    Il suffit, pour ça, de remarquer simplement que le pétrole (économisé parce que non brûlé) vaut aujourd’hui entre 200 et 300 € la tonne et que l’équivalence énergétique moyenne des plastiques est de 0,7 (tonne de pétrole par tonne de plastique).
    Mais reconnaissons que ce raisonnement très basique, et (heureusement) très pratiqué par les gens simples comme les gestionnaires qui payent leurs factures, n’est pas à la portée du journaliste ou du parlementaire (enfin, de tous ceux qui font l’opinion) moyen…
    Et je n’accuse pas le pékin moyen qu’on a persuadé que le recyclage faisait partie des vertus républicaines. Décidément, le monde est étrange…

  3. Denis Delbecq dit :

    Vous oubliez une chose. Quand on utilise une tonne de plastique recyclé pour fabriquer des tissus « polaires », on économise aussi des centaines de litres de pétrole… Le bilan économique d’une activité de recyclage ne se mesure pas juste en prix des matières premières.

  4. Pierre-Ernest dit :

    @ Denis Delbecq
    Votre réponse est exactement conforme au « consensus » ambiant qui consiste à penser qu’il faut tout faire pour « ne pas consommer trop vite le pétrole qui reste ».

    Mais au fait, gagner 1 an (ou 10 ans) sur l’instant où le pétrole viendra à manquer est donc tout ce que vous avez trouvé pour résoudre le problème ? C’est bien peu. C’est même rien du tout si vous pensez que vous avez simplement déplacé le problème à d’autres personnes, un peu plus tard.

    Pour en revenir au centaines de litres censées être « économisées » pensez-vous qu’elles le soit vraiment ? Ne pensez-vous pas plutôt qu’elles sont simplement utilisées à autre chose, mais certainement pas laissées au fond du puits ?
    C’est ce que reflète exactement le prix du pétrole. Est-ce que vous pouvez imaginer, ne serait-ce qu’une seconde, que si vous diminuez votre consommation de pétrole, vous ne faites que peser sur son prix, et donc vous favorisez sa consommation ailleurs ?
    Au fait, vous avez pris l’exemple du seul plastique réellement recyclé, c’est à dire le polyéthylène téréphtalate (PET) dont la consommation (du produit neuf) ne représente, d’après le rapport, qu’environ 5 % du total des plastiques consommés en France. L’image de la laine polaire, c’est joli, mais pas très représentatif. En somme, c’est le sucre pour faire sauter le chien…

    Si le prix du plastique recyclé en général est ce qu’il est, c’est qu’il ne vaut réellement pas plus.
    Vous affirmez que le bilan économique d’une activité de recyclage ne peut pas se mesurer avec le prix des matières premières, mais n’est-ce pas simplement votre conviction intime, non étayée par des faits ?

    Les prix des matières premières du recyclage reflètent bien la valeur que l’utilisateur leur donne. Et ce que vous voulez ajouter au bilan, ce serait intéressant que vous le détailliez, parce que sinon, on pourrait imaginer que ce n’est que sentimental.

    Un dernier point : j’ai installé le tri sélectif dans ma commune et je me suis occupé en détail du recyclage pendant plus de 15 ans. Allez un jour visiter un centre de tri sélectif. Vous serez édifié.
    Le tri sélectif et le recyclage a été inventé par les pays de l’Europe du Nord qui ont opté pour l’enfouissement des déchets. La France a fait le choix de l’incinération. C’est un choix différent, et le recyclage n’est pas compatible avec ce choix. Seulement, il faut bien faire comme les autres, sinon, on n’est pas réélu…

  5. Abitbol dit :

    Cher Pierre-Ernest, vous confondez gérer une commune et gérer un blog sur le net…
    Cordialement.

  6. Denis Delbecq dit :

    Abitbol. Si c’est pour être désagréable, vous n’êtes pas obligé de venir sur ce site. Et si vous ne pouvez pas vous passer de l’accoutumance à la lecture de ce blog, je peux vous faire —à votre demande— une cure de désintoxication gratuite. On peut interdire de lecture comme on se fait interdire de casino… Ça ne prend que quelques secondes!

  7. Abitbol dit :

    Il faut prendre vos responsabilités cher Denis.
    Quand on décide d’être crieur publique, qu’on espère un auditoire et que l’on se veut démocrate, il faut s’attendre à avoir des contradicteurs. Si cela vous est désagréable, vous avez toute latitude pour m’interdire. Pour ma part, je me contente de commenter vos articles et je prends comme un compliment le fait de vous exaspérer.

    • Denis Delbecq dit :

      @Abitbol. Je n’interdis personne. Je vous parlais de vous interdire à votre demande si vous détestez tant ce site sans pouvoir vous en passer. Simplement, je relève que vous n’êtes pas un contradicteur, vous n’argumentez rien, vous écrivez parfois à la limite de l’insulte. J’ai souvent des discussions passionnées avec les nombreux contradicteurs que j’ai dans ces colonnes. Qui sont d’ailleurs plus nombreux que les lecteurs qui me caressent dans le sens du poil. Et c’est plutôt enrichissant. De voir que je suis autant pris à partie par les idéologues de tous bords opposés, c’est que quelque part je ne suis pas loin du ton juste.
      Votre ton, en revanche, est détestable. Le désaccord est constructif, l’invective ne l’est pas. Alors soit on peut discuter entre personnes bien élevées, soit on ne discute pas.

  8. Antoine dit :

    Je suis étonné de l’étonnement de l’auteur à plusieurs titres :
    Le premier à trait justement à son titre que par pudeur je tairais …
    Le deuxième est que les plastiques ne sont pas recyclabes de prime abord, même le plus cancre des élèves sait ça : on ne peut pas mélanger des plastiques différents thermoplastique, thermodurcissable, polymère machin ou bidule …
    Pour le Français de base tout ça c’est du pareil au même, mais pour l’homme de science ( ? ) il y a une sacrée différence et c’est ça qui fait la différence…
    Donc l’auteur sait qu’on ne peut pas mixer les plastocs d’origines différentes mais joue les vierges effarouchées malgré son bagage, histoire d’agicher le gogo …

  9. Denis Delbecq dit :

    @Antoine. Bien évidemment qu’il y a plastique et plastique, même si je ne suis pas chimiste. Si je m’étonne, c’est que le choix fait par l’Etat français de ne pas imposer mais de s’en référer à la bonne volonté des industriels (cf l’évolution promise sur les rejets de gaz carbonique de l’industrie automobile qui n’a permis aucun progrès, au point de contraindre l’UE iimposer une norme) a montré une fois de plus que les industriels ne bougeront pas sans contrainte. Combien de plastiques non recyclables sont encore employés alors que d’autres solutions existent. Combien de grandes surfaces, notamment parisiennes, se refusent à supprimer le sac plastique de caisse jetable quand la plupart des régions l’ont fait depuis longtemps?

  10. Tilleul dit :

    « La France a fait le choix de l’incinération. C’est un choix différent, et le recyclage n’est pas compatible avec ce choix »
    C’est malheureusement exact, si on mettait en place un recyclage total tel qu’il devrait être fait, y compris recyclage des matières organiques, on ne pourrait plus faire marcher aucun incinérateur. C’est pour ça que les collectivités locales qui ont endetté leurs administrés pour ce genre de solutions, stupides mais vendues comme miracle, voient d’un mauvais oeil qu’on leur demande de limiter le gaspillage.

    Au passage n’importe quel plastique est recyclable entièrement, ça s’appelle la consigne et c’est en place dans plein de pays… On a pas besoin de faire fondre une bouteille pour refaire une autre bouteille… Quand au surremballage on peut le supprimer sans que ça ne gêne personne.

  11. Antoine dit :

    Je vais te donner « un scoupe » sans citer de noms j’en ai pas le droit, à toi de chercher et de bosser un peu :
    Une usine, d’une ville du Sud ou il a une équipe de foot et de très cons supporters ( non c’est pas Paris j’ai dis du Sud, plus au Sud c’est l’Afrique … ), fabrique un bon plastoc technique du genre polyamide mais tiré de l’huile d’une graine exotique, huile dont se servait jadis dans le mélange 2T tous les limeurs de culasses et les perceurs de pistons, avec quelques empoisonneuses se débarassaient de leurs maris encombrants …
    Ce plastoc donc, du fait de sa source végétale de carbone, est aujourd’hui connoté « développement durable » ( qui a dit connement noté ? ), en fait je connais son existence depuis au moins 1982, mais à l’époque du durable on s’en fichais et on se contentait d’en faire bêtement des pignons de robots ménagers …
    Donc aujourd’hui il a un parfum vert …
    Vert c’est vite dit : toute la chimie qui gravite autour est plutôt maronasse …
    Cette usine donc, a de belles perspectives de développement et va étendre ses capacités de production : les fabricants de bagnoles ont besoin de plastoc vert pour montrer patte blanche !!!
    Mis à part l’huile d’origine végétale, tout le reste est de la bonne vieille chimie avec que des trucs qui piquent les yeux et le reste : des jolis CMR …
    Vert ? … comme un vers de terre de chez Moulineaux !

  12. Abitbol dit :

    Confidence pour confidence, cher Denis, moi non plus je n’aime pas votre ton la plupart du temps condescendant. Je me sens parfois insulter par vos propos (en particulier mon intelligence), pourtant moi non plus je ne cherche pas à vous interdire.
    Je voudrais être plus constructif que je ne le suis, mais c’est extrêmement difficile tant vous êtes souvent de si mauvaise foi. Vous ne faites pas dans la dentelle, reconnaissez-le. Donc je ne vois pas la nécessité moi-même de prendre des gants. Vous vous arroger le droit d’être corrosif, sans nuance, orienté, vos arguments sont bien souvent fallacieux. Souffrez que je fasse de même.
    Dans ce fil, je me suis permis une formule que vous qualifiez de désagréable, alors que je la juge drôle et pertinente.
    Des arguments ? Chiche ?! Donnez -nous plus d’arguments et moins d’opinions. Alors vous pourrez me reprocher tout ce que vous voudrez.

  13. BMD dit :

    @Ddq, j’ai trouvé amusante votre idée que l’on a trouvé le ton juste quand on est attaqué de tous bords par des idéologues d’opinions opposées.

  14. Denis Delbecq dit :

    Evidemment, ça peut aussi vouloir dire qu’on est complètement à côté de la plaque ;-)

Laisser une réponse

Services

Traduire cet article (Google)

Mots-clefs

Ces derniers temps

© 2019 Denis Delbecq | Réalisé avec WordPress. Logo par Elisabeth Chardin.