Le plastique, c’est symbolique

Par Denis Delbecq • 3 mars 2009 à 11:34 • Categorie: A la Une, Rubriques

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) n’est pas reine en matière de communication. Il a suffi hier d’un papier du Journal de l’environnement pour que je découvre un rapport fort intéressant sur la question des déchets, sorti en catimini. Pas une ligne de communiqué de presse sur le site de l’Ademe, qui prend pourtant la peine d’annoncer des événements aussi importants que sa participation au Salon de l’agriculture, la signature d’un partenariat avec l’organisation des Championnats du monde de ski alpin et j’en passe…

Le document en question est un bilan des filières de recyclage en France entre 1997 et 2006. Un document pas pédago pour deux sous, dont on aurait aimé une version plus « grand public » parce qu’il y a des gens que les déchets intéressent. Si, si, je vous jure. Grosso modo, à en lire le rapport, la situation est stable; autrement dit, le taux de réutilisation des matières premières issus du recyclage n’a pas grimpé en dépit des multiples campagnes incitant au tri et à la valorisation à destination des industriels, des collectivités locales et du grand public. Pour les cinq matériaux principaux (Acier, Papiers et cartons, Verre, Plastiques, Métaux non ferreux), il était de 41%. Autrement dit, pour une tonne de matériau consommée, quatre cent dix kilos proviennent du recyclage, et un peu moins de six cent kilos d’un matériau « neuf ».

Bien évidemment, toutes les filières ne se valent pas: pour l’année 2006, le taux de récupération est de 42% pour l’acier, 60% pour les papiers cartons, 38% pour le verre, 38% pour les métaux non ferreux et seulement 7% pour les plastiques. La France devance l’Amérique du Nord pour les papiers-cartons et le verre d’emballage, mais reste à la traîne pour l’acier. Ces données ne prennent pas en compte l’exportation de déchets à recycler, une activité en plein boom. Rien que pour le papier-carton, ce sont plus de deux millions de tonnes qui ont quitté l’hexagone pour être transformés, notamment en Asie. En ajoutant ça, on obtient un taux de recyclage de 80%! (1)

Pour les emballages en revanche, la situation n’est guère brillante. En dix ans, le tonnage a grimpé de 10%, un signe que les industriels n’ont pas compris la nécessité de faire un effort. Même si une amorce de chouia de baisse semble s’être engagée en 2005 et 2006. Pour le plastique le tonnage d’emballages a grimpé de 28% entre 1997 et 2006, sans inversion de tendance… Comme quoi l’emballage de plastique est un symbole de notre civilisation: en dix ans, son usage a cru aussi vite que le PIB (2)!

(1) Un article très intéressant de juin dernier sur le site de la CCFI explique que la Chine achète son vieux papier 70 euros la tonne en Europe. A l’arrivée, il vaut 145 euros de plus. Soit un coût de transport qui représente 67% du prix!

(2) Hausse de 30% En euros constants sur 1997-2006 (Source Insee). Ce n’est pas forcément le bon indicateur de comparaison puisque le PIB prend en compte toutes les activités, y compris celles qui génèrent zéro emballage, mais c’est le moins mauvais que j’ai trouvé.

Image: © Denis Delbecq

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