Quand la mer monte, elle descend!

Par Denis Delbecq • 7 février 2009 à 20:25 • Categorie: Lecture

Que nos incrédules ne s’inquiètent pas. Je ne spéculerai pas sur l’avenir de l’océan dans quelques centaines ou un millier d’années. Car les travaux publiés dans Science ce vendredi s’intéressent aux conséquences de la disparition de la calotte polaire Antarctique, ce qui n’est pas demain la veille. Mais il n’en reste pas moins que ces travaux sont passionnants. Comme quoi, quand on étudie notre berceau, il ne faut pas oublier l’attraction universelle. Vous allez voir, ce n’est pas si compliqué.

Vous êtes prêts? On va oublier que ça se passe chez nous pour éviter de déchaîner les passions.

Prenez une planète recouverte aux deux tiers d’eau, et qui possède un large continent à son pôle sud, recouvert d’une épaisse couche de glace depuis plusieurs centaines de milliers d’années. Supposons que cette planète se réchauffe (peu importe la cause, nous sommes dans un cas théorique, merci de ne pas l’oublier). Qu’adviendra-t-il de l’eau qui était dans cette calotte?

Une réponse intuitive consisterait à dire que cette masse liquide se répartit uniformément sur tous les océans. Mais Mitrovica, Gomez & Clark expliquent dans Science (1), que c’est plus compliqué que cela. Car la présence massive de glace à l’ouest du contient Antarctique attire l’eau de l’océan par gravitation. Et oui, la force s’exerce entre deux masses quelles qu’elles soient. Moi, par exemple, je suis irrésistiblement attiré par les deux immeubles de la station Concordia. Parole de physicien!

Pour résumer, aujourd’hui, l’océan est gonflé près du continent sud de notre planète théorique. La disparition progressive de la calotte qui recouvre la roche va donc réduire la force de gravitation, et le niveau de la mer va… baisser près du continent (jusqu’à 2000 km à peu près). Mais comme il faut bien que cette glace fondue aille quelque part, elle ira notamment se masser le long des côtes Est d’un pays dominateur qui adore brûler du charbon et combler ses déficits avec l’argent des autres. Là, la hausse du niveau de la mer serait 30% plus importante que prévu que la moyenne. Toute ressemblance avec la planète Terre ne saurait être que fortuite!

(1) Edition du 6 février 2009

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