Don de médicaments de récup, la fin d’une fausse bonne idée

Par Denis Delbecq • 9 septembre 2008 à 9:22 • Categorie: A la Une, Rubriques

Il en aura fallu du temps. Après la découverte, en 2004, de trafics de médicaments de récup’, le programme Cyclamed a enfin rendu son dernier soupir. Le Journal de l’Environnement explique aujourd’hui qu’un décret est paru en août dernier, qui encadre les distributions humanitaires de médicament. Après la loi de février 2007, qui oblige à détruire les médicaments non utilisés.

Cyclamed était l’exemple type de la fausse bonne idée. Encore un truc où l’Etat se défausse sur la confiance attribuée à une industrie qui ne la mérite pas toujours. Chacun ramenait ses médicaments inutilisés, en se disant — c’est ce qu’on voulait nous faire croire— qu’ils serviraient dans des pays pauvres, ou pour nos pauvres à nos, occidentaux. Des pharmaciens très peu scrupuleux en profitaient pour revendre certains de ces médicaments en douce. En 2004, Douste-Blazy (il a fait ouste depuis) avait demandé une enquête de l’IGAS, l’Inspection générale des affaires sanitaires (voir les articles de Nathalie Raulin et Eliane Patriarca dans Libé du 10 septembre 2004), qui avait rendu un rapport au vitriol en janvier 2005

Bien évidemment, et des ONG l’avaient crié dans le désert, les médocs balancés par les pays riches ne correspondent pas aux besoins des pays en développement. Quid des psychotropes, consommés en masse chez nous et inconnus ou presque de la pharmacopée africaine? Quid des boites de pilules dont la notice et illisible pour qui ne lit pas de français, et que l’on retrouvait parfois prescrites comme antibiotique? L’Organisation mondiale de la santé déconseille d’ailleurs ces dons de médicaments de seconde main depuis longtemps.

Bref, Cyclamed, c’était surtout une machine à économiser les redevances sur les emballages. L’industrie pharmaceutique en était dispensée, même si à peine 20% des boites et plaquettes étaient récupérés. Mieux vaut encore tout mettre à la poubelle, non? Et si on veut éviter le gaspillage —très réel— de médicaments. Pourquoi vendre les médicaments en tablettes, au lieu de vendre exactement le nombre de comprimés prescrits par le médecin?

Image: © Denis Delbecq

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