Dilemme

Bess semble partager le point de vue de l' »écologiste sceptique », Bjorn Lomborg. Ce statisticien danois et ancien militant écolo, (en tous les cas c’est lui qui le dit), appuyé par des milieux ultralibéraux (The economist par exemple), voudrait stopper tout effort de lutte contre le réchauffement climatique au nom de l’efficacité. Et plutôt miser sur la lutte contre la pauvreté, l’accès aux soins et à l’éducation. Il pense même que prévenir les tsunami ne sert à rien… Mais je crois que c’est un faux débat. Je vais tenter de m’expliquer

Un préalable. A quoi sert la science dans tout cela? Les climatologues ne cherchent pas à faire peur, ils témoignent, sans présumer de leurs forces, de ce que l’avenir pourrait nous réserver. La réalité du réchauffement est bien là. Et s’il est vrai que d’autres périodes de notre histoire ont connu un phénomène de même ampleur (on lit le climat sur des centaines de milliers d’années), ils étaient soit explicables par des causes extraterrestres (l’activité solaire par exemple), soit étalés sur des milliers d’années. C’est là que la science montre son intérêt. Elle nous prouve aujourd’hui que le réchauffement est rapide, trop rapide pour dédouaner l’homme de sa responsabilité.

Bien sûr, comme le dit Salade, les modèles ont leurs imperfections, même si je ne pense pas qu’on puisse dire qu’ils sont faux. Evidemment, il faut prendre les prévisions avec des pincettes. C’est bien ce qu’on fait les milliers d’experts qui ont travaillé pour l’ONU au sein du GIEC. C’est pour cela qu’ils donnent une fourchette et non des valeurs brutales, en fonction des scénarios et des incertitudes.

Tout ça pour dire qu’il y a peu de chance que le phénomène s’inverse. Le CO2 reste un siècle dans l’atmosphère. D’autre gaz réchauffants, des milliers d’années. Quoi qu’on fasse aujourd’hui, cela se réchauffera, d’autant plus qu’on fera moins. A long terme, on sait ce que cela veut dire. Le cycle de l’eau est d’autant plus brutal que la température est élevée. Cela se constate tous les jours, c’est pas de la modélisation. Il suffit de comparer l’intensité d’une tempête d’hiver sur l’Atlantique et celle d’un cyclone qui balaie Haïti ou le Japon. Et où les cyclones tuent-ils le plus? Dans les pays pauvres…
Et ce n’est pas tout, plus l’eau est chaude, plus elle prend de place, et donc le niveau de l’océan monte, même sans apport de glace continentale. Et qui seront les premières victimes de ce réchauffement? Les pays du sud, l’Afrique, le Bengladesh etc. Si on pèse les probabilités et le risque associé, il n’y a pas trop à hésiter. Il faut se bouger pour freiner le réchauffement. Et comme le dit Salade, ça parait impossible si on ne décide pas de baisser fortement notre consommation d’énergie.

Le court terme maintenant. Dépenser aujourd’hui pour rien, si ce n’est pour préparer l’avenir (Kyoto ne lutte pas contre le coup de chaud, c’est juste un premier pas politique) ou investir au sud pour sortir de la misère, du palu, du sida? Et pourquoi pas les deux? Imagine-t-on une seconde qu’un cimentier ira verser son obole pour le sud si on l’exempte de quotas de CO2? Ou qu’un constructeur automobile fera de même si on supprime les normes antipollution en échange? Ne rêvons pas. Tout le monde se moque aujourd’hui des problèmes du sud, ou presque. Sauf quand il y a un tsunami qui frappe une zone touristique.

7 commentaires

  1. Bonjour,

    la fourchette +1° +7° est tellement large qu’elle prouve l’inanité du modèle.
    C’est un peu comme lancer un morceau de bois dans un torrent impétueux d’un côté du pont et dire que le morceau de bois se trouvera entre les deux rives.
    C’est exact, mais ça ne sert à rien.
    Les modèles ont donné tous les résultats possibles quant à ces fourchettes (faites une collection si vous doutez).
    La publication qui est acceptée est fonction « vraisemblance » de la moyenne de l’intentionalité de la conscience et de la puissance de calcul de l’air du temps et Lomborg s’en sert facilement, et uniquement sur ce point, pas forcément à tort. Arrêtons de nous chamailler là dessus.
    C’est Planck qui disait que la véracité d’une théorie était une question de mort de génération et pas de preuve.

    pour contrer les arguments de Lomborg il y a l’excellent site de la fondation nicolas hulot.

  2. Pour éviter toute confusion,
    je me dois de rappeler que je ne parlais que des modèles long terme.

    On parle aussi de barrière de complexité, de fitting-noise, etc…
    Les méthodes de grilles dépendent des conditions aux limites tolérées dans le modèle. Des tas d’hypothèses simplificatrices sont nécessaires d’où un effet combinatoire pas très éloigné des classes NP.

    Allez, c’est promis, je ne reviens plus là-dessus.
    D’autant que si je relis mon texte, je risque de vouloir le modifier à nouveau.

  3. La question derrière tout cela est d’abord une question d’idéologie politique….
    Celle qui se cache derrière tout le débat sur « le réchauffement climatique dramatique », c’est l’idéologie de la deep ecology, à savoir: notre modèle de développement est profondément mauvais et dévoyé… La science le prouve….

    Ben la science ne prouve rien du tout en l’occurence: c’est tellement complexe la climatologie qu’on ne l’approche que par des modèles approximatifs… pire que les modèles des « experts » économiques…

  4. Comme Denis le fait remarquer à juste titre, seules des mesures coercitives feront avancer les choses, qu’il s’agisse du réchauffement ou des pays du sud. Mais qui va les prendre ? Dans un monde tel que le notre aujourd’hui, on a plutôt tendance à se regarder le nombril, et à voter pour ceux qui défendent nos intérêts personnels à court terme.
    J’ai été censuré sur le forum de Libé pour avoir évoqué le terme de « dictature écologiste ». Mais même si des formes de contre pouvoir apparaissent, avec des actions de lobbying en faveur de l’environnement, les choses avancent à pas de fourmi. Peut-on croire que la prise de conscience sera collective, et qu’elle se fera à temps avant d’avoir atteint un seuil d’irréversibilité peut-être déjà franchi ? Peut-on se permettre, sous prétexte que le pire prévisible n’est pas sûr, de continuer à accepter des mesures (Kyoto) en décalage complet avec l’ampleur et la gravité des phénomènes ?
    Comment sauver la planète, comment nous sauver, sans perdre la démocratie ?

  5. Pourquoi toujours opposer efficacité économique et écologie ? Si les contraintes incitant à économiser l’énergie/les matières premières sont intelligemment conçues, les économies réalisées (surtout si le prix du pétrole monte) rembourseront les investissements. Cela avait été la bonne surprise d’un programme organisé par un état américain (Vermont, Machassussets ?) de lutte contre les polluants industriels.

  6. « Les milieux ultralibéraux (the Economist par exemple) »
    Il faudrait peut être éviter d’exagérer…the Economist n’est pas sur une ligne ultralibérale, ça reste assez différent de Nozick. Ca ne sert à rien d’employer un terme à tout va, sauf pour le galvauder…

  7. Les Paniquards intéressés

    Qui sont-ils ?
    On les appelle des « scientologues ». Façonnés à la sauce enseignante de 1968, ils ont été formés aux disciplines abâtardies par les débauches sémantiques des fameuses mathématiques modernes, censées ouvrir à tous l’accès facile aux sciences. On les appelle météorologues, climatologues, astrologues, tous adeptes des sciences divinatoires.
    De leurs études, ils ont retenu des formules sans comprendre ni essayé de comprendre les sciences qu’on leur enseignait si mal.
    Cela a commencé dès l’école primaire. Il suffit de comparer les vieux livres de « leçons de choses » d’avant et d’après 1968.
    A ces ectoplasmes de scientifiques on a donné des chefs formés à Science Po et Normale Sup dans les disciplines littéraires rénovées à l’ENA par un vernis de droit public.
    Une campagne gigantesque, mondiale, d’intoxication, a été lancée avec toute la puissance des médias. Que ce soit pour un motif charitable ou salvateur, un seul but : des crédits, du pognon. Pourtant, tout ce qui avait été découvert aux siècles précédents l’a été sans ces fameux crédits.
    De CROZEMARIE à nos grands patrons du CNRS jusqu’à ce Ministre surnommé « le docker de Somalie », il n’y a pas loin. L’important n’est pas de posséder mais de disposer. Voyages, voitures, hôtels de luxe Etc.…
    Oui ! Mais la recherche a besoin d’argent ? Comment utilise-t-elle cet argent ? Lisez les bilans, ceux des officines de recherche et ceux des professionnels de la charité. Recomptez ce que dépensent les fameux Chefs Chercheurs ou Présidents charitables dans le « tourisme universitaire », dans les « séminaires », « colloques » « voyages d’études ». Ces gens-là se feraient sodomiser pour un billet d’avion, une note de frais, car, ces manifestations se font de préférence dans les hauts lieux du tourisme, le plus loin possible sous les tropiques. Ou alors, on leur paie de beaux bateaux, croisières à la clé.
    Déjà, la République, dans le passé, a financé ce type de tourisme scientifique « bidon ». On a encensé Charcot, médecin allergique à la médecine, yachtman refoulé, navigateur approximatif, auto proclamé Commandant, et son inutile POURQUOI-PAS, financé par le contribuable et naufragé avec lui. ESTIENNE a repris le flambeau. L’océanographie est aussi un prétexte à de bien belles croisières.
    Pour entretenir la pompe à finances, rien de tel que de flanquer la panique. Quand il a la trouille, le contribuable est bien plus malléable ? Pour cela, on va chercher dans le showbiz, les HULOT, les BARNIER,…. Ils sont légion à courir après la manne électorale et ses prébendes. Sans chercher bien loin, on en trouve aussi à l’Académie des Sciences, de toutes les sciences, de tous les pays du monde.

    « Pigeons de tous les pays: unissez-vous…Et payez »

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