La ville, recette contre le réchauffement?

Par Denis Delbecq • 8 février 2011 à 10:10 • Categorie: Lecture

Evolution des émissions moyennes de CO2 par habitant et taux d'urbanisation, de 1965 à 2005. On voit notamment l'urbanisation rapide de la Chine, de l'Inde et du Japon, et l'impact des politiques suédoises et allemandes ©  Hoornweg at al.

Evolution des émissions moyennes de CO2 par habitant et taux d'urbanisation, de 1965 à 2005. On voit notamment l'urbanisation rapide de la Chine, de l'Inde et du Japon, et l'impact des politiques suédoises et allemandes © Hoornweg et al.

Cela ne surprendra personne, les villes des régions industrialisées du Monde représentent des émissions de gaz carbonique par habitant élevées. Ce sont les villes Américaines, Allemandes, Japonaises et Coréennes (Sud) qui sont de loin les plus émissives. Avec 17 à 23 tonnes de CO2 par an et par habitant pour les USA, 8 tonnes à 15 tonnes pour l’Allemagne, 7 à 10 tonnes pour le Japon. Entre 1 tonne et 6 tonnes pour la Chine, presque moitié moins pour les villes Indiennes ou Brésiliennes.

La comparaison avec la production de déchets est éloquente: il existe une relation aux airs linéaires avec les émissions de gaz carbonique. Mais le plus parlant est sans doute l’écart qui existe entre les principales grandes villes étudiées et le pays auquel elles appartiennent. D’une manière générale, les populations des grandes villes émettent moins que la moyenne du pays correspondant. Ainsi le Parisien rejette environ 5,2 tonnes de CO2 par an, quand le Français tourne autour de 8,7. C’est plus net encore au Japon (4,9 tonnes à Tokyo, 10,8 tonnes pour le pays), en Norvège (11,7 tonnes en moyenne et 3,5 tonnes à Oslo), ou en Suède. Toutes les grandes villes américaines étudiées rejettent plus par habitant que la moyenne des Américains. On retrouve cette même tendance de sobriété citadine dans les pays émergents (Inde, Brésil, Mexique, Népal, etc.).

Emissions par habitant et production de déchet © Hoornweg et al.

Emissions par habitant et production de déchet © Hoornweg et al.

Mais cette apparente vertu des citadins connait quelques contre-exemples spectaculaires: un Pékinois émet trois fois plus qu’un Chinois (10,1 contre 3,4 tonnes), et c’est même plus marqué à Shanghai (11,7 tonnes). On retrouve ce même phénomène à Francfort et Stuttgart pour L’Allemagne, à Bologne pour l’Italie; à Genève (Suisse), Rotterdam ou Bangkok (près de trois fois les émissions du pays dans ces deux villes).

Bien évidemment, si aucune donnée chiffrée de densité de population n’est compilée dans cette étude, la densité urbaine joue un rôle clé: à Denver, on émet deux fois plus qu’à New York. Les chercheurs montrent trois vues aériennes de quartiers de Toronto (Canada). Une zone résidentielle d’immeubles (1,3 tonnes annuelles par habitant), une zone résidentielle de maisons denses (6,6 tonnes) et un quartier résidentiel de grandes propriétés (13 tonnes).

(1) Environment & Urbanization, Vol XX(X). DOI: 10.1177/0956247810392270

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