Joutes baleinières: pourquoi l’Islande est-elle à l’abri?

Par Denis Delbecq • 3 janvier 2011 à 9:16 • Categorie: Coup de gueule

Il en est ainsi chaque début d’année: les moteurs du «Dakar» vrombissent, les hausse de prix tombent à la pelle, et les joutes nautiques reprennent en Antarctique.

C’est donc le 31 décembre que le «pirate» Paul Watson a établi le contact visuel avec la flotte de pêche baleinière japonaise. Dès le lendemain, les canons à eau embarqués sur les navires pseudo-scientifiques sont entrés en action contre les Zodiac de la Sea Spepherd, marquant le début d’une nouvelle confrontation dans les eaux glacées du Grand sud. L’an dernier, ça avait failli mal tourné quand le navire vedette des écologistes avait coulé après une collision avec un baleinier. Accident qui semblait prémédité, selon certains, qui ont accusé Watson d’avoir provoqué l’incident.

Il y a quelques jours, Greenpeace avait crié victoire dans sa bataille contre les drôles de méthodes des baleiniers. Il faut dire que le témoignage d’huiles de l’Agence des pêches japonaises reconnaissant avoir reçu quelques menus cadeaux en nature montrait à quel point les partisans de la chasse à la baleine arrosent ce qu’ils peuvent pour faire durer leur activité en dépit du concert international de contestation. L’Agence s’est contentée de réprimander cinq de ses responsables et de menacer de sanctions tout manquement à son éthique. Deux militants de Greenpeace avaient été condamnés en septembre à de la prison avec sursis pour avoir volé des colis de viande de baleine à des marins pour, disent-ils, mettre un trafic sur la place publique.

Il y a quand même quelque chose d’étrange dans cette confrontation annuelle entre écologistes et baleiniers japonais. Non que ces derniers aient le droit de prélever des grands mammifères pour de prétendues études scientifiques. Les techniques modernes permettent d’apprendre beaucoup de choses sur les animaux marins sans qu’il soit besoin de les abattre. Non, ce qui ne lasse pas de me surprendre, c’est le silence international sur les activités baleinières d’autres pays, comme l’Islande. Le pays a repris une chasse commerciale il y a cinq ans, et accroit régulièrement les quotas qu’il s’arroge. Selon la Whale and Dolphin Conservation Society, l’Islande aurait exporté 800 tonnes de viande de baleine vers le Japon, la Norvège et les Iles Feroe. Et pourtant, on ne voit ni Zodiac ni vaisseaux écologistes, alors que d’un point de vue logistique, ce serait beaucoup plus facile puisque les Minke et autres baleines appréciées en Islande croisent tout près des côtes?

Il y aurait donc deux poids, deux mesures. Est-ce parce que c’est plus médiatique de s’en prendre au Japon, d’organiser des joutes à plusieurs milliers des côtes dans les eaux mythiques de l’océan austral? De deux choses l’une: soit les instances internationales reconnaissent que la chasse commerciale sous couvert de science est inacceptable, et tous les pays qui contreviennent à ce principe doivent être traités de la même manière. Soit on décide de fermer les yeux.

Source: Huffington Post.

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