Disparition du pétrole, la preuve par la calculette

Par Denis Delbecq • 6 août 2010 à 13:53 • Categorie: En chiffres
© Denis Delbecq

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Où est passé le pétrole du puits MC252 de BP? Cette question turlupine bon nombre de chercheurs, qui contestent les chiffres publiés cette semaine par les autorités américaines qui affirment qu’il ne resterait dans l’océan que 25% des 545000 tonnes de pétrole larguées entre le 20 avril et l’arrêt des fuites mi-juillet. Au cœur de la question, la quantité de brut qui reste sous la mer, dans un panache de gouttelettes microscopiques qui naviguent à mille mètres de fond. Panache contesté dans un premier temps par la NOAA, avant de le reconnaître dans un rapport en juin dernier.

Histoire de me rafraîchir ma mémoire mathématique, je me suis donc attelé à un petit calcul de coin de table, sur la base des indications relevées par la NOAA, pour tenter de déterminer quelques ordres de grandeur, considérant que le panache fait environ cent mètres d’épaisseur. La NOAA avait relevé des concentrations dépassant quelques ppm (parties pour million, soit quelques grammes de pétrole par mètre cube d’eau de mer).

Bien évidemment, toutes les hypothèses retenues pour ce calcul sont fausses, elles n’ont pour but que de déterminer des ordres de grandeur.

A considérer que la teneur est homogène et isotrope autour du puits, soit dans un disque de 100 mètres d’épaisseur pour 80km de rayon(1), on calcule que le panache contiendrait entre 2000 tonnes (pour une concentration moyenne d’une partie par milliard) et 2 millions de tonnes (pour une concentration moyenne de 1 ppm) de pétrole. Un peu vaste comme fourchette, non?

J’ai donc rembobiné ma mémoire —les intégrales ça vous dit quelque chose? (2)—, et considéré que la teneur de pétrole décroit de manière exponentielle au fur et à mesure qu’on s’éloigne du puits. Disons, à la louche, de 1 ppm au niveau du puits, à mille fois moins (1 ppb) à 80 kilomètres. Cela me donne une évaluation de 83 000 tonnes de pétrole dans le fameux panache sous-marin. Autrement dit, 15% de tout ce qui a été déversé au départ. Et comme du pétrole se trouve ailleurs (enfoui dans des sédiments, notamment), on n’est pas à des années lumières des estimations officielles!

(1) Pourquoi 80 kilomètres? Et pourquoi pas!!!
(2) Ce genre de calcul ne changera pas la face du monde, mais il n’est pas absurde. De plus, ça fait du bien de me rafraîchir la mémoire. Je n’avais pas goûté aux intégrales depuis la fin de ma thèse, en 1989…

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