La fèce de baleine, elixir de jouvence océanique

Posté le 23 avr 2010 dans la catégorie:A la Une. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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On en sait un peu plus sur le rôle des baleines dans l’océan: elles stockent de grandes quantités de fer, qu’elles rejettent en surface. De quoi alimenter la pompe à gaz carbonique. Et ça tombe bien, puisque les Académies américaines lancent une nouvelle alerte sur l’acidification accélérée de l’océan.

Fèces de baleine bleue © Hugh Ryono

Fèces de baleine bleue © Hugh Ryono

Encore une bonne raison de sauver les baleines? Des scientifiques australiens en sont convaincus, car ils constatent que les fèces de baleines fertilisent l’océan austral à sa surface, et alimentent donc la pompe à gaz (carbonique).

Cela fait des années qu’on nous rebat les oreilles sur les bienfaits du semis de fer dans le grand Sud. Une région où l’activité planctonique est réduite, faute du précieux métal. Et des petits malins avaient tenté —sans succès— de se faire des couilles en or sur les marchés du carbone. Ils viennent d’être défaits —définitivement?— par les fèces de baleine.

Selon des scientifiques de la Division antarctique australienne, le quart du fer de l’océan austral est stocké dans le corps du krill, ces petites crevettes dont les baleines sont si friandes. Et du krill, il n’en manque pas: presque 380 millions de tonnes, soit 15 000 tonnes de fer, dont la moitié est consommée par les baleines. Celles-ci en rejettent la majeure partie dans leurs excréments, sous une forme aisément consommable par le plancton, qui le refile ensuite au krill. Un tri-cycle, quoi! La concentration de fer de cette merde est dix millions de fois plus élevée que celle de l’eau de mer! (1)

Bref, à protéger les baleines, on augmenterait la quantité de fer séquestrée de l’océan austral, et ce serait tout bénéfice pour l’effet de serre, et pour l’océan lui-même. D’ailleurs, à ce propos, il y a une nouvelle sur le front du gaz carbonique. Et ce n’est pas Claude Allègre qui la contestera, lui qui a pris la tête du «combattre le CO2 pour sauver l’océan»: un rapport du Conseil de la recherche des Académies américaines des sciences, confirme que l’absorption du gaz dans les océans se fait à un rythme inégalé depuis huit cent mille ans. Le pH, qui mesure l’acidité, aurait baissé de 8,2 à 8,1 depuis le début de l’ère industrielle. Les modèles prédisent une baisse de 0,2 à 0,3 d’ici la fin de ce siècle, si les émissions de CO2 continuent de croître. Commandé par le Congrès américain, le rapport préconise un développement rapide d’outils de suivi de cette acidification, et de recherches pour améliorer la connaissance sur les effets de ce trip acide que les baleiniers ont infligé à l’océan (2).

(1) Southern Ocean iron fertilization by baleen whales and Antarctic krill, Nicol et al, Fish and Fisheries, édition du 30 mars 2010.
(2) Que les choses soient claire, l’essentiel de l’hécatombe servait à éclairer les villes avant la généralisation de la fée électricité

Denis Delbecq

 

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