Nestlé change d’huile de palme, enfin presque

Par Denis Delbecq • 18 mars 2010 à 10:13 • Categorie: A la Une

Plantation de palmiers à huile © Greenpeace

Au lendemain de la publication d’un document de Greenpeace mettant en cause les pratiques de l’un de ses fournisseurs d’huile de palme, Nestlé a fait savoir qu’il a cessé de se fournir auprès de Sinar Mas, le second producteur d’huile de palme du monde. L’entreprise est accusée par Greenpeace de déforester à tour de bras en Indonésie, pour planter ses palmiers.

A vrai dire, Greenpeace se félicitera sûrement d’avoir fait reculer le géant en le menaçant d’une grande campagne contre ses marques phares, comme Kit Kat. C’est probablement plus compliqué que cela. On ne supprime pas d’un claquement de doigts un fournisseur qui livre des dizaines de milliers de tonnes d’huile de palme par an. Selon Reuters, Nestlé affirme avoir pris sa décision après avoir conduit sa propre enquête sur le terrain. En février, Kraft food a lui aussi éliminé Sinar Mas de sa liste de fournisseurs. Unilever en avait fait autant en décembre dernier. Des décisions prises après le véritable harcèlement auquel se livrent depuis plusieurs années Greenpeace, le WWF et d’autres ONG, contre les producteurs d’huile de palme.

© GreenpeaceSelon ses dires, Nestlé a consommé l’an dernier 320 000 tonnes d’huile de palme (pour une production mondiale estimée à 42 millions de tonnes, dont les neuf-dixièmes sont produites en Indonésie et en Malaisie). L’entreprise a annoncé qu’elle n’achèterait plus que de l’huile certifiée durable dès 2015 et affirme que ses liens directs avec Sinar Mas ne concernaient que la production de Nestlé Indonesia, et non ses importations. Mais selon Greenpeace, qui ne conteste pas cette affirmation, Cargill et IOI, deux autres fournisseurs d’huile de palme du géant alimentaire, lui revendent de l’huile achetée chez Sinar Mas. Nestlé n’a pas répondu sur ce point, ce qui laisse penser que Sinar Mas pourra encore se targuer de fournir le géant.

La bataille des ONG contre les géants de l’alimentaire n’est pas près de s’arrêter. Car si le WWF fait partie du RSPO, l’organisme monté par les producteurs d’huile de palme pour certifier le caractère durable de leur production, les critères de certification restent contestés par d’autres ONG. Sinar Mas est d’ailleurs membre du RSPO, un organisme que Greenpeace qualifie de «greenwasher». Seule une toute petite partie de l’activité de la firme indonésienne est certifiée, sur laquelle elle s’appuierait pour couvrir des pratiques illégales.

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