Un monde fou, fou, fou

Par Denis Delbecq • 17 décembre 2009 à 22:22 • Categorie: A la Une
© Denis Delbecq

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Alors qu’il semble inéluctable que le bide annoncé de Copenhague se confirme en clôture (il faut dire que l’un des deux acteurs principaux, le Nobélisé du moment, n’est toujours pas arrivé), un tour d’horizon des sujets que j’avais noté, sans avoir le temps d’écrire, donne le tournis. Jugez plutôt.

D’abord, cette étrange nouvelle: faute de nourriture, des ours polaires en seraient réduits au cannibalisme. Pour rester dans l’animalier, l’enrichissement océanique en carbone pourrait profiter aux mangeurs de homard. L’animal, contrairement à d’autres, aurait la recette pour transformer ce carbone en courbe de croissance, à la grande joie des pêcheurs. Quand aux baleines, il semble que certaines muent, pour adopter un chant plus grave que par le passé. J’imagine qu’Al Gore, qui n’a de cesse d’en rajouter —comme si l’état du climat n’était pas assez inquiétant comme ça—, va encore mettre ça sur le dos de l’ex-administration Bush. Gore n’a qu’à se pencher sur les violents feux de brousse du sud de l’Australie.

Dans notre hexagone si schizophrène, à la veille du discours du lider maximo verde à Copenhague, je lisais comment —selon le Syndicat des énergies renouvelables— la France a décidé de lutter contre le réchauffement climatique: en doublant, semble-t-il l’impôt forfaitaire annuel apposé aux éoliennes et aux énergies de la mer (qui désormais sont plus lourdement imposées que le nucléaire, si j’ai bien compris.) Au passage, on notera que le rapport du Parlement français (Opecst) sur les futures normes thermiques des bâtiments n’a toujours pas tordu le cou au chauffage électrique, dont on voit, à coup d’alertes rouges, tout le bienfait qu’il offre à la France en général, et à la Bretagne en particulier.

Et bien évidemment, on ne s’étonne pas de lire que les patrons européens s’insurgent contre l’idée d’une baisse sans conditions de 30% des émissions de gaz à effet de serre que l’Europe pourrait mettre sur la table pour tenter d’enfoncer un coin dans le duel USA-Chine à Copenhague. On ne s’étonnera pas plus d’apprendre qu’aux USA, plus de trois cent millions de dollars auraient été dépensés par le lobby du fossile pour contrer le climate act d’Obama. Selon des sources fiscale américaines, le lobby du solaire aurait dépensé 400 000 dollars pour faire sa pub…

Côté poisson, ça frétille aussi. A l’île d’Yeu, on s’insurge contre le moratoire décidé à Bruxelles sur la pêche au requin-taupe, pour tenter de sauver l’espèce. A la FAO, au contraire, on prend la défense du thon rouge Atlantique, et les experts de l’organisation onusienne soutiennent —majoritairement— l’interdiction de son commerce international. Une position que Sarkozy avait soutenue, avant de retourner sa veste pour éviter d’en prendre une chez les pêcheurs français. On peut parier sans peur de se tromper que le sommet de la CITES (organisme qui régit le commerce international des espèces menacées) sera un aussi grand succès que le COP15 danois.

Pour finir, sans doute la plus mauvaise nouvelle de la semaine. Le plus important essai clinique d’un gel microbicide contre le virus du sida a  fait flop. Après des tests conduits sur plus de neuf mille femmes en Afrique, il s’avère aussi inefficace qu’un simple placebo.

Vivement ma réincarnation en poulpe!

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