Articles | Commentaires /

  • Accueil
  • 76° Sud
  • Rubriques
    • A la Une
    • Coup de gueule
    • Droit de suite
    • En bref
    • En chiffres
    • Expliquez-moi
    • Femmes et Hommes
    • L'animal
    • L'idée
    • L'image
    • Le mot
    • Le site
    • Le son
    • Lecture
    • Questions de blog
    • Qui a dit?
  • Empreintes
    • Alimentation
    • Cosmétique
    • Droguerie
    • Electroménager
    • Electronique
    • Habillement
    • Habitat
    • Energie
    • Transport
    • Toutes
  • Alimentation
    • Agriculture
    • Ogm
    • Riz
    • Blé
    • Pêche
  • Climat
    • Arctique
    • Antarctique
    • Effet de serre
    • Energie
  • Energie
    • Charbon
    • Pétrole
    • Gaz
    • Nucléaire
    • Barrages
    • Eolien
    • Solaire
    • Bois
  • Environnement
    • Air
    • Eau
    • Pollution
    • Déchets
    • Biodiversité
    • Faune
    • Flore
    • Ogm
    • Océans
    • Forêts
    • Agriculture
  • Transports
    • Automobile
    • Aviation
    • Navires
    • Agrocarburants
    • Hydrogène
  • Santé
    • Sida
    • Paludisme
    • Pollution
    • OGM
  • En images
    • Islande, entre ciel et volcans
    • Argentine'08, un air de tango
    • Carnaval à Paris
    • Prestige, naufrage nauséabond
    • Aspertus, un nuage qui cherche son nom
  • L’auteur

Silence dans les rangs

Posté par Denis Delbecq le 11 nov 2009 dans la catégorie: A la Une. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
Vous pouvez laisser un commentaire ou un trackback depuis votre site

© Greenpeace

© Greenpeace

Il y a quelques jours, de nombreux médias et ONG se sont fait l’écho d’un rapport des experts de la CICTA, l’organisation internationale qui tente de fixer un cadre à la pêche au thon rouge en Atlantique et dans la Méditerranée. Ou plus exactement d’un chiffre extrait de ce rapport qui a servi de chiffon rouge: il ne resterait que 15% du stock de thon (rouge!) originel dans l’Atlantique et la Méditerranée. Le rapport complet, lui, était alors secret…

Cette fuite n’a pas plus au Japon —qui dépend cruellement des thonidés de la région Atlantique—, qui l’a fait savoir à la CICTA. Car de nombreuses ONG se sont précipitées dans la brèche pour réclamer un arrêt de la pêche au thon et la fin d’un système de quotas qui brille par son inefficacité.

La Commission a fini par publier le rapport complet pour éviter, dit-elle, des «interprétations partiales», non sans rappeler que ses rapports scientifiques n’ont pas vocation à être rendus publics avant d’avoir été adoptés en séance plénière, laissant entendre que ce sont des membres de la CICTA qui ont laissé filtrer des extraits saignants du document. Silence dans les rangs!

Il faut dire que cette fois, la menace est bien réelle pour l’industrie de la pêche au thon rouge. Monaco réclame l’inscription de l’espèce à l’annexe 1 de la convention sur le commerce des espèces menacées (CITES), ce qui en interdirait tout commerce international. Les Etats-Unis ont fait savoir qu’il préfèrent un sévère durcissement du dispositif de quotas, constatant que les stocks de thon rouge ont —malgré les quotas— baissé en quarante ans de 72% dans l’est de l’Atlantique et la Méditerranée, et de 82% dans l’ouest de l’Atlantique. Mais Washington a prévenu: si la CICTA n’agit pas en ce sens cette semaine lors de son assemblée qui se tient au Brésil, les Etats-Unis profiteront de la réunion de la CITES fixée en mars prochain pour se ranger derrière Monaco et réclamer l’arrêt du commerce international de l’espèce, ce que Tokyo veut à tout prix éviter… Bref, la dream team d’Obama préfèrerait l’hypocrisie des « quotas zéro » pour éviter de prononcer le mot qui fâche: moratoire (1).

Pendant ce temps, l’Union Européenne semble s’agiter un peu, en favorisant la destruction de thoniers dans les flottes de l’UE. Selon l’Indépendant (Perpignan), quatre des six thoniers amarrés à Port-Vendres vont être retirés de la circulation. L’indépendant a interrogé l’armateur de deux de ces navires, qui nie avoir demandé à bénéficier du plan de sortie de flotte, mais reconnaît qu’il en a gros sur la patate: «Quand vous me demandez si j’ai encore envie de pêcher, j’ai envie de vomir. Sortir en mer avec un observateur à bord qu’il faut supporter et nourrir, c’est plus le métier. L’Etat a dépensé 80 millions d’euros pour nous surveiller cette saison, alors que des gosses meurent de faim. C’est une honte! L’histoire du thon rouge est une histoire politique et non scientifique. Il y a 3 fois plus de poissons qu’en 2003! Mais à Bruxelles, ce sont les écolos qui commandent aujourd’hui ; on se sert juste des scientifiques comme caution. Vous pouvez l’écrire : nous sommes condamnés!»

A vrai dire, il est fort probable que la CICTA se contentera d’abaisser un peu les quotas pour l’année 2010. Soit loin, une fois de plus, des recommandations de ses propres experts scientifiques qui montrent que seules des réductions drastiques pourraient permettre un retour à l’abondance de thons rouges. Mais les quotas ne suffiront probablement pas, et pour cause, ils sont régulièrement détournés. Par des pays souvent cités comme les méchants, notamment la Lybie, mais aussi par des armements bien de chez nous: dix-neufs personnes ont été jugées fin octobre aux Sables-d’Olonne, racontait Ouest-France. Un petit trafic de thon —rebaptisé chinchard à queue jaune pour l’occasion— a permis d’écouler il y a deux ans 170 tonnes de thon, pour un quota fixé à 57 tonnes… Des amendes ont été requises (1000 à 3500 euros); le jugement a été mis en délibéré au 30 novembre.

Finalement, c’est peut-être le consommateur qui détient une des clefs de la survie du thon rouge de l’Atlantique: de grandes enseignes de la distribution l’ont retiré de leurs étals. Et la chaîne Sushi Bâ a annoncé qu’elle ne vendrait plus de thon rouge dans ses restaurants dès le 1er janvier prochain. Reste à convaincre le consommateur japonais, mais ça c’est une autre paire de manches.

(1) Sur les quotas, lire aussi l’interview publiée par Terra Eco.

Mots-clefs: biodiversité, CICTA, europe, faune, halieutique, peche, thon
Partager sur Facebook Envoyer par email Partager sur Twitter

Lire également

  • 19 mars 2010 -- Le sommet des égoïsmes, acte II
  • 11 février 2010 -- Interdire le commerce du thon rouge, une idée qui fait son chemin
  • 12 septembre 2009 -- Le thon, c’était bon…
  • 5 février 2010 -- La tortue n’a pas de prix

1 Réponse pour “Silence dans les rangs”

  1. Harold dit :
    11 novembre 2009 à 16:48

    La citation du marin est très éclairante: les marins pêcheurs ne veulent visiblement pas comprendre malgré toutes les évidences. J’ai aussi pu en parlé avec un pêcheur. C’est toujours la même histoire: « mais y a PLEIN de poissons, il est là, qu’on nous foute la paix!…(et payez-nous notre carburant aussi) « . Des gens très sympathiques au demeurant.

    Répondre

Laisser une réponse

Cliquer ici pour annuler la réponse.

Services

Traduire cet article (Google)

S'abonner (gratuit)

  • Recevez le résumé des articles du jour

       
  •  Suivez les articles en RSS
  •  Suivez les commentaires sur cet article en RSS
  •  Suivez tous les commentaires en RSS
  •  Suivez Effets de terre sur Twitter

Articles récents

  • So long, Marie-Do…
  • Quand les grenouilles coassent, l’alcool coule à flot
  • De l’argent liquide pour plomber les réservoirs
  • Le sommet des égoïsmes, acte II
  • Faut pas prendre les bêtes à bon Dieu pour des enfants de chœur
  • Nestlé change d’huile de palme, enfin presque
  • L’Amérique met un pied dans Desertec
  • Des sondages pour les gogos
  • Les malades, en prison!
  • Dur dur d’être écologiste

Derniers commentaires

  • JP Goux: Déprimant aussi bien pour l’humanité que sur le...
  • Sapristi: @hollydays : Merci pour ce rappel ! En fait dès qu’on...
  • Olivier - ObjectifTerre: BMD a écrit :  »Le premier texte,...
  • Morgan-LynnGriggs Lamberth: AMireille Mthieu, ‘t’es...
  • BMD: Le premier texte, c’est celui cité par Tilleul: Madame de...
  • Robert: Les japonais tuent environ 1000 baleines de Minke par an dont...

Mots-clefs

76° Sud agriculture agrocarburants alimentation Antarctique arctique australie automobile baleine baleines biodiversité Borloo Bush charbon chine climat cyclones déchets eau effet de serre electricite empreinte carbone energie environnement eolien etats-unis europe faune france gaz carbonique Grande-Bretagne japon Lobbies Nature nucleaire Obama ocean oceans ogm onu peche petrole Politiques pollution Questions de blog rechauffement rechauffement-climatique sante Sarkozy solaire

WP Cumulus Flash tag cloud by Roy Tanck requires Flash Player 9 or better.

Ces derniers temps

  • Plus lus
  • Plus commentés
  • Plus récents
  • Allègre et Effets de Terre, le débat n’aura pas lieu
  • L’imposture est-elle une imposture? Première partie: le message
  • Et si on mettait le vent en bouteille…
  • Conflit chez les antinucléaires, Nein Danke!
  • Les académies des sciences se penchent sur le Giec
  • L’Amérique met un pied dans Desertec
  • Quand Claude Allègre réinvente le climat
  • Combien vaut un lézard ocellé?
  • L’atrazine, transformeur sexuel
  • L’imposture est-elle une imposture? Seconde partie: les taches
  • L'Amérique met un pied dans Desertec (109)
  • Et si on mettait le vent en bouteille... (88)
  • Allègre et Effets de Terre, le débat n'aura pas lieu (78)
  • Conflit chez les antinucléaires, Nein Danke! (61)
  • Au secours, EDF a pêté un fusible! (54)
  • L'imposture est-elle une imposture? Première partie: le message (50)
  • Un peu de science himalayenne ne fait jamais de mal (49)
  • Dur dur d'être écologiste (49)
  • Quand Claude Allègre réinvente le climat (46)
  • L'été Arctique, où le rêve de nouvelles routes commerciales (39)
  • So long, Marie-Do…
  • Quand les grenouilles coassent, l’alcool coule à flot
  • De l’argent liquide pour plomber les réservoirs
  • Le sommet des égoïsmes, acte II
  • Faut pas prendre les bêtes à bon Dieu pour des enfants de chœur
  • Nestlé change d’huile de palme, enfin presque
  • L’Amérique met un pied dans Desertec
  • Des sondages pour les gogos
  • Les malades, en prison!
  • Dur dur d’être écologiste
    © 2010 Denis Delbecq | Réalisé avec WordPress