La démagogie du pétrole est en marche

Par Denis Delbecq • 19 juin 2008 à 10:09 • Categorie: A la Une, Rubriques

Franchement, il y en a qui ne respectent plus rien. Prenez Dobelyou, il ose même défaire des trucs que son pater familias avait décidé il y a dix-huit ans… Bush junior, hier, a lancé une adresse au congrès, l’implorant de lever l’interdiction de forer dans les eaux américaines décidée en 1981. En 1990, le senior du même nom avait même interdit toute exploration le long des côtes pour éviter les risques de pollution.

Mais voilà, aujourd’hui, alors que le cours du pétrole file à grand flot vers les 150 voire 200 dollars le baril, l’Amérique profonde s’inquiète (comme tout le monde d’ailleurs). «Elle se tourne vers la maison-blanche et attend une réponse», a expliqué Dobelyou hier.

Bel exemple de démagogie qui cache mal les amitiés du président avec l’industrie pétrolière. Les amitiés, et les relations incestueuses avec certains des ses copains sénateurs. Une étude sur laquelle je suis tombé ce matin affirme que les sénateurs qui ont voté contre, et rejeté l’Energy Bill, ont reçu trois fois plus de subsides de l’industrie pétrolière que ceux qui avaient voté pour…

«Amis américains, autorisez les puits de pétrole, et l’essence baissera…» Comme si on pouvait en quelques semaines dénicher de nouveaux forages, les mettre en exploitation, transporter le pétrole et le raffiner… D’ailleurs, le New York Times rappelait hier qu’il faudra d’abord construire des navires d’exploration vu la pénurie actuelle…

Bien évidemment, cette question pétrolière pèsera lourd dans la campagne cet automne. Mc Cain soutenait jusqu’à présent les moratoires sur l’exploration et l’exploitation offshore du pétrole et du gaz. Mais mardi, histoire de glisser une flaque d’huile sous les pieds d’Obama, il a fait volte-face, devançant même son copain Dobelyou.

Obama aura fort à faire pour faire comprendre à l’Amérique qu’on ne lutte pas contre une dépendance en avalant plus de substance. Comme le sait n’importe quel médecin, on se soigne d’une came (alcool, tabac, poudre, etc.) par le sevrage. Pour le pétrole, c’est pareil. Même Arnold l’écorépublicain à la tête de la Californie l’a compris.

Image: © Denis Delbecq

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