Voile hissée, armateur heureux

Posté le 19 déc 2007 dans la catégorie:A la Une, Rubriques. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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Ainsi donc, Skysails commence à tenir sa promesse. Celle de réduire la consommation des navires à l’aide de cerf-volants. On en avait longuement parlé dans les colonnes de Libé fin 2005, quand l’objet n’était encore qu’une curiosité. Mais samedi, un vrai navire de 132 mètres a été baptisé, qui emporte sur le pont une voile de 160 mètres carrés, fixée à un mat dédié. Le Beluga Skysails, flambant neuf, devrait effectuer sa première transat en janvier, entre l’Europe et le Venezuela, avant de remonter sur Boston et de revenir en Europe.

L’air de rien, c’est malin. Hissés à deux ou trois cents mètres d’altitude, les 160 mètres carrés de voile en guise de tracteur devraient réduire la consommation du navire-prototype jusqu’à 20% sur un trajet. Soit plus de 1500 dollars par jour de mer, selon Skysails. Au passage, les rejets de gaz carbonique seront aussi réduits de 20%, de même pour les autres polluants recrachés par le fumées.

Pourquoi se prendre la tête avec un cerf-volant quand la marine à voile pourrait reprendre du poil de la bête? Pour deux raisons évidentes. D’abord, sur un cargo moderne, ou un porte-conteneur, la place sur le pont est comptée. De plus, l’ajout sur un grand navire d’une vraie mature et de voiles pose un vrai problème en cas de tempête. Même en affalant toute la toile, la prise au vent des mâts crée une force qui peut mettre en danger le navire. A l’inverse, avec un cerf-volant, il suffit de le ramener, de le replier (sans s’emmêler!). Dans le bidule de Skysails, un mât équipé de moteurs électriques assistés par ordinateur gère le déploiement et l’affalage.

Tous les yeux des armateurs —qui sont près de leurs sous, comme chacun sait— sont désormais braqués sur l’invention du jeune allemand, Stephan Wrage, aujourd’hui âgé de 35 ans, qui pourrait leur faire gagner un paquet d’argent. Skysails a déjà plusieurs pré-commandes qui n’attendent que les résultats des premières traversées. Des prototypes de 320 mètres carrés sont à l’étude, et une voile du double pourrait être ajoutée au catalogue dans quelques années, pour offrir l’équivalent de 6800 chevaux (5000 kilowatts pour parler moderne) de moteurs (presque) gratuits. Gageons que pour ses prochaines vacances en yacht maltais, notre bien-aimé président et sa nouvelle compagne se feront fort d’arborer un immense cerf-volant aux couleurs de notre beau pays…

Image © Skysails

Denis Delbecq

 

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4 Réponses pour “Voile hissée, armateur heureux”

  1. francis dit :

    C’est une bonne nouvelle, 20% d’économie au début d’une technologie c’est prometteur . Bon ce n’est pas tout mais il reste un effort à faire, les économies les plus importantes consistent à ne plus transporter des frets inutiles.

  2. [...] • Lire également “Voile hissée, armateur heureux”. [...]

  3. [...] de traction équivalente à la poussée d’un moteur d’Airbus A318. Après trois cargos dont le premier a été équipé il y a deux ans, le Maartje Theadora est le premier navire de pêche à bénéficier de ce système, avec l’appui [...]

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