Nous sommes tous des Australiens! (MAJ)

Par Denis Delbecq • 24 novembre 2007 à 2:07 • Categorie: Rubriques

Je ne connais pas Kevin Rudd, et je parierai que vous non plus. Mais cet homme m’est doublement sympathique. Kevin Rudd est le leader de l’opposition travailliste en Australie qui se prépare à ravir, je l’espère, la tête du pays aux conservateurs aujourd’hui. Et les seuls bons conservateurs sont ceux écartés du pouvoir.

L’Australie est un étrange pays, que je n’ai jamais eu la chance de visiter. Tout juste, je me remémore les longues discussions avec un vieil ami, perdu de vue depuis longtemps (Hi David!), avec qui j’ai partagé mon toit il y a une quinzaine d’années. Et je n’oublie pas le juste engagement de ce pays, comme d’autres, quand la France Chiraquienne avait ordonné de nouvelles explosions à Mururoa.

J’ai aussi suivi quelques tristes épisodes de l’histoire récente Australienne, notamment les manifestations à caractère franchement raciste d’il y a quelques années. Mais l’élection de ce samedi est une grande première dans notre histoire. Pour la première fois, une Nation, qu’on dit pourtant repliée sur ses certitudes, s’exprimera sans doute en grande partie sur la cause climatique. Sans doute sous la pression d’une sécheresse persistante qui crée autant de pression dans les esprits que la canicule de 2003 avait pu en susciter en France. Peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse…

Je ne connais pas les défis de la politique intérieure Australienne, je ne ferai donc pas semblant. Mais les enjeux extérieurs sont évidents. Aujourd’hui, l’Australie est le seul pays important, dans la liste des coupables du réchauffement actuel, qui marche encore dans les traces de l’administration Bush (1). Un pays dont la voix porte en Asie, face aux économies en développement qui réclament un engagement fort des nations riches avant de se mouiller dans la protection du climat. Si Rudd l’emporte, l’Australie changera de camp, ratifiera Kyoto pour la forme, mais après tout, ce protocole n’a d’autre vertu que politique. Pour autant que l’on puisse lui faire confiance. Il martèle depuis des mois que le climat est la priorité numéro un.

J’ai oublié de vous dire la seconde raison de ma sympathie pour le leader de l’opposition Australienne. Il parle, paraît-il, couramment le Chinois. Une fois à la tête de son pays, nous, pays riches, pourrions donc en faire notre ambassadeur climatique auprès de Pékin. Ça aurait plus de gueule que notre Brice Lalonde national, choisi par Borloo pour porter la voix —ambigüe— de la France sur ce dossier, non?

MAJ: samedi 24/11 à 14h55. Les Australiens ont aussi apprécié Rudd, puisqu’il a bien battu le cosnervateur John Howard. Il lui reste à tenir sa prommesse numérun un: ratifier Kyoto en vitesse. Et que ça saute!
Image © Denis Delbecq

(1) Bien que le Canada joue un billard à n bandes que j’ai du mal à comprendre. Des idées?

• Envoyer par email •  Partager sur Facebook

Tags: , , , ,