© Denis Delbecq

Le «leader maximo verde» mène les pêcheurs en bateau

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Hier, donc, notre «lider maximo verde» a fait une escale sur la route de Washington pour tenter de calmer la colère des pêcheurs bretons. Trop fort ce Sarkozy, pour déminer un conflit. Arrivé sous les huées, il repart sous les applaudissements, racontent les dépêches. Déminé, le conflit? Pendant que Sarko tentait de caresser les marins du Guilvinec dans le sens des écailles, ceux de Boulogne commençaient à s’agacer. Sur le quai, une mère patronne hurlait dans son portable. Les petits chalutiers étaient amarrés, souvent deux ou trois à couple, la flottille Etaploise était au grand complet. Mais beaucoup n’étaient pas sortis, les bateaux étaient propres, filets bien rangés, et cirés dans la cale. «Ils ont baissé la culotte les bretons, et vous n’aurez rien si vous ne vous bougez pas», hurlait cette femme à l’adresse des pêcheurs sur le quai. Elle a bien compris la méthode de gouvernement de Sarko.

Quelques caisses sorties d’un des rares bateaux rentré de la marée montrent toute l’étendue du problème: les morues ne dépassent plus la paire de kilos quand elles pouvaient en faire dix fois plus il y a vingt ans. Des stocks en chute libre, un carburant qui flambe (détaxé comme il l’est, le pétrole augmente aussi vite que le baril), la pêche française est dans la panade. Comme toutes les pêches. Et si Sarkozy a promis de l’argent pour la rendre plus compétitive, plus performante, il ne fait que prolonger le mensonge et le manque de courage qui caractérise tous les gouvernements dès qu’on parle de pêche.

Car qu’on le veuille ou non, il faudra payer plus cher son poisson, et réduire les capacités de pêche. Moins de pêcheurs et la garantie pour eux de vivre décemment de leur métier, le plus difficile au monde sans doute. Et revoir la distribution: la sole se négociait entre dix et douze euros le kilo hier dans les échoppes des pêcheurs de Boulogne. Des poissons qui, transportés dans la capitale, franchiront allègrement les vingt-cinq euros…

Partout, les stocks franchissent la ligne rouge. Rouge comme le thon méditerranéen surexploité pour alimenter les fermes espagnoles à sushis… En Asie, la densité de poissons aurait diminué de 86% dans certaines eaux en seulement trente ans. Et au problème du surdimensionnement des flottes officielles, s’ajoute là bas, la fraude massive: une licence accordée à un navire, est parfois réutilisée par trois ou quatre autres embarcations… Chez nous, les petits arrangements avec les mailles de filet et autres astuces de pêcheurs sont du travail d’amateur…

Un commentaire

  1. Que de défaitisme… La pêche est le secteur agricole qui est la plus affectée par les variations du pétrole. La réduction d’utilisation des énergies fossiles se répercute directement sur le prix.

    Quand à la surpeche :
    pour une fois qu’un article de qualité sur l’environnement existe sur wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Surp%C3%AAche

    « Les navires-usines exploitent de plus en plus de zones (ouest de l’Afrique, océan Indien, Pacifique du sud-est…) et pêchent toujours plus profond, capturant de nombreuses espèces endommageant des écosystèmes. La pêche technologique a entraîné une augmentation rapide des prises accessoires. 25% des poissons (27 millions de tonnes) qui sont péchés sont rejetés morts à la mer car ils n’appartiennent pas aux espèces souhaitées. »

    « L’aquaculture pourrait être une solution pour répondre à la demande en poissons tout en améliorant l’habitat (récifs artificiels) mais actuellement la plupart des poissons d’élevage des pays developpés sont des carnivores. Il faut pêcher 2kg de poissons pour en élever 1kg et les produits de l’aquaculture ont un prix élevé ce qui n’améliore pas la sécurité alimentaire. Elle permet seulement de valoriser des poissons peu recherché par les consommateurs (petits pélagiques). L’aquaculture peut entraîner une eutrophisation et une anoxie des eaux, voire une prolifération de planctons toxiques (marée rouge).

    « La Chine et l’Inde pratiquent des élevages de cyprinidés et de tilapias ommnivores qui permettent de produire de grande quantité de poissons (10 millions de tonnes de carpes, 1.5 million de tonne de Tilapia) sans utiliser de grandes quantités de farines de poissons. Ces élevages ont souvent intégrés à des systèmes d’élevage de volaille où de porc, les étangs sont enrichie avec les effluents des élevage (qui peuvent aussi bien être très moderne et très intensif que familliaux). »

    Donc les solutions :
    – indépendance énergétique de la flotte par le développement de bateaux hybrides moteur à combustion / vent (voir le projet grand largue du pole de compétitivité de Bretagne : http://www.pole-mer-bretagne.com/grand-largue.php / http://www.avel-vor.fr/Projet_Grand_Largue/index.html

    Vu que dans mes souvenirs les bateaux utilisent du pétrole brut, les biocarburants risquent de ne pas être assez compétitif mais ce sera déjà un bon début…

    – développement des techniques de pêches qui permettent d’éviter les prises accessoires

    – développement de la pisciculture non carnivore (et comme ça tombe bien, il y a plein de problèmes avec les déjections de porc en Bretagne)

    Bon on s’y met quand ?

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