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DDq, quelle est selon vous la cause de ces suicides?
Author
Ce que qui me fascine, avec vous, c’est que vous êtes à ce point prévisible. Seriez-vous en train de me reprocher de faire mon travail de manière la plus complète possible, en évoquant ces drames regrettables, qui plus est en donnant la parole à un dirigeant sur ces cas douloureux? Vous pourriez plutôt me reprocher de ne pas avoir interrogé des responsables syndicaux, et de n’avoir donné qu’un son de cloche à ce sujet… Je ne connais pas les raisons qui ont poussé cinq personnes, salariées de l’usine de la Hague, à se donner la mort. Elles leur appartiennent.
Mais, mon cher DDq, j’en ai autant pour vous. Comme je vous l’ai expliqué, dans un blog environnemental, comme en politique, vous êtes maintenant constamment obligé de donner des gages à l’antinucléarisme militant sous peine d’être rejeté par la famille (regardez ce qui arrive à Nicolas Hulot!).
Vos compte-rendus sont globalement objectifs, me semblent-il ,mais ils sont émaillés de remarques qui donnet une connotation négative à l’entreprise. L’histoire des suicides, si cela n’a pas de rapport avec la marche de l’entreprise, pourquoi en parler. C’est trop, ou trop peu.
Vos articles dans la Recherche sont bien plus équilibrés. Mais vous vous adressez à un public différent, qui ne vous prend pas en otage.
J’observe aussi que vous n’avez pas commenté les déclarations de l’UNSCEAR selon lesquels il n’y aurait pratiquement pas de conséquences sanitaires dans la population à Fukushima, tandis que vous avez abondamment commenté les déclarations pessimistes. Vous n’avez pas non plus commenté l’histoire de la bactérie tueuse issue d’une ferme bio qui a contaminé l’Allemagne du Nord, peut-être pour très longtemps, et qui a fait déjà bien plus de morts et d’handicapés à vie que n’en fera Fukushima. Car il ne faut pas déplaire aux antinucléaires, sous peine etc…
Ne pas parler d’une bactérie tueuse d’une ferme bio pour ne pas déplaire aux antinucléaires !!?? Je ne comprends vraiment rien à ce que vous dîtes moi…
Author
Je ne donne de gages à personne, et je n’ai pour famille que celle qui m’a donné le jour, prolongée par celle que j’ai fondée. Que vous trouviez mes articles parus ailleurs équilibrés est bien normal: quand j’enquête pour un journal, je suis uniquement journaliste, j’oublie mes opinions, une règle absolue. Ces colonnes en revanche sont un lieu où je suis libre d’exprimer mes convictions. Ai-je dit ici qu’il y aurait un désastre sanitaire à Fukushima? Il me semble qu’Effets de Terre n’a pas participé à l’hystérie catastrophiste de certains médias. Cela fait plus de dix ans que je me fais autant critiquer par les pro que par les anti-nucléaires, y compris dans ces colonnes. Signe que je ne dois pas être très loin d’un certain équilibre.
Quant à l’affaire de la bactérie, je ne l’ai pas traitée, faute de temps, et que tout ce foin me paraît bien indécent: des millions de gens meurent tous les jours de bactéries liées à l’absence de traitement des eaux. Et tout le monde s’en fout…
Vous n’avez pas dit qu’il y aurait un désatre, mais vous n’avez pas dit non plus le contraire, et vous avez abondamment commenté le contre, et jamais le pour. Et quand je vous ai sollicité à ce sujet, vous vous êtes défilé.
Si vous pensez que la bactérie tueuse est un détail par rapport à tout le reste, pourquoi parler autant de Fukushima, qui est un détail également.
Je vous rends crédit que vous n’avez pas eu la même attitude que le média moyen qui vit de la paranoïa et qui refuse par conséquent tout article qui n’entretient pas cette paranoïa. Ne serait-ce que parce que vous acceptez mes commentaires, qu’un journal vivant de paranoïa refuserait..
Je trouve curieuse votre remarque sur l’objectivité et vos opinions. Dois-je conclure que lorsque vous parlez du nucléaire, vos opinions ne sont pas objectives. C’est précisément ce que je reproche aux antinucléaires. J’attends avec un impatience un article de vous sur Fukushima dans un journal ou vous serez contraint à l’objectivité
Author
Pour l’observateur que je suis (je vous rappelle que je ne suis affilié à aucune organisation ni parti), l’accident de Fukushima n’est pas un détail. Et le fait qu’il n’y aura pas ou peu de victimes n’y change rien: par sa nature même, cet événement va lourdement peser sur l’avenir énergétique de la planète. Je n’y peux rien, pas plus que vous, c’est comme cela. Vous le regrettez, moi j’y vois plutôt une occasion de repenser notre manière de vivre et de produire. Et je préfère mille fois que l’essentiel des dommages de Fukushima au Japon ne soient qu’économiques.
J’ai publié récemment plusieurs papiers sur Fukushima et le nucléaire dans la presse française (La Recherche, Terra Eco, Alternatives internationales, le Monde des ados, etc.). Aucun n’a cédé au catastrophisme ambiant, parce que j’ai pour principe de ne pas me laisser envahir par les sirènes idéologiques ou marketing. Ma prochaine enquête sur le nucléaire —à caractère économique, cette fois— paraîtra dans quelques jours, je pense qu’elle ne manquera pas de faire réagir. J’y reviendrai quand le journal en question sera sorti.
Si vous me permettez une remarque: vos convictions pro-nucléaires semblent vous empêcher de voir ce que beaucoup d’experts en énergie ont compris: l’avenir économique du nucléaire est derrière lui, hormis dans quelques économies dirigées, souvent d’une main de fer. Dans les démocraties occidentales, on ne parviendra même pas à remplacer les parcs existants, et les antinucléaires n’y sont pour rien.
Concernant l’objectivité, je voulais simplement vous faire remarquer qu’on n’écrit pas de la même manière dans un journal et sur un blog « indépendant ». Mon opinion sur l’énergie repose sur plus de vingt-cinq ans d’analyse du domaine. Je crois savoir aussi que la vôtre repose sur des décennies d’expérience personnelle. C’est bien pour cela qu’un lieu comme Effets de Terre permet de confronter les idées et les faits. C’est évidemment une tribune personnelle, mais c’est aussi un lieu de débats ouvert à tous, où chacun peut défendre ses arguments, ce que le cadre contraignant d’un journal ne permet pas. Ici, la parole est libre, pour peu qu’on respecte les règles élémentaires de la vie en société. La vôtre, comme la mienne.
Merci pour cette réponse. J’observe que vous reconnaissez implicitement que Fukushima fera peu de victimes. Quel besoin aviez-vous alors de ne pas le reconnaître plus tôt? Parce que vous pensez que c’est un moyen d’instaurer l’ordre nouveau que vous souhaitez. En somme , Fukushima est une bonne affaire! C’est ce qu’on appelle l’écologie politique. Je ne crois pas que ce soit la bonne méthode. Il vaut mieux dans ce domaine comme dans d’autres travailler à partir de faits réels.
Quant à l’ordre nouveau, je ne crois pas que ceux qui vivent de l’imposture originelle (je ne vous vise pas ici, car vous savez ce quil en est), qui consiste à faire croire à l’opinion que la radioactivité est un poison mortel à très faible doses aient la capacité de le créer. L’imposture appelle l’imposture!
Nous ne sommes d’ailleurs pas d’une opinion différente. Je pense que nous ne pourrons pas continuer bien longtemps encore sur les bases actuelles. Et ce qui va bientôt dominer l’actualité, ce sont les crises économiques nées de la pénurie graduelle de pétrole. Se mettre sur le dos les frais d’une sortie du nucléaire s’ajoutant à une crise du pétrole, alors que les risques du nucléaire sont fantasmés, ne me paraît pas très judicieux. Mais n’est-ce pas, quand on aime, on ne compte pas
Author
Sur les victimes de Fukushima, je l’ai écrit à maintes reprises, dans ces colonnes et dans les journaux pour lesquels je travaille. Il ne s’agit pas d’une catastrophe sanitaire, du moins jusqu’à preuve du contraire.
J’observe que vous ne tentez pas de discuter l’ampleur du désastre économique que cet accident a provoqué. Pas plus que vous n’entrez dans le débat sur l’opportunité économique de défendre un mode de production énergétique fondé sur l’enrichissement des uns, multinationales par exemple, au détriment des autres, les citoyens «lambda».
Fukushima n’est pas une bonne affaire, bien au contraire, mais cette affaire a le mérite de re-poser de bonnes questions sur les travers énergétiques de notre société, symboles si criant des travers —tout court— de notre société. Ce qui nous sépare, je crois, n’est pas l’atome et ses travers —selon moi— versus ses bienfaits universels —selon vous—. Ce qui nous distingue c’est que j’ai une fâcheuse tendance à penser que le caractère participatif que l’internet a suscité dans nos démocraties trouvera son prolongement dans notre manière de produire: localement, en partage, chacun à sa place, mais chacun participant. J’abhorre comme vous le caractère industriel et capitaliste qui se dessine de notre avenir. Sauf que c’est une question de principe pour moi —tout organe d’intérêt économique est mauvais en soi, parce qu’il nie l’individu et la collectivité—, tandis que votre rejet du lobby se limite à ceux qui défendent une autre opinion —énergétique s’entend— que la vôtre.
Bonjour Monsieur,
J’ai lu avec attention vos différents billets suite à votre visite de notre usine. Le compte rendu exhaustif que vous en faites montre combien cette visite vous a passionné, ce qui est à l’image des échanges riches que nous avons pu avoir durant cette journée passée ensemble.
Les commentaires et la restitution que vous faites de cette visite vous appartiennent et n’appelle aucun commentaire de ma part à 2 exceptions.
Concernant le contrôle des images à la fin de la visite, je pense très sincèrement que le terme de « censure » ne reflète pas le déroulé de votre visite. En effet, vous avez pu prendre les images que vous souhaitiez, sans aucun contrôle ni refus de notre part sachant que la règle du jeu de départ était claire entre nous : une vérification est effectuée à la fin de la visite afin de s’assurer que les images prises ne montrent pas de dispositifs de sécurité de notre site (ex : caméras de surveillance, visage des personnes chargées de la sécurité…). Cette vérification par une personne chargée de la sécurité ne vise aucunement à censurer votre reportage mais simplement à s’assurer que les images prises ne fragilisent pas le dispositif de sécurité.
Concernant les contrôles radiologiques en sortie de zone réglementée, il est vrai que l’un des appareils était en dysfonctionnement. Nous avons plusieurs centaines d’appareils de ce type, et comme pour tout équipement, des dysfonctionnements peuvent se produire. Vous avez pu constater par vous même que nous disposions de plusieurs équipements de contrôles au même endroit afin de pouvoir réaliser les contrôles même en cas de dysfonctionnement de l’un d’entre eux et que toute détection par les appareils se traduisait par une nouvelle vérification pour en connaitre la cause, en l’occurence un dysfonctionnement d’appareils.
Dans ces 2 cas, qui concernent la sécurité du site et des personnes, nous avons mis en place une politique et des procédures très rigoureuses sur le site de La Hague. Cette rigueur en terme de sécurité est nécessaire tout comme sont indispensables l’ouverture et le dialogue.
Je tiens encore à vous remercier pour l’intérêt que vous portez à notre site.
Bien à vous,
Christophe Neugnot
Author
Sur les deux points que vous évoquez, une courte réponse. J’ai en effet pu prendre toutes les images souhaitées —je n’ai jamais dit le contraire—, sur la base des critères que vous aviez exprimés au début de ma visite. Le mot de censure peut vous déplaire, mais il n’en reste pas moins qu’il est nécessaire de présenter ses images avant de pouvoir quitter le site de la Hague. Le reste n’est qu’une question de vocabulaire.
Sur le dysfonctionnement d’un appareil de radioprotection, il ne me semble pas avoir omis de préciser qu’un second contrôle, avec un autre appareil, a permis de lever tout doute.
Assez drôle, cette hyper sensibilité de gens peu habitués probablement à la critique, fut-elle faite sur l’accent de l’humour.
Mais il est vrai que nous sommes à La Hague dans un temple de la technologie « infaillible », et que toute allusion à ce sujet est mal perçue (suivez mon regard).
Merci Monsieur Neugnot pour ce moment de franche rigolade à lire votre réaction épidermique.
Mr Meugnot prend la peine du commentaire en jouant le jeu du forum, en ajoutant bien « Les commentaires et la restitution que vous faites de cette visite vous appartiennent et n’appelle aucun commentaire de ma part à 2 exceptions. ». Et Denis lui repond aussi tres correctement. Fin de l’histoire.
Alors pourquoi rajouter un commentaire amer, en supposant que Mr Meugnot est « hypersensible » et n’est « peu habitue probablement a la critique »? Les personnels d’Areva ont ils le droit de s’exprimer sans se prendre des commentaires pseudo-blases du genre « ouais, enfin bon, on sait bien que… » digne d’un cafe du commerce populiste? Vous parlez de reaction epidermique mais j’ai l’impression que c’est vous qui avez cette reaction.
Pas etonnant que le debat sur le nucleaire soit aussi inaudible et improductif.
J’aime bien le mot « design », Anne Lauvergeon l’avait d’ailleurs déjà utilisé.
DDq, quelle est selon vous la cause de ces suicides?
Ce que qui me fascine, avec vous, c’est que vous êtes à ce point prévisible. Seriez-vous en train de me reprocher de faire mon travail de manière la plus complète possible, en évoquant ces drames regrettables, qui plus est en donnant la parole à un dirigeant sur ces cas douloureux? Vous pourriez plutôt me reprocher de ne pas avoir interrogé des responsables syndicaux, et de n’avoir donné qu’un son de cloche à ce sujet… Je ne connais pas les raisons qui ont poussé cinq personnes, salariées de l’usine de la Hague, à se donner la mort. Elles leur appartiennent.
Mais, mon cher DDq, j’en ai autant pour vous. Comme je vous l’ai expliqué, dans un blog environnemental, comme en politique, vous êtes maintenant constamment obligé de donner des gages à l’antinucléarisme militant sous peine d’être rejeté par la famille (regardez ce qui arrive à Nicolas Hulot!).
Vos compte-rendus sont globalement objectifs, me semblent-il ,mais ils sont émaillés de remarques qui donnet une connotation négative à l’entreprise. L’histoire des suicides, si cela n’a pas de rapport avec la marche de l’entreprise, pourquoi en parler. C’est trop, ou trop peu.
Vos articles dans la Recherche sont bien plus équilibrés. Mais vous vous adressez à un public différent, qui ne vous prend pas en otage.
J’observe aussi que vous n’avez pas commenté les déclarations de l’UNSCEAR selon lesquels il n’y aurait pratiquement pas de conséquences sanitaires dans la population à Fukushima, tandis que vous avez abondamment commenté les déclarations pessimistes. Vous n’avez pas non plus commenté l’histoire de la bactérie tueuse issue d’une ferme bio qui a contaminé l’Allemagne du Nord, peut-être pour très longtemps, et qui a fait déjà bien plus de morts et d’handicapés à vie que n’en fera Fukushima. Car il ne faut pas déplaire aux antinucléaires, sous peine etc…
Ne pas parler d’une bactérie tueuse d’une ferme bio pour ne pas déplaire aux antinucléaires !!?? Je ne comprends vraiment rien à ce que vous dîtes moi…
Je ne donne de gages à personne, et je n’ai pour famille que celle qui m’a donné le jour, prolongée par celle que j’ai fondée. Que vous trouviez mes articles parus ailleurs équilibrés est bien normal: quand j’enquête pour un journal, je suis uniquement journaliste, j’oublie mes opinions, une règle absolue. Ces colonnes en revanche sont un lieu où je suis libre d’exprimer mes convictions. Ai-je dit ici qu’il y aurait un désastre sanitaire à Fukushima? Il me semble qu’Effets de Terre n’a pas participé à l’hystérie catastrophiste de certains médias. Cela fait plus de dix ans que je me fais autant critiquer par les pro que par les anti-nucléaires, y compris dans ces colonnes. Signe que je ne dois pas être très loin d’un certain équilibre.
Quant à l’affaire de la bactérie, je ne l’ai pas traitée, faute de temps, et que tout ce foin me paraît bien indécent: des millions de gens meurent tous les jours de bactéries liées à l’absence de traitement des eaux. Et tout le monde s’en fout…
Vous n’avez pas dit qu’il y aurait un désatre, mais vous n’avez pas dit non plus le contraire, et vous avez abondamment commenté le contre, et jamais le pour. Et quand je vous ai sollicité à ce sujet, vous vous êtes défilé.
Si vous pensez que la bactérie tueuse est un détail par rapport à tout le reste, pourquoi parler autant de Fukushima, qui est un détail également.
Je vous rends crédit que vous n’avez pas eu la même attitude que le média moyen qui vit de la paranoïa et qui refuse par conséquent tout article qui n’entretient pas cette paranoïa. Ne serait-ce que parce que vous acceptez mes commentaires, qu’un journal vivant de paranoïa refuserait..
Je trouve curieuse votre remarque sur l’objectivité et vos opinions. Dois-je conclure que lorsque vous parlez du nucléaire, vos opinions ne sont pas objectives. C’est précisément ce que je reproche aux antinucléaires. J’attends avec un impatience un article de vous sur Fukushima dans un journal ou vous serez contraint à l’objectivité
Pour l’observateur que je suis (je vous rappelle que je ne suis affilié à aucune organisation ni parti), l’accident de Fukushima n’est pas un détail. Et le fait qu’il n’y aura pas ou peu de victimes n’y change rien: par sa nature même, cet événement va lourdement peser sur l’avenir énergétique de la planète. Je n’y peux rien, pas plus que vous, c’est comme cela. Vous le regrettez, moi j’y vois plutôt une occasion de repenser notre manière de vivre et de produire. Et je préfère mille fois que l’essentiel des dommages de Fukushima au Japon ne soient qu’économiques.
J’ai publié récemment plusieurs papiers sur Fukushima et le nucléaire dans la presse française (La Recherche, Terra Eco, Alternatives internationales, le Monde des ados, etc.). Aucun n’a cédé au catastrophisme ambiant, parce que j’ai pour principe de ne pas me laisser envahir par les sirènes idéologiques ou marketing. Ma prochaine enquête sur le nucléaire —à caractère économique, cette fois— paraîtra dans quelques jours, je pense qu’elle ne manquera pas de faire réagir. J’y reviendrai quand le journal en question sera sorti.
Si vous me permettez une remarque: vos convictions pro-nucléaires semblent vous empêcher de voir ce que beaucoup d’experts en énergie ont compris: l’avenir économique du nucléaire est derrière lui, hormis dans quelques économies dirigées, souvent d’une main de fer. Dans les démocraties occidentales, on ne parviendra même pas à remplacer les parcs existants, et les antinucléaires n’y sont pour rien.
Concernant l’objectivité, je voulais simplement vous faire remarquer qu’on n’écrit pas de la même manière dans un journal et sur un blog « indépendant ». Mon opinion sur l’énergie repose sur plus de vingt-cinq ans d’analyse du domaine. Je crois savoir aussi que la vôtre repose sur des décennies d’expérience personnelle. C’est bien pour cela qu’un lieu comme Effets de Terre permet de confronter les idées et les faits. C’est évidemment une tribune personnelle, mais c’est aussi un lieu de débats ouvert à tous, où chacun peut défendre ses arguments, ce que le cadre contraignant d’un journal ne permet pas. Ici, la parole est libre, pour peu qu’on respecte les règles élémentaires de la vie en société. La vôtre, comme la mienne.
Merci pour cette réponse. J’observe que vous reconnaissez implicitement que Fukushima fera peu de victimes. Quel besoin aviez-vous alors de ne pas le reconnaître plus tôt? Parce que vous pensez que c’est un moyen d’instaurer l’ordre nouveau que vous souhaitez. En somme , Fukushima est une bonne affaire! C’est ce qu’on appelle l’écologie politique. Je ne crois pas que ce soit la bonne méthode. Il vaut mieux dans ce domaine comme dans d’autres travailler à partir de faits réels.
Quant à l’ordre nouveau, je ne crois pas que ceux qui vivent de l’imposture originelle (je ne vous vise pas ici, car vous savez ce quil en est), qui consiste à faire croire à l’opinion que la radioactivité est un poison mortel à très faible doses aient la capacité de le créer. L’imposture appelle l’imposture!
Nous ne sommes d’ailleurs pas d’une opinion différente. Je pense que nous ne pourrons pas continuer bien longtemps encore sur les bases actuelles. Et ce qui va bientôt dominer l’actualité, ce sont les crises économiques nées de la pénurie graduelle de pétrole. Se mettre sur le dos les frais d’une sortie du nucléaire s’ajoutant à une crise du pétrole, alors que les risques du nucléaire sont fantasmés, ne me paraît pas très judicieux. Mais n’est-ce pas, quand on aime, on ne compte pas
Sur les victimes de Fukushima, je l’ai écrit à maintes reprises, dans ces colonnes et dans les journaux pour lesquels je travaille. Il ne s’agit pas d’une catastrophe sanitaire, du moins jusqu’à preuve du contraire.
J’observe que vous ne tentez pas de discuter l’ampleur du désastre économique que cet accident a provoqué. Pas plus que vous n’entrez dans le débat sur l’opportunité économique de défendre un mode de production énergétique fondé sur l’enrichissement des uns, multinationales par exemple, au détriment des autres, les citoyens «lambda».
Fukushima n’est pas une bonne affaire, bien au contraire, mais cette affaire a le mérite de re-poser de bonnes questions sur les travers énergétiques de notre société, symboles si criant des travers —tout court— de notre société. Ce qui nous sépare, je crois, n’est pas l’atome et ses travers —selon moi— versus ses bienfaits universels —selon vous—. Ce qui nous distingue c’est que j’ai une fâcheuse tendance à penser que le caractère participatif que l’internet a suscité dans nos démocraties trouvera son prolongement dans notre manière de produire: localement, en partage, chacun à sa place, mais chacun participant. J’abhorre comme vous le caractère industriel et capitaliste qui se dessine de notre avenir. Sauf que c’est une question de principe pour moi —tout organe d’intérêt économique est mauvais en soi, parce qu’il nie l’individu et la collectivité—, tandis que votre rejet du lobby se limite à ceux qui défendent une autre opinion —énergétique s’entend— que la vôtre.
Bonjour Monsieur,
J’ai lu avec attention vos différents billets suite à votre visite de notre usine. Le compte rendu exhaustif que vous en faites montre combien cette visite vous a passionné, ce qui est à l’image des échanges riches que nous avons pu avoir durant cette journée passée ensemble.
Les commentaires et la restitution que vous faites de cette visite vous appartiennent et n’appelle aucun commentaire de ma part à 2 exceptions.
Concernant le contrôle des images à la fin de la visite, je pense très sincèrement que le terme de « censure » ne reflète pas le déroulé de votre visite. En effet, vous avez pu prendre les images que vous souhaitiez, sans aucun contrôle ni refus de notre part sachant que la règle du jeu de départ était claire entre nous : une vérification est effectuée à la fin de la visite afin de s’assurer que les images prises ne montrent pas de dispositifs de sécurité de notre site (ex : caméras de surveillance, visage des personnes chargées de la sécurité…). Cette vérification par une personne chargée de la sécurité ne vise aucunement à censurer votre reportage mais simplement à s’assurer que les images prises ne fragilisent pas le dispositif de sécurité.
Concernant les contrôles radiologiques en sortie de zone réglementée, il est vrai que l’un des appareils était en dysfonctionnement. Nous avons plusieurs centaines d’appareils de ce type, et comme pour tout équipement, des dysfonctionnements peuvent se produire. Vous avez pu constater par vous même que nous disposions de plusieurs équipements de contrôles au même endroit afin de pouvoir réaliser les contrôles même en cas de dysfonctionnement de l’un d’entre eux et que toute détection par les appareils se traduisait par une nouvelle vérification pour en connaitre la cause, en l’occurence un dysfonctionnement d’appareils.
Dans ces 2 cas, qui concernent la sécurité du site et des personnes, nous avons mis en place une politique et des procédures très rigoureuses sur le site de La Hague. Cette rigueur en terme de sécurité est nécessaire tout comme sont indispensables l’ouverture et le dialogue.
Je tiens encore à vous remercier pour l’intérêt que vous portez à notre site.
Bien à vous,
Christophe Neugnot
Sur les deux points que vous évoquez, une courte réponse. J’ai en effet pu prendre toutes les images souhaitées —je n’ai jamais dit le contraire—, sur la base des critères que vous aviez exprimés au début de ma visite. Le mot de censure peut vous déplaire, mais il n’en reste pas moins qu’il est nécessaire de présenter ses images avant de pouvoir quitter le site de la Hague. Le reste n’est qu’une question de vocabulaire.
Sur le dysfonctionnement d’un appareil de radioprotection, il ne me semble pas avoir omis de préciser qu’un second contrôle, avec un autre appareil, a permis de lever tout doute.
Assez drôle, cette hyper sensibilité de gens peu habitués probablement à la critique, fut-elle faite sur l’accent de l’humour.
Mais il est vrai que nous sommes à La Hague dans un temple de la technologie « infaillible », et que toute allusion à ce sujet est mal perçue (suivez mon regard).
Merci Monsieur Neugnot pour ce moment de franche rigolade à lire votre réaction épidermique.
Mr Meugnot prend la peine du commentaire en jouant le jeu du forum, en ajoutant bien « Les commentaires et la restitution que vous faites de cette visite vous appartiennent et n’appelle aucun commentaire de ma part à 2 exceptions. ». Et Denis lui repond aussi tres correctement. Fin de l’histoire.
Alors pourquoi rajouter un commentaire amer, en supposant que Mr Meugnot est « hypersensible » et n’est « peu habitue probablement a la critique »? Les personnels d’Areva ont ils le droit de s’exprimer sans se prendre des commentaires pseudo-blases du genre « ouais, enfin bon, on sait bien que… » digne d’un cafe du commerce populiste? Vous parlez de reaction epidermique mais j’ai l’impression que c’est vous qui avez cette reaction.
Pas etonnant que le debat sur le nucleaire soit aussi inaudible et improductif.
J’aime bien le mot « design », Anne Lauvergeon l’avait d’ailleurs déjà utilisé.
http://www.lepost.fr/article/2011/03/17/2437272_tchernobyl-raconte-aux-suite.html