La voiture électrique, un démarrage poussif

Posté le 8 mar 2011 dans la catégorie:En bref. Vous pouvez suivre les réponses via le fil RSS 2.0.
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Le choix des voitures, ça ne se décrète pas. Obama avait expliqué qu’il espérait que plus d’un million de voitures électriques rouleraient sur l’asphalte américain en 2015. Mais il pourrait bien être démenti.

Il semble que les ventes de voitures électriques ne décollent pas aux Etats-Unis. Selon le site Triple Pundit, General Motors n’aurait vendu que 928 Volt depuis décembre, quand Nissan aurait séduit seulement 173 clients avec sa Leaf. Pire, alors que ces voitures sont en phase de lancement, les ventes de février ont été inférieures à celles de janvier… Officiellement, ces mauvaises performances seraient liées à des délais de fabrication, et les carnets de commandes resteraient pleins. Nissan n’aurait produit que le quart de ce qui était prévu, l’essentiel des ventes étant ciblées vers le Japon.

Alors problèmes industriels ou clients qui se rétractent après avoir passé une pré-commande? Impossible à savoir. Mais les prétentieux qui pensaient que les voitures électriques pèseraient 20% du marché automobile en 2020 ne sont pas près de gagner leur pari. Sauf peut-être dans quelques pays peu étendus, comme le Danemark, où des stations d’échange de batteries permettront de recharger sa voiture en quelques minutes (1)… A condition que les industriels normalisent le format de leurs réservoirs d’électrons, ce qui n’est pas pour demain.

Et pendant ce temps, le prix de l’essence qui monte, qui monte…

(1) Le premier vient d’être inauguré par la Renault et son partenaire Better Place, il sera pour l’instant dédié à la future Renault Fluence, annoncée pour la fin de l’année. Il faudra débourser 27500 euros, puis 200 à 400 euros par mois, suivant le kilométrage parcouru.

Denis Delbecq

 

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17 Réponses pour “La voiture électrique, un démarrage poussif”

  1. Ratmanoff dit :

    Je vais me répéter mais, la voiture électrique ne ‘marchera’ jamais tant qu’elle sera l’oeuvre des constructeurs ‘thermique’ . C’est simplement évident pour qui appréhende le concept créatif formaté de leur vision de la mobilité.

  2. Didier dit :

    Entièrement d’accord Ratmanoff. Rappelons que les « thermiques » ont découvert la voiture électrique fin 2009 avec la crise, la volonté n’est pas vraiment au rendez-vous. La seule voiture qui semblerait armer actuellement reste la Blue Car… qui n’est pas conçue par un constructeur « habituel ». De plus il me semble qu’elle aurait l’autonomie la plus importante et 8000 pré-commandes engrangées. Même si ce dernier chiffre reste modeste puisqu’il correspond à 3 jours de productions de Renault Douai par exemple.

  3. [...] le mentionne un commentaire très à propos sur le site Effets de Terre, les constructeurs “traditionnels” ont une vison trop formatée de la mobilité alors que tout [...]

  4. HollyDays dit :

    @ Didier

    Les « thermiques » n’ont pas découvert la voiture électrique fin 2009 avec la crise. En tout cas pas tous. Savez-vous quel est le constructeur qui, à ce jour, reste celui qui a vendu le plus grand nombre de véhicules électriques de série ? C’est PSA. Vous ne vous souvenez pas des Saxo et des 106 électriques de la fin des années 1990 ? La grande majorité a rejoint les flottes de véhicules d’entreprises, car du côté des particuliers, ça a été le flop commercial intégral à l’époque. Pourquoi, à votre avis ?

    Car les constructeurs automobiles savent tous une chose (et c’est la raison principale pour laquelle PSA a fini par se retirer du marché des voitures électriques il y a environ 10 ans) : la voiture électrique ne marchera commercialement que lorsqu’elle deviendra manifestement moins chère que sa concurrente à essence ou gazole. Et que ce coût plus faible compensera ses « défauts » par rapport au thermique (notamment l’autonomie, pour laquelle la voiture électrique restera encore pour longtemps très en retrait par rapport au thermique). D’ici-là, investir dans la voiture électrique restera économiquement non rentable pour les constructeurs automobiles (« thermiques » ou non).

    Ce changement finira bien par arriver, se disent tous les constructeurs automobiles aujourd’hui, et comme il faut bien qu’ils s’y préparent (et que s’y préparer leur prend plusieurs années), ils se lancent dans l’aventure, bien plus pour l’image que pour le chiffre d’affaires réel. Mais tant que le kWh d’essence ou de gazole coûtera aussi peu cher que ce qu’il coûte aujourd’hui, il n’y a aucune chance que l’électrique atteigne une part significative du marché des véhicules particuliers (ou alors il faudra un demi-siècle, et de toute façon, on aura un très gros problème de quantité de pétrole disponible bien avant cela.)

    Or ce n’est pas par une hausse énorme du prix de marché du baril qu’on arrivera à avoir un prix élevé de l’essence ou du gazole. Car le reste du système économique ne supporte pas un prix du baril très élevé, et part en récession dès que la dépense pétrolière totale dépasse entre 3 à 5% du PIB selon les pays. Et qui dit récession, dit baisse de la consommation de pétrole ; lorsque la récession est mondiale, alors la baisse de la consommation de pétrole l’est aussi, ce qui signifie que le monde retrouve des marges de progression possibles pour la production pétrolière en volume, et donc que le marché du pétrole devient moins tendu, et le prix du pétrole avec : en clair, le prix du baril de pétrole baisse ! Et il baissera systématiquement lors des prochaines récessions économiques dès lorsque celles-ci auront démarré à peu près au moment où les capacités mondiales de production de pétrole auront été atteintes (c’est la cause de la hausse brutale du prix du pétrole observée juste avant la récession ; c’est exactement le scénario qu’on a connu en 2008, et il est en train de se reproduire en 2011).

    Moralité : seules des taxes plus lourdes sur les carburants permettront d’assurer une hausse du prix des carburants à moyen et long terme, et seules des taxes de plus en plus lourdes permettront de garantir une hausse continue du prix des carburants… et donc rendre possible le fait que les véhicules électriques finissent un jour par devenir réellement plus intéressants sur le plan économique pour le consommateur final que les véhicules thermiques.

    • Robert dit :

      «  » » »Or ce n’est pas par une hausse énorme du prix de marché du baril qu’on arrivera à avoir un prix élevé de l’essence ou du gazole. Car le reste du système économique ne supporte pas un prix du baril très élevé, et part en récession dès que la dépense pétrolière totale dépasse entre 3 à 5% du PIB selon les pays. » » » »

      C’est oublier de prendre en compte l’augmentation de la demande, on va très vite arriver à un point où le demande sera plus grande que l’offre.

      Par ailleurs, les pétroliers en sont d’ailleurs conscients et font de gros investissements sur les gaz de schistes, si cette énergie confirme un fort potentiel on verra les constructeurs automobiles revenir à toute vitesse vers le GPL.

    • HollyDays dit :

      «C’est oublier de prendre en compte l’augmentation de la demande, on va très vite arriver à un point où le demande sera plus grande que l’offre. »

      Que voulez-vous dire ? Tant que la demande est nettement inférieure à l’offre, le prix du pétrole reste bas et stable. C’est très exactement ce qui s’est passé durant les Trente Glorieuses, dans la seconde moitié des années 1980 et à la fin des années 1990. Dans cette situation, la voiture électrique n’a commercialement aucune chance face au thermique : beaucoup trop chère (à cause, notamment, des batteries, malgré les économies d’échelle qu’une fabrication de série permettrait).

      La raison pour laquelle le prix du baril grimpe vite en ce moment, c’est justement parce que la demande EST SUR LE POINT de rejoindre l’offre.

      Par contre, la demande ne pourra JAMAIS être «plus grande que l’offre». Ou alors marginalement. Croire que la demande pourrait se situer à 100 ou 110 millions de barils par jour alors que l’offre plafonne en dessous de 90 millions de barils par jour, ça s’apparente à fumer un joint d’un kilomètre de long (si ce n’est plus). A prendre des vessies pour des lanternes. Ses désirs pour des réalités. Parce que pour que la demande soit 10 Mbarils/j au dessus de l’offre, il faut déjà qu’elle soit passée par l’étape « 7 Mbarils/j au dessus de l’offre » et avoir été satisfaite. Or cette étape requiert que la demande soit préalablement passée par l’étape « 5 Mbarils/j au dessus de l’offre » et avoir été satisfaite. Étape qui elle-même requiert, etc. : vous voyez le tableau. Même l’étape « 1 Mbarils/j au dessus de l’offre » n’arrive pas à être satisfaite.

      Bref, aussi choquant que cela puisse paraître, et décalé des discours qu’on nous balance à longueur de journal à la télé et à la radio : lorsque la demande rejoint l’offre, elle s’y heurte comme à un mur. Elle se maintient au niveau de l’offre maximum (en fait, très légèrement au dessus), et cesse d’augmenter, puisque l’offre elle-même n’est pas en mesure d’augmenter, en tout cas à court terme (les capacités de production maximum étant atteintes).

      D’ailleurs, c’est très exactement ce qui s’est passé en 2008. Lorsque la demande a rejoint l’offre, elle a cessé brutalement d’augmenter : elle s’est maintenue à son niveau quelque temps, et le prix du baril s’est mis à grimper à un rythme très rapide, jusqu’à atteindre un seuil insupportable pour le système économique, ce qui a déclenché une récession économique mondiale. Et cette récession mondiale a fait baisser la demande de pétrole de quelques pour cent. Baisse qui a signifié détente du marché du pétrole, et donc détente des prix du pétrole (et le prix du baril s’est alors effondré, passant de $148 à $30 entre fin juillet et fin décembre 2008).

      Et c’est le même scénario, dit du «plateau ondulant», qui se dessine pour 2011, puisque la demande a retrouvé le niveau qu’elle avait atteint début 2008, alors que les capacités de production pétrolière n’ont pas fondamentalement changé entre temps (il leur faudrait de l’ordre d’une dizaine d’années pour augmenter significativement) : le prix du baril est reparti franchement à la hausse, et je vous fiche mon billet que le monde connaîtra une nouvelle récession économique bien avant que le baril atteigne les 200 dollars.

      «si cette énergie confirme un fort potentiel on verra les constructeurs automobiles revenir à toute vitesse vers le GPL.»

      Vous croyez qu’à l’échelle du système économique tout entier, le secteur du transport est à ce point flexible ? (Et n’oubliez pas que le transport, ce n’est pas juste la voiture particulière : ce sont aussi les camions, le rail, le fluvial/maritime et l’aérien). Que les supports énergétiques sont aussi facilement substituables ? Et qu’il suffit de quelques mois (ou même un an ou deux) pour que, disons, 10 à 20 % du marché du transport (soyons prudents et conservatifs) passe du pétrole au gaz ? Vous rêvez ! Il faudra beaucoup plus de temps que cela. Déjà qu’on rencontre des problèmes quand il s’agit de remplacer le pétrole libyen par du pétrole saoudien (plus soufré, de moindre qualité)…

      D’ailleurs, la ressource mondiale en gaz en est à peu près au même point que la ressource pétrolière mondiale : les pics de production de conventionnel et conventionnel+non conventionnel devraient suivre ceux du pétrole avec 10 ans d’écart. Déjà la production mondiale de gaz conventionnel a commencé à se stabiliser, et la production mondiale de gaz n’arrive à poursuivre sa hausse que grâce à la montée en puissance du gaz non conventionnel (en particulier, les gaz de schistes).

      A une différence près entre le pétrole et le gaz : le pétrole se transporte très bien à température et pression ambiante, donc son transport d’un bout à l’autre du monde est très peu cher (typiquement, le coût de transport du pétrole est de l’ordre de 10 % de son coût d’extraction). Le gaz, comme son nom l’indique, est… gazeux, à température et pression ambiante ! Donc son transport sur de longues distances impose un coût considérablement supérieur, généralement parce qu’il faut le liquéfier à un bout de la chaîne et le regazéifier à l’autre bout (ce qui lui donne un coût de transport couramment égal à 5 ou 10 fois son coût d’extraction, pour des transports de plusieurs milliers de kilomètres).

      Cette simple donnée physique explique notamment pourquoi il existe un marché mondial du pétrole, mais pas de marché mondial du gaz (seulement plusieurs marchés régionaux juxtaposés). Et elle explique aussi pourquoi le continent européen va être le premier à rencontrer de très gros problèmes de satisfaction de sa demande de gaz, bien avant 2020. (Acceptera-t-on pour autant, en France, d’exploiter les gaz de schistes de notre propre sous-sol, pour compenser la baisse prévisible de production de gaz conventionnel de nos fournisseurs actuels, Russie, Algérie et Norvège ? Pour l’instant, c’est mal barré, mais Dieu sait combien l’opinion publique est versatile…)

      • Robert dit :

        Holidays @

        Blablabla, les chinois et les indiens vont faire exploser la demande dans les années qui viennent. Si les pétroliers sont à fond sur les pétroles et gaz non conventionnels ce n’est pas pour rien. Ensuite l’intérêt des producteurs est d’avoir un pétrole aussi cher que possible ne serait que pour le financement de la prospection. Je ne parlerai pas de la rétention volontaire et de la spéculation.

        Nous sommes addict au pétrole et jusqu’à présent la consommation n’a jamais baissé quelque soit son coup, (la dernière crise n’a rien à voir avec le pétrole et pendant cette crise la Chine a quand même fait 8%). Si il n’y a plus assez de pétrole croyez bien qu’on fera les efforts nécessaires pour le gaz (les américains le font déja).

        qu’il y ait des à-coups c’est normal mais la tendance est et restera à l’augmentation. L’énergie pas chère c’est du passé il faudra vous y faire.

        C’est pour ça que je sui très pessimiste pour l’avenir.

      • HollyDays dit :

        «les chinois et les indiens vont faire exploser la demande dans les années qui viennent»

        Vous ne comprenez pas : la demande totale d’énergie n’augmente pas brutalement, elle augmente petit peu par petit peu. Et puisqu’au niveau mondial, elle n’augmente au mieux que de quelques pour cent par an environ, la demande ne peut et ne pourra *jamais* être de beaucoup supérieure à l’offre. Si l’offre plafonne, alors *physiquement*, matériellement, la demande plafonnera aussi, que les gens le veuillent ou non.

        «Si les pétroliers sont à fond sur les pétroles et gaz non conventionnels ce n’est pas pour rien.»

        Effectivement, ce n’est pas pour rien.

        Dans le cas du pétrole, c’est pour éviter que la production mondiale ne commence déjà à décliner : même l’Agence internationale de l’énergie, pourtant d’un optimisme débordant depuis sa création, a indiqué dans son dernier rapport annuel que la production mondiale de pétrole conventionnel avait atteint un maximum historique en 2006, qu’elle ne pourra plus jamais atteindre.

        Dans le cas du gaz, c’est pour continuer à avoir une croissance de la production mondiale de gaz, alors que l’on fait face à la stabilisation (observée) de la production mondiale de gaz conventionnel.

        «Ensuite l’intérêt des producteurs est d’avoir un pétrole aussi cher que possible ne serait que pour le financement de la prospection»

        Sauf qu’il y a une condition à cela : il faut que le reste du système économique ait les moyens de payer les mêmes quantités de pétrole avec un prix toujours plus cher. Et là, l’observation montre qu’il existe une limite à la hausse du prix du pétrole. Par exemple, les États-Unis semblent entrer systématiquement en récession économique lorsque leurs importations de pétrole passent au dessus de 4% de leur PIB.

        «Nous sommes addict au pétrole et jusqu’à présent la consommation n’a jamais baissé»

        Notre économie est effectivement droguée au pétrole, et elle en réclame effectivement des quantités toujours plus grandes pour alimenter sa propre croissance.

        Mais vous faites erreur : la consommation de pétrole baisse systématiquement en période de récession économique. Elle ne croit qu’en période de croissance économique (d’autant plus fortement que la croissance économique est vigoureuse).

        Et en 2008, ça a été le cas : la consommation mondiale de pétrole est passée d’environ 86,5 millions de barils par jour à un peu moins de 84 millions de barils par jour entre le tout début et la toute fin de l’année 2008. Mois par mois, l’évolution de cette consommation correspond précisément aux périodes de croissance et de récession de l’économie mondiale (hausse de consommation durant les 6 ou 7 premiers mois, baisse plus forte que la hausse précédente durant les 5 ou 6 derniers mois). Et cette corrélation entre croissance/récession économique et croissance/décroissance de la consommation de pétrole se vérifie étonnamment bien sur 60 ans d’économie mondiale.

        Comment expliquez-vous, par exemple, le prix du baril de $30 à $40 qu’on a connu en décembre 2008, après des années de tendance à la hausse ? La spéculation, peut-être ?

        «Si il n’y a plus assez de pétrole croyez bien qu’on fera les efforts nécessaires pour le gaz (les américains le font déja).»

        Encore une erreur. Une double erreur, en fait.

        (1) Vous surestimez les capacités de rapidité d’évolution de nos sociétés. Nos sociétés sont tout à fait capables d’évoluer, y compris en profondeur, mais il leur faut du temps. Beaucoup de temps. Par exemple, remplacer la moitié du parc automobile, sans changer de technologie, ça prend au moins 5 ans. En adoptant une technologie proche, il faut au moins le double ou le triple (voyez le temps qu’il a fallu au marché des voitures diesel pour s’imposer sur le marché de l’essence.) Et je ne parle pas de l’adoption d’une technologie vraiment différente (au hasard, le 100% électrique ou l’hydrogène). Bref, c’est un temps beaucoup trop long lorsque le prix du pétrole joue au yoyo sur moins d’une année.

        (2) Les Américains «ne le font pas déjà». Leur consommation de pétrole n’a pas fondamentalement changé depuis qu’ils exploitent les gaz de schistes. Leurs voitures, par exemple, roulent toujours autant au pétrole. Par contre, ce qui a changé, c’est que les Américains sont devenus auto-suffisants en gaz (qu’ils utilisent notamment pour chauffer leurs maisons et obtenir de l’électricité), alors qu’avant, ils devaient l’importer d’autres pays d’Amérique. Mais l’usage des différents hydrocarbures reste toujours aussi spécialisé : le pétrole pour les transports et certains branches de la pétrochimie ; le gaz pour le chauffage, la production d’électricité et d’autres branches de la pétrochimie ; le charbon pour la production d’électricité. Le seul très gros changement d’usage d’hydrocarbures observé depuis 60 ans, c’est l’abandon du pétrole comme source majeure pour produire de l’électricité, dans les années 1970, au profit du charbon (et ça s’est fait suite à un choc pétrolier).

        «la tendance est et restera à l’augmentation. L’énergie pas chère c’est du passé il faudra vous y faire.»

        C’est curieux.

        Curieux que vous me fassiez la leçon alors que sur ce thread, de nous deux, j’ai un peu l’impression d’avoir été le premier à dire (et celui qui insistait le plus dessus) qu’on allait avoir de gros problèmes d’approvisionnement en pétrole et plus généralement en hydrocarbures faciles à manipuler et à transporter dans les années ou la décennie à venir.

        Curieux aussi que vous ne voyiez pas à quel point vos 2 petites phrases se contredisent l’une l’autre. Si la tendance lourde reste pour longtemps à l’augmentation de la production alors il n’y a aucune raison que le prix du pétrole reste à la hausse. Il atteindra rapidement un nouveau prix stable, certes plus élevé que ce qu’on a connu durant les Trente Glorieuses, mais stable malgré tout (ainsi, $80/bbl semble un bon compromis pour tout le monde, pays producteurs comme consommateurs ; et je précise qu’à mes yeux, $80/bbl, ce n’est pas élevé). Or la réalité suggère le contraire : c’est précisément parce qu’on atteint maintenant une limite physique (celle du débit de pétrole que l’on peut extraire par jour) que le prix s’envole… Jusqu’à atteindre un niveau insupportable pour le système économique, ce qui a pour effet en cascade de faire temporairement baisser le prix du pétrole. Et ainsi, ce prix de jouer au yoyo à l’échelle de quelques années, bref d’être «volatil», comme ils disent, les économistes.

        Curieux enfin, parce que de nos deux visions du monde à venir, la plus pessimiste me semble être la mienne : un pétrole très cher rendrait crédible et économiquement rentable des alternatives énergétiques moins concentrées (en clair, les renouvelables). Un prix de pétrole qui s’obstine à rester pas si cher bien que très volatil, malgré une baisse lente et inexorable des volumes produits au niveau mondial, n’offre même pas cette perspective enthousiasmante…

        • Robert dit :

          «  » » »Jusqu’à atteindre un niveau insupportable pour le système économique, ce qui a pour effet en cascade de faire temporairement baisser le prix du pétrole. » » » »

          Non monsieur, ça aura pour effet d’amener de très fortes tensions géopolitiques et des conflits armés. Qu’ont fait les japonais en 1941 quand les américains ont menacé de leur barrer l’accès au pétrole ?

          «  » » »Si la tendance lourde reste pour longtemps à l’augmentation de la production «  » » »

          Je n’ai jamais dit ça, bien au contraire. j’ai dit que la demande sera plus forte que l’offre, et c’est mathématique. Juste un exemple si les chinois avaient notre taux de motorisation ils consommeraient à eux seuls la totalité de la production mondiale. L’explosion de la demande viendra de là (et derrière il y a l’Inde).

          Concernant l’offre et la demande je me demande ce qui vous permet de dire que la demande ne sera jamais supérieure à l’offre. C’est totalement débile, vous confondez demande et satisfaction de la demande. Par exemple à Paris il y a une très forte demande de logement locatif et peu d’offre résultat ? regardez le prix des loyers…
          On peut aussi c’est d’actualité prendre l’exemple des céréales.

        • BMD dit :

          Un complément à votre post, qui est bien documenté: la difficulté d’accroître la production mondiale n’est pas le seul problème. Pour des pays comme nous, il faut acheter le pétrole sur le marché international, puisque nous n’avons pas de ressources. La quantité de pétrole exportée diminuera avant le maximum de production, parce que les pays producteurs ont une population croissante qui consommera de plus en plus de pétrole par habitant. Il y a une corrélation forte entre le nombre d’automobiles par habitant et le PIB!
          Sur ce marché en rétrécissement, les grands pays émergents comme la Chine vont prélever de plus en plus. La disponibilité de pétrole pour la France va décroître bien plus vite que la production!
          Si nous restons comme actuellement l’arme au pied, il y aura bientôt le feu.

  5. Ratmanoff dit :

    Hélas, c’est bien ce que je pense, même les esprits sont formatés, n’est-ce pas M HollyDays…
    Rien n’a voir avec un problème de taxes, ni de concept fumeux de vos dictas économiques…
    On a la société que l’on crée et que l’on désire, pas l’inverse…
    Si vous avez déjà bien regardé les nombreux reportages, vous avez vu qu’être riche permet à une dame ( j’ai plus son nom – adepte de l’écologie ) de rouler électrique depuis des lustres, avec une voiture qu’elle a fait construire et à l’autonomie inégalé par les modèles de séries actuels. C’est donc bien une volonté industriel et politique de maîtriser le marché au profit de lobbys. D’ailleurs il en est de même pour les scooters et même les vélos à assistance , aucun produit disponible de permet de booster la demande , ils sont simplement pitoyables. On lance des satellites et on ne sait pas faire ça, arrêtez un peu… Il faut dépasser les concepts économiques de nos sociétés si nous voulons vraiment avancer vers l’écologie. C’est une révolution, pas une mise à jour du système.

    • HollyDays dit :

      Vous confondez des solutions pour quelques-uns et des solutions pour une majorité de la population, Ratmanoff.

      Quand vous signez un contrat avec un client pour 10 000 euros, vous ne mettez pas les mêmes processus industriels en jeu que quand vous signez un contrat pour dix milliards d’euros. Envoyer une centaine d’hommes dans l’espace en 20 ans, ce n’est pas exactement la même problématique (ni, par conséquent, les mêmes solutions qu’il faut mettre en œuvre) qu’en envoyer une centaine de millions sur la même période. De manière générale, une solution à un problème donné, aussi utile et appropriée soit-elle, est absolument sans intérêt lorsque l’échelle du problème est un million de fois plus grande. Le changement d’échelle change trop les termes du problème.

      En matière d’énergie (comme de climat, d’ailleurs), l’élément-clé de compréhension du problème, c’est la compréhension de son échelle. Si vous vous plantez dans les ordres de grandeur en jeu, vous êtes sûr de vous planter de solution. Et c’est très exactement ce que vous êtes en train de faire ici.

  6. enthalpie dit :

    je ne souhaite pas le succés de la voiture électrique, une fausse bonne idée financée par EDF et le gouvernement.

    la voiture hybride oui là il y a des chance de réussite et une innovation gagnant -gagnant pour l’utilisateur

    • Ratmanoff dit :

      peut être, mais vous oubliez une chose, l’orgueil de conduire ! ‘hybride va tuer à terme la boite de vitesse etc… les gens ne veulent pas ça, ils se prennent tous des supers conducteurs. je n’ai jamais eu besoin de faire un stage de conduite éco pour moins consommer, mes finances ne me permettent d’ailleurs aucun gaspillage ! L’hybride fera long feu, du moins ce qu’on est en droit d’attendre d’un tel moteur à son apogée de développement

  7. Marie dit :

    Au sujet de la voiture électrique, je vous invite à lire cette lettre d’opinion « L’illusion électrique », très instructive, publiée sur le site Cyberpresse (site web des journaux du groupe de presse Gesca au Québec). L’auteur est professeur à HEC Montréal :

    http://www.cyberpresse.ca/opinions/201101/20/01-4362115-lillusion-electrique.php

    « De plus en plus de personnes réalisent que pour réduire notre empreinte écologique, c’est la ville elle-même qu’il faut repenser: plus compact, avec des services de transports collectifs efficaces. Dans ces villes renouvelées, l’automobile aura une place bien moindre. »

    D’ailleurs, au sujet de l’emprise de l’automobile sur l’aménagement du territoire nord américain, il y a ce gentil film (avec accent Québécois en prime), qui explique bien que si on ne prend par le problème sous l’angle de l’aménagement du territoire, la voiture électrique ne pourra régler à elle seule le problème des gaz à effet de serre : http://www.sagacite.org/

    • BMD dit :

      Les idées ne manquent pas pour faire face à une crise pétrolière et repenser la ville en fait partie. Cependant, la ville, et ses relations avec le territoire qui la nourrit, ont beaucoup plus de chances d’évoluer sous la contrainte d’un rationnement pétrolier (avec ou sans augmentation de prix, comme le décrit Hollydays) que sous la pression des idées. Le rationnement pétrolier s’impose en effet à tous les acteurs, tandis que les idées, on le voit bien, on en débat éternellement sans que la moindre consensus apparaisse tant que la contrainte extérieure n’a pas commencé à devenir pesante.
      De même la voiture électrique a peu de chance de s’imposer tant que cette contrainte ne deviendra pas pesante. Et encore faudra-t-il que son électricité soit « décarbonée »sauf à reporter la contrainte sur les autres combustibles fossiles dont on voit de plus en plus qu’on s’est exagéré la durabilité.
      Un des moyens de desserrer un peu cette contrainte pour ne pas se trouver dans un état de crise tel que toute solution durable devienne hors de portée et que cette crise s’autoentretienne est de faire diminuer dès maintenant notre consommation de pétrole: En ce qui concerne les transports, il est possible dès à présent de diminuer assez rapidement leur consommation de carburants: 1- en imposant aux véhicules à moteur thermiques mis sur le marché des normes beaucoup plus sévères de consommation (ou d’émissions de CO2, ce qui revient à peu près au même). Les progrès technologiques permettent de faire baisser la consommation d’au moins 20 % en moyenne, y compris pour les véhicules lourds. L’Europe a commencé à le faire, mais les constructeurs traînent les pieds. 2- En arrivant à convaincre les conducteurs qu’il faut très rapidement changer de comportement (rouler moins vite, écoconduite, choix de véhicules peu consommateurs, réduction des distances parcourues etc…). C’est sans doute là que les diminutions les plus importantes sont à attendre, environ 30 %, à ajouter aux 20 % précédents. Elles ne coûtent rien et même rapportent! Mais convaincre un Français que cela est de l’intérêt de tous, et que même les Espagnols ont commencé à le comprendre, c’est sans doute mission impossible.
      En ce qui concerne l’habitat, deuxième poste de consommation avec le fuel, accélérer l’isolation des bâtiments, mais dès à présent décourager l’utilisation du fuel pour le chauffage!

      • Tilleul dit :

        Ce qui est quand même dingue c’est qu’au lieu de dire : débattons façon grenelle en mettant en face tous le monde pour trouver des solutions gagnants gagnants puisque ça marche, on est en encore à croire qu’il est possible de faire de l’ingénierie sociale en disant « les gens sont des abrutis finis, il faut les controller avec des taxes, des rationnements et des coups de fouet pour leur bien et arriver à la société idéale controllée par les élites »…

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