Un «Océans» de bonheur

Par Denis Delbecq • 27 janvier 2010 à 21:34 • Categorie: A la Une
© Denis Delbecq

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Chose promise, chose due. Comme je le lui avais dit avant de m’envoler pour l’Argentine, j’ai donc emmené cet après-midi mon petit dernier au cinéma. Cap sur «Océans», dernier opus de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, une plongée dans le monde du silence que m’avait révélée la bande à Cousteau quand j’étais gosse. Et le petit bonhomme assis à côté de moi aujourd’hui affichait les mêmes yeux équarquillés que j’avais pu le faire il y a une quarantaine d’années.

Ce voyage sous les mers est un pur moment de bonheur. D’extase par moments, de sourires, d’éclats de rires même. Idem pour les dizaines d’enfants qui, mercredi oblige, étaient dans la salle. Des bestioles, j’en ai vues pas mal dans ma vie. Les dernières, il y a quelques jours, dans la péninsule Valdez, haut-lieu de séjour pour de nombreux mammifères marins et les manchots de Magellan. Mais jamais, au grand jamais, je n’ai ressenti une telle impression de vivre au beau milieu de cette faune.

Perrin et Cluzaud nous montrent des scènes inouïes. Comme ce restaurant agité où une armada de dauphins et une pluie de fous du cap tombés du ciel sèment la panique dans un banc de poissons qui se défend comme il peut, dans une danse aux mille reflets argentés. Une capoeira aquatique dont l’intensité fait oublier que la mort est au rendez-vous. Des combats aussi entre un drôle de crustacé et des crabes, la chasse des seiches, les ballets lugubres de méduses… Et ceux, festifs, des manchots. Sans oublier une scène terrible où les animaux évoluent dans un océan de déchets… (1)

C’est suffisamment rare dans ce genre de film pour le signaler, la musique signée par Bruno Coulais accompagne l’univers sonore sculpté par Perrin et Cluzaud, sans jamais l’effacer, ni prendre le pas. L’image, dont on découvrira les secrets sur le site internet du film, est époustouflante. Et la narration, rythmée par la voix de Jacques Perrin, a su trouver le bon ton, éviter le trop-plein. Un peu comme Thélonious Monk maîtrisait le silence, Océans ne tombe pas dans le travers du film bavard.

Tout juste aurait-on pu éviter les scènes de massacres (dont le générique précise qu’elles ont été reconstituées, sans faire souffrir d’animaux). Nul besoin en effet d’appuyer là où ça fait mal. La beauté du spectacle, la subtilité de la caméra, et le texte discret suffisent à démontrer la fragilité de nos océans.

(1) En sortant, plusieurs parents regrettaient que les animaux ne soient pas nommés au cours du film. Et c’est vrai qu’il a souvent fallu chuchoter un « je ne sais pas » aux questions du fiston. Pour en savoir plus, je vous invite donc à consulter le site internet qui donne des détails sur les animaux rencontrés.

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