La vie quotidienne de l’ennemi numéro un

Beaucoup d’actualité ces derniers jours, sur le front du charbon. L’occasion de faire un point sur le minerai probablement le plus tueur de tous les temps.

On commence cette balade par la Grande-Bretagne. Là-bas, les écolos sont en colère contre James Hansen. Le climatologue de la Nasa a en effet refusé de s’associer à leur bataille contre l’extension de l’aéroport d’Heatrow. L’an dernier, Hansen avait aidé six activistes arrêtés outre-Manche pour avoir occupé une centrale à charbon du Kent. Mais cette fois, Hansen a décliné. En gros, il explique que quand un aéroport n’a pas assez de pistes, les attentes des avions en vol génèrent un surplus de consommation. (1) Et Hansen de réaffirmer que l’ennemi numéro un est le charbon. Ce qui n’est pas faux, d’autant que les avions ne volent (pas encore) au charbon.

Enfin, ça c’est vite dit. Parce que le Pentagone avait l’intention de faire voler ses chasseurs et bombardiers avec du carburant fabriqué à partir du charbon. Une manière de se préparer aux futures hausses de prix et tensions sur la fourniture en pétrole. Parce qu’après tout, la planète a peut-être déjà passé le pic pétrolier et si ce n’est pas le cas, il approche à grande vitesse. Bref, l’US Air Force se préparait doucement à ce que l’ensemble de ses avions puissent voler dès 2011 avec un mélange à 50-50 de carburants de pétrole et de charbon. Pas moins d’un million de litres d’essence de charbon ont été achetés en Afrique du sud (2).

L’US Air Force avait même prévu de construire sa propre usine de carburant de synthèse. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Pour le moment, le projet est abandonné, a annoncé le Pentagone. Non pas parce que ces carburants sont les plus générateurs d’effet de serre. Mais juste parce que le site choisi pour l’usine, une base nucléaire, risquait d’affaiblir la sécurité de la force stratégique américaine. A moins que les officiels de l’Air Force n’aient finir par découvrir que le prix du baril s’est effondré depuis cet été…

Une dernière pour la route, en Chine cette fois. La BBC expliquait dimanche que les autorités de Pékin s’inquiètent d’une hausse anormales des malformations chez les bébés. La hausse serait de 40% entre 2001 et 2006, avec 145 enfants malformés pour dix mille naissances. (3) Et la région la pire est, comme par hasard, la province minière de Shanxi. Il est bien sûr difficile de savoir si c’est bien la dégradation de l’environnement qui est responsable de cette hausse spectaculaire. Une meilleur détection des cas doit sans doute en expliquer une partie. Mais il reste que l’ boom du charbon en Chine n’est pas de bon augure. Pour les chinois, et pour le climat de la planète.

En Ukraine, le grisou a encore frappé, et les autorités dénombrent un mort et douze disparus après une explosion survenue dimanche, à plus de neuf cent mètres de profondeur. Vingt-quatre mineurs ont réchappé de la catastrophe. La mine avait été fermée samedi, pour violation des règles de sécurité, mais apparemment, l’exploitation n’avait pas cessé.

Au passage, une brève de l’édition africaine de la BBC qui explique que le Tchad a interdit de brûler du charbon de bois pour lutter contre le déboisement. Résultat, la population brûle tout ce qu’elle trouve (meubles, noix de palme, morceaux de charpente) et vit dans des fumées bien peu sympathiques pour la santé… A Dakar, le charbon de bois serait presque introuvable après une forte hausse des prix provoquée par la spéculation.

(1) Argument oh combien étrange puisque les pistes d’aéroports sont comme les routes. On en crée pour désengorger, le trafic augmente, et on se retrouve quelques années plus tard avec le même engorgement…

(2) Le pays est devenu leader à l’époque de l’ère de l’Apartheid et de l’embargo imposé par la communauté internationale qui l’empêchait d’acheter du pétrole.

(3) Je ne me risquerai pas à comparer cela avec la situation française ou ailleurs. Vu qu’il est impossible de connaître la différence des critères retenus par les différentes agences sanitaires de la planète. Si quelqu’un a des indications, je suis preneur. En revanche, l’évolution, pour un pays donné a un sens, si les méthodes de comptage n’ont pas changé entre temps.

15 réflexions au sujet de « La vie quotidienne de l’ennemi numéro un »

  1. Le charbon ennemi n°1… qui a permis le développement des pays industrialisés au 19ème et 20ème siècle et qui a donc permis, par extension, l’existence de ce site.

  2. L’energy watch group avait réalisé un rapport sur le charbon qui montrait quelques étrangetés statistiques, en 2004 il y a un certain nombre de pays qui ont vu leur réserves de charbon être classé comme majoritairement spéculative et parfois même divisé par un facteur 100 (c’est le cas des réserves d’anthracite en Allemagne) sans aucune autre publicité, ailleurs d’autres chiffres restent identiques pendant des intervalles de temps très long, etc.

    Bref rien de très clair…

  3. L’utilisation de l’énergie liquide fut une révolution et son sevrage le sera tout autant. Le charbon de son côté, ne sera jamais une alternative suffisante à la dépendance pétrolière.

    L’empire romain se serait effondré à cause d’une mauvaise gestion des ressources. Les romains avaient coupé tellement de bois dans le bassin méditerranéen qu’il auraient atteint un Peak Wood ( http://europe.theoildrum.com/node/4991 ) empêchant l’économie de se développer davantage. Une inflation commença à s’installer jusqu’à l’effondrement de la monnaie romaine le ‘Sesterce’. Les riches patriciens et l’élite dirigeante ne trouvèrent rien de mieux que de vivre dans l’insouciance dans leurs résidences de luxe tout en se détachant toujours plus du peuple, l’histoire appela cela la décadence.

    1600 ans plus tard, certains disent que nous sommes maintenant au Peak Everything (Ressources, Population, Pollution). C’est cohérent et si tel est le cas, tout devrait se contracter à la suite de ce moment historique.

    Apparemment, le pic pétrolier mondial a été franchi en 2004 – 2008. Nous avons déjà eu une rupture entre l’offre maximale et la demande croissante stimulée par l’Asie. Entre 2004 et 2008, l’endettement à permis de pallier temporairement au manque de capitaux nécessaires pour accéder aux ressources toujours plus chers (alignées sur le prix du pétrole). La récession est la réponse adaptée de notre système pour remettre la demande à un niveau correct, un niveau qui satisfasse l’offre. Dès que la demande repartira à la hausse (si le système ne panique pas et ne s’effondre pas sur lui-même en un éclair), la demande et l’offre devraient s’affronter à nouveau.

    95% de l’énergie utilisée dans le monde c’est du pétrole et cette offre va diminuer de 6,4% par an (cfr. Fatih Birol). Les décroissants ne vont plus mener le combat pour une consommation raisonnable des ressources, les jeux sont faits et le réel déterminera les règles lui-même. Il faut expliquer ce qui se passe à ceux qui veulent bien l’entendre.
    Au point où nous en sommes, aucune politique ne pourrait être plus efficace que la réponse du système à la fin de l’abondance, c’est-à-dire la récession car aucune politique ne voudrait être plus drastique que la récession.

    L’idéologie décroissante été basée sur l’idée de repousser le(s) pic(s) pour une chute plus douce mais cela n’avait de sens avant que le pic ne soit franchi. Le pétrole étant le pic d’entre les pics, il n’y a plus qu’à souhaiter que les scientifiques arrivent à mettre le soleil dans une boite.

  4. Il est inutile de fantasmer pour l’instant sur le Peak Coal sans avoir fait un état complet des réserves, classées par qualités (les pouvoirs calorifiques à la tonne peuvent varier dans un proportion de 1 à 5 selon les origines et le dégré de houillification!) et par coûts d’accès. Les estimations actuelles mélangent tout cela et l’on comptabilise de la même manière le charbon des mines à ciel ouvert du Wyoming et les veines de charbon de 30 cm situées à 1500 mètres de profondeur. Je me demande vraiment sur quelles bases Energy Watch a pu faire ses estimations.
    D’autre part personne ne fait d’exploration pour le charbon dans les pays qui en possèdent beaucoup, parce qu’il n’y a aucun intérêt à en faire pour l’instant étant donné l’importance des réserves restantes de « charbon facile ».
    La situation doit en fait être évaluée en fonction des ensembles géopolitiques.L’Europe a pratiquement épuisé ses réserves de charbon accessible en mine, mais possède encore d’importantes réserves de lignite exploitables à ciel ouvert (Allemagne, Pologne, Balkans). Une réévaluation des réserves ferait à mon avis apparaître que les réserves restantes annoncées sont largement surestimées, car il faut y rayer les importantes réserves de charbon accessibles en mine qui y figurent actuellement. D’autre part, l’exploration n’amènera rien, tout a été identifié il y a déjà bien longtemps.
    Les Etats-Unis ont les premières réserves mondiales, mais l’exploration n’amènera pas grand chose car le travail a déjà été fait depuis le début du 19 ème siècle. Les réserves les plus importantes se trouvent au Wyoming et sont exploitables à bas coût à ciel ouvert. Des réserves substantielles sont exploitées ainsi également dans les Appalaches. Si, pour des raisons de coût d’exploitation, le charbon exploitable par mines ( Kentucky par exemple) est abandonné, les réserves totales des Etats-Unis chûteront notablement car on ne revient pas dans les mines abandonnées.Je pense que les US subventionneront longtemps leurs mines pour éviter çà. C’est le même problème qu’en Allemagne.
    Il y a par contre probablement encore des découvertes à faire dans des « pays neufs », Canada, Colombie, Indonésie qui n’ont pas encore utilisé leurs ressources de manière intensive.
    Un problème pour l’Europe, si elle continue à utiliser autant de charbon, est qu’elle va être rapidement obligée d’en importer des quantités considérables, alors que le commerce du charbon ne concerne que 15 % environ de la production mondiale. Les grands pays comme les Etats-Unis, la Chine, l’Inde..utiliseront sur place l’essentiel de leur production et auront rapidement besoin d’en importer. Les pays exportateurs seront les quelques pays qui peuvent se permettre de n’utiliser qu’une partie du charbon qu’ils produisent: Afrique du Sud, Australie, Colombie, Indonésie principalement, et ils vendront au plus offrant. L’Europe sera en concurrence plus particulièrement avec la Chine et l’Inde. Ce squeeze aura lieu progressivement au cours des 20 ans qui viennent, si nous ne sommes pas sortis du charbon auparavant. Vive l’association SDC ( Sortir Du Charbon).

  5. BMD a écrit : « D’autre part, l’exploration n’amènera rien, tout a été identifié il y a déjà bien longtemps. »
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    La Mine de charbon du Sud Nivernais a été découvert par le BRGM en … 1986 !
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_de_D%C3%A9fense_du_Sud_Nivernais
    Et c’est en pleine France ! Alors que dire de l’Europe de l’Est (Roumanie par ex.).

    Visiblement, en matière de mythomanie, Sortir du Charbon est (sera) aussi fort que Sortir du Nucléaire.

  6. @miniTAX, je sais parfaitement que la mine de charbon du Nivernais a été découverte il y a 20 ans. Et alors? Vous connaissez d’autres découvertes significatives depuis? Cela a-t-il bouleversé l’état des lieux en France? Et pensez-vous qu’un effort d’exploration en France va amener un miracle?

    Ne sous estimez pas les géologues Roumains. Ils ont fait du bon travail.

    Pensez-vous réellement que l’on va faire encore en Europe des découvertes significatives? Si vous êtes si sûr de vous, dites-moi où et combien.

    Quant à prétendre comme le fait Wikipédia que la mine de Lucenay est le plus important gisement d’Europe avec 67 millions de tonnes extractibles en 35 ans, çà démontre une grande incompétence dans ce domaine. ce n’est en réalité qu’une petite mine, même à l’échelle Européenne. Je vous rappelle que la production française de charbon a atteint 60 millions de tonnes, provenant pour l’essentiel du Nord et de la Lorraine pour la seule année 1958, avant de s’effondrer. Et çà ne représentait alors que le tiers de la production annuelle Anglaise ou Allemande. Rien que des mines de lignite à ciel ouvert de la région de Cologne, on extrait actuellement environ 50 millions de tonnes de lignite PAR AN et il y a de quoi tenir un siècle!

    Finalement est-ce vous ou moi le mythomane?

  7. Sur le charbon,

    Hansen se bat contre le charbon, et cela est particulièrement important dans son pays (les US), qui en consomme à peu près un milliard de tonnes par an, essentiellement pour produire de l’électricité. Il a aussi une analyse qui me paraît raisonnable: devant plusieurs problèmes, choisissons le principal, ET CELUI OU ON DES SOLUTIONS DE REMPLACEMENT: nucléaire; et renouvelable (en la circonstance, essentiellement hydraulique, si les écolos le permettent: je suis sidéré par les campagnes anti-barrages de certains…).

    Pour le transport aérien, il s’agit de moins de 5% des émissions, et on ne sait pas par quoi remplacer le carburant. Donc, si on ne veut pas revenir à l’age des diligences et de la marine à voile, misons plutôt sur les progrès technologiques qui permettent d’avoir des avions plus économes.

    Je ne pense pas que la bonne attitude responsable soit de mettre tous les problèmes sur le même plan. Il y a des priorités, et sur le front de la production d’électricité (40% des émissions de CO2), on a en plus les technologies pour réduire les émissions. Il faut juste se décider à investir, là où on a des prix raisonnables et des ressources non épisodiques.

    Karva

  8. Pourquoi faire un barrage qui détruit les écosystèmes alors qu’il est possible de produire autant avec des installations de plus petites puissances qui ne perturbe pas la faune et la flore ? (question purement réthorique c’est parce que ça permet de donner le monopole de la production d’électricité à quelques acteur plutot que d’assurer la concurrence entre plusieurs producteurs, parce qu’il est plus facile de cacher la corruption et dans les gros projets et qu’il y a l’attrait de couper un gros ruban)

    Vous pouvez me donner votre source pour 40% des émissions de gaz à effet de serre qui viennent de la production d’électricité parce que sur le rapport du GIEC j’ai 25,9% pour la production d’énergie (=électricité ET chaleur) et si je fais un focus sur l’Europe l’EEA me donne là aussi 27% pour électricité ET chaleur…

  9. BMD a écrit : »je sais parfaitement que la mine de charbon du Nivernais a été découverte il y a 20 ans. Et alors? Vous connaissez d’autres découvertes significatives depuis? »
    ———————————–
    Vous avez dit que pour l’Europe « l’exploration n’amènera rien, tout a été identifié il y a déjà bien longtemps ». L’exemple de la réserve de la Nièvre montre c’est clairement faux. En plus, c’est une réserve à fleur de la surface.
    Des découvertes significatives récentes en Europe, il y en a plein, comme par ex. en Mer de Norvège : c’est tellement gigantesque que les Norvégiens ne savent pas eux-même la quantité réelle mais certains estiment que ça fait doubler la réserve probable de charbon mondial ! Ce n’est pas parce que vous n’êtes pas au courant que ça n’existe pas.
    C’est si dur pour vous de simplement reconnaître que vous aviez fait une affirmation infondée ?

  10. @miniTax, l’existence de charbon en Mer de Norvège, c’est connu des géologues depuis 50 ans et peut-être même bien plus .Vous parlez d’une découverte! Il s’agit d’une des roches-mères du pétrole Norvégien, plus particulièrement dans la zone d’Haltenbanken. çà se trouve sous la mer à des profondeurs de l’ordre de 2 km, sans compter l’épaisseur de la tranche d’eau. C’est donc inaccessible en mine et encore moins en ciel ouvert.Tout çà a été délimité en détail à partir de 1975 grâce aux très nombreux forages pétroliers. Dans quelle revue pour mythomanes avez-vous trouvé çà? A moins que cela soit une annonce d’un laboratoire à la recherche de crédits, et utilisant la crédulité ordinaire des journalistes et des politiques. J’ai cru voir passer quelque chose de ce genre, avec comme proposition de faire de la gazéification souterraine, technique qui a été étudiée dans les années 80, et dont on a rapidement mesuré les énormes difficultés et les dangers.

    Quant au charbon du Spitzberg, ce n’est pas non plus nouveau. Cà fait au moins un siècle que c’est connu.

    Vous faites preuve dans ce domaine d’une grande inculture et d’une grande naïveté.

    J’espère qu’au moins vos connaissances sur le Climat sont plus solides, mais vous me faites douter.

  11. @miniTAX, je reviens sur l’histoire du charbon de la Nièvre, à laquelle vous n’avez visiblement pas compris grand chose. La découverte de ce charbon est bien plus ancienne. Il existe de petites mines de charbon dans cette région, qui ont permis le développement d’une industrie métallurgique au cours du 19 ème siècle, et les indices dans la région de Lucenay étaient connus dès cette époque. Après les chocs pétroliers le BRGM a été chargé de faire un inventaire approfondi des possibilités en France. L’idée était: faute de pétrole français, utilisons du charbon français. L’inventaire fait à partir de forages a révélé en 1986 que les quantités de charbon en place à Lucenay étaient relativement importantes. De là à parler d’une découverte !

    Il existe en France quelques possibilités qui ne sont pas utilisées, comme par exemple en Aveyron, où se trouve un petit gisement qu’une société Ecossaise convoite!. D’autre part, les techniques de gazéification souterraines, qui à mon avis ne pourront être mises en oeuvre que quand les poules auront des dents (avec la pollution radioactive des centrales à charbon, çà ne tardera guère, mais les Allemands auront alors des plumes vertes, ce qui sera d’un très bel effet) donneront accès au charbon très profond, par exemple celui qui se trouve en Lorraine, après sa transformation en un mélange d’hydrogène et de monoxyde de carbone.

    Mais croyez-vous vraiment qu’un nouvel inventaire ferait apparaître des possibilités miraculeuses que celui de 1986 n’aurait pas détectées? Les géologues du BRGM seraient-ils aussi mauvais que çà? Devrons-nous compter sur vous pour faire le boulot ?

    La situation est grosso modo la même partout en Europe, parce que çà fait 150 ans que les géologues l’explorent, et que dans les derniers 50 ans elle a été criblée de forages par les pétroliers.

  12. @Tilleul,je sais bien que les petits ruisseaux font les grandes rivières, mais les estimations pour la France de leurs possibilités de production font état de 5 à 10 TWh, tandis que nos centrales au fil de l’eau en font à elles-seules 35 et nos centrales de lacs encore autant. Cela vous fait-il comprendre pourquoi on fait des barrages, d’autant que le kWh produit par les microcentrales revient plus cher?
    Quant au charbon, il faisait dans le monde fin 2006, 41% de la production électrique, 41,7 % des émissions de CO2 de la production électrique, et la même proportion des émissions totales de CO2 dues à l’usage des combustibles fossiles (électricité et le reste). source AIE, Key energy statistics 2008). Les combustibles fossiles n’étant responsables que de 80 % des émissions, cela ne fait que 33 % du total, déforestation comprise). Mais en deux ans, la situation a déjà bien évolué. Je pense qu’on atteint déjà 35 % et peut-être plus, parce que la part de la déforestation diminue en valeur relative. Les 40 % dont vous vous souciez sont sans doute exagérés ( de peu).
    Pour l’Europe des 27, le charbon fait 30 % de la production d’électricité et 24% de la production totale de CO2. Source, Europa-eu. Si le charbon y remplace le nucléaire comme SDN y pousse, cela fera 60 % de la production d’électricité et 45 % de la production totale de CO2.

  13. Tiens, miniTAX, vous prônez un retour à l’âge industriel ? Ce bon vieux charbon bien dégueu qui a dû provoquer à lui tout seul des millions de cancers du poumon ?

    A moins que vous ne pensiez à sa liquéfaction ? Bonne idée ! Comme ça, en-dehors des NOx, SOx, benzène, particules fines, carbures imbrûlés et CO2 libérés par leur combustion, on pourra aussi rajouter la pollution liée au traitement de la matière première.

    Franchement, pourquoi se faire ch…r avec le vent et le soleil alors qu’on peut tuer des gens avec du bon vieux charbon. Aux US, on estime que la pollution atmosphérique liée aux transports engendre environ 15 000 morts par an. Vous promulguez le meurtre ?

  14. BMD a écrit : « je reviens sur l’histoire du charbon de la Nièvre, à laquelle vous n’avez visiblement pas compris grand chose. La découverte de ce charbon est bien plus ancienne »
    ———————————————————–
    Non, c’est faux ! Vous vous empêtrez dans vos rattrapages de branches laborieux, c’est ridicule.
    D’après le BRGM même, que vous brandissez comme caution scientifique sans même prendre la peine d’aller vérifier, ce qui vous aurait évité de sortir des énormités, il est précisé que, je cite « le gisement de Lucenay lès Aix, totalement inconnu jusqu’en 1981 a été découvert et exploité par le BRGM » (source http://www.brgm.fr/brgm//Fichiers/rem/87_SGN_652_GEO.pdf ).
    Justement, si le charbon a été exploité dans le Lucenay depuis le 19e siècle et qu’on a découvert la mine à ciel ouvert de Lucenay lès Aix qu’en 1981, ça prouve à fortiori que l’idée « qu’on a tout identifié depuis longtemps » est sans fondement.

    D’ailleurs, si comme vous dites, « l’exploration n’amènera rien, tout a été identifié il y a déjà bien longtemps”, pourquoi le BRGM continue-t-il à entretenir budget et équipes pour faire encore et toujours l’inventaire du charbon en France? Visiblement, il n’a pas écouté vos bons conseils et il a bien raison. Il suffit de vous entendre parler « d’inventaire fait à partir de forages » pour comprendre que vous n’avez aucune idée de ce qu’est l’exploration moderne (qui se fait par imagerie sismique et par les super-ordinateurs et non par les forages) et la cartographie géologique 3D.

    Quant à dire que les techniques de gazéification souterraine du charbon se feront quand les poules auront des dents, non mais lol quoi. Eskom, la compagnie d’électricité sud africaine exploite déjà la station de Majuba (> 2 GWe, soit l’équivalent d’au moins deux gros réacteurs nucléaires !) avec le charbon souterrain gazéifié (UCG) à des coûts bien plus compétitifs que le gaz et sur des réserves qui seraient autrement non exploitables. En plus, comme la centrale fonctionne au gaz de charbon, le rendement passe à 50% (cycle de Brayton) au lieu du rendement de 30% d’une centrale au charbon pulvérisé classique (cycle de Rankine), ce qui veut dire qu’on a moins de pollution et non plus !
    La Chine a actuellement 14 sites de UCG, dont au moins deux servent à fabriquer des engrais. Si vous croyez qu’ils vont s’assoir sur du charbon sans rien faire, vous vous mettez le doigt dans l’oeil.

    L’UCG est une techno vieille de plus d’un siècle. Si elle n’est pas plus répandue, c’est parce que le pétrole vaut pour l’instant moins cher que l’eau minérale ou parce parce que des écochondriaques ont décidé que « c’est pas possible ».
    Là où vous avez peut-être raison, c’est que l’UCG ne se fera pas en Europe. Mais c’est pas dû à un quelconque problème technique ou de réserves disponibles, c’est dû à l’ignorance et à l’obscurantisme.

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